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1 - Retour sur le ciné-club du jeudi 27 janvier, au Café des Images

2 - Les films en salle

3 - A la télévision cette semaine

 

1 - Retour sur le ciné-club du jeudi 27 janvier, au Café des Images

La splendeur de la restauration en 4K du Désert rouge distribuée ce mois-ci par Carlotta-Film donnait sa pleine mesure sur le grand écran de la salle coupole. C'était une occasion à ne doublement pas manquer car nous étions deux membres du ciné-club, l'ami Jean-François Bonini, de l'Association des Professeurs d'Italien de l'Académie de Caen, et moi à le présenter. C'est ainsi que nous avons détaillé à partir de photogrammes en quoi les obsessions plastiques et narratives du cinéaste atteignent une symbiose parfaite dans ce film. Pour représenter la réalité telle qu’elle est vécue par son héroïne, Antonioni, épaulé par le chef opérateur Carlo Di Palma, se livre en effet à un impressionnant travail sur les couleurs, le cadre et la profondeur de champ. (Voir ici le pdf du diaporama présenté en séance).

Le débat s'est orienté sur la modernité du film : comment le génie de Monica Vitti rend attachante une névrosée dont le film ne cherche pas, comme dans un film psychologique classique, à résoudre la crise mais qui utilise son regard pour décrire un monde industriel en mutation. Antonioni multiplie en effet les signes d'une attention particulière à la beauté du monde que le film donne à déchiffrer comme on déchiffre une peinture pour mieux l'aimer. Le désert rouge invite à relever les défis d'une modernité encore pleine de contradictions, mais dans laquelle on peut espérer (voir ici la critique du film).

La soirée s'est comme habituellement prolongée au tiers-lieu du cinéma par un pot qui n'a pas épuisé les conversations. Merci à toute l'équipe du Café des images et notamment à Hervé pour les réglages de la projection et du diaporama... et qui a fermé bien tard les portes du cinéma.

La prochaine séance du ciné-club est programmée ce 10 février avec Introduction de Hong Sang-soo, Ours d'argent du meilleur scénario à Berlin en 2021.

 

2 - Les films en salle

Hamon on rye de Tyler Taormina . . Quand l'adolescence est au sommet de sa beauté et de ses espoirs, il lui reste l'espoir de partir ailleurs vers "une vie vraiment belle". Encore faut-il ne pas rater cette chance unique et étrange... que propose Tyler Taormina dans son premier film.

Licorice pizza de Paul Thomas Andersoni. . Film on ne peut plus libéral où Gary entreprend sans cesse et parvient ainsi à garder celle qu’il aime. La différence d'âge n'est pas flagrante à l’écran : Gary fait en effet  plus que son âge et Alana moins. Ce qui les sépare d'abord, c'est l'attitude adulte d'Alena qui aimerait trouver une place sociale stable. Quand les adultes révèlent leur boursouflure en gardant toujours la même posture, elle peut déclarer son amour à Gary, celui qui court toujours.

J'étais à la maison, mais... d'Angela Schanelec . . C'est sans doute beaucoup demander au spectateur que d'être ému par ces suites de scènes jouées à la manière de Robert Bresson, de façon la plus neutre possible. Bresson s'appuyait sur un texte fort dont sa mise en scène rendait toute la puissance. Ici aussi l'ambition est grande ; les enfants de la classe de Philip jouent Hamlet et on pressent que la mort du père de Philip pourrait être un rapprochement possible. Néanmoins, le jeune professeur de tennis des enfants et l'amant de leur mère est bien loin d'évoquer Claudius et nul autre indice vient faire ressentir la justesse de ce rapprochement.

Ouistreham d'Emmanuel Carrère. . Narratrice du film, écrivaine célèbre et tant que Marianne Winckler, et star en tant que Juliette Binoche interprétant ce personnage, presque rien n'échappe à ce triple regard qui ne laisse que des miettes aux autres. Emmanuel Carrère ne filme pas les conditions de travail qu’il est censé dénoncer mais seulement la parole des femmes qui, pour la plupart, sont celles-là mêmes que Florence Aubenas avait décrites dans Le quai de Ouistreham (L’Olivier, 2010). Certes, on parle de cuvette des toilettes à nettoyer et Juliette Binoche s'y colle mais une fois seulement. Or c'est la répétition, la cadence, le fractionnement de la journée et le faible salaire qu'on en tire chaque mois qui sont scandaleux ; pas tant qu'on manie une fois la brosse. Pareillement, le nettoyage de chaque cabine sur le ferry durant deux heures est censé prendre quatre minutes soit 30 cabines à faire. Or la séquence prend à peine deux minutes et n'exprime donc rien de la pénibilité du travail. Le film ne documente ainsi pas le scandale social mais répète, comme en arrière plan, le seul "discours de la pénibilité", certes juste mais déjà maintes fois entendu. Le vrai sujet du film étant sa deuxième partie, totalement réécrite par le cinéaste, dont l'obsession pour l'imposture ne permet hélas pas de donner un second souffle à sa mise en scène, trop plate.

Vitalina Varela de Pedro Costa. . En faisant jouer à Vitalina Varela un rôle proche de son vécu mais en lui faisant rencontrer le personnage fictif de Ventura, qui lui donne des moyens de s'affirmer au Portugal qui furent autres que ceux de sa vie réelle, Pedro Costa réalise un magnifique documentaire de fabulation. Il délivre in fine un message d'espoir d'intégration en cassant la domination masculine et en donnant au prolétariat capverdien, la beauté des héros tragiques de l'antiquité.

Ham on rye
Licorice pizza
J'étais à la maison, mais...
Ouistreham
Vitalina Varela

 

3 - A la télévision cette semaine :

     
de David Fincher, dimanche 30 janvier, 21h00, Arte
de Steven Spielberg, dimanche 30 janvier, 21h05, W9
de Bertrand Tavernier, dimanche 30 janvier, 21h05, C8
de Milos Forman, lundi 31 janvier, 20h55, Arte
de David Lynch, lundi 31 janvier, 21h00, F5
de Clint Eastwood, lundi 31 janvier, 21h15,C8
de Karim Aïnouz, lundi 31 janvier, 23h25, Arte
de Malick Bendjelloul, mardi 1er février, 21h10, F4
de Claude Chabrol, mercredi 2février, 13h35, Arte
de Claude Chabrol, mercredi 2 février, 20h55, Arte
Elysium
de Neill Blomkamp, mercredi 2 février, 21h05,TFX
de Christopher Nolan, jeudi 3 février, 21h00, TF1SF
de Denis Villeneuve, jeudi 3 février, 21h15, TMC
de Albert Lewin, vendredi 4 février, 0h40, F3

Bonne semaine à tout le monde

Jean-Luc, le 30 janvier 2022

Cette newsletter et la précédente, du 2 janvier