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La corde au cou

2025

Genre : Film noir

(Dead Man's Wire). Avec : Bill Skarsgård (Tony Kiritsis), Dacre Montgomery (Richard 'Dick' Hall), Colman Domingo (Fred Temple), Myha'la Herrold (Linda Page), Al Pacino (M. L. Hall). 1h45.

A Indianapolis, le 8 février 1977, l’animateur radio Fred Temple décrit des « secrétaires pomponnées » et des « laveurs de carreaux lessivés ». C’est, dit-il, en cette matinée froide, alors que ce matin-là, Tony Kiritsis se rend dans les locaux de la Meridian Mortgage Company, une société d’emprunt qu’il soupçonne de l’avoir arnaqué. C’est ce que pense l’homme couvert de dettes qui ne compte pas se laisser faire. Le grand patron de la Meridian Mortgage Company, M. L. Hall, est parti en Floride. Tony Kiritsis prend en otage le fils de celui-ci, Richard Hall. Il attache un un fil de fer à son cou relié à un fusil tenu à bout portant et relié à son cou. Si l'un des deux hommes tombe, le tir se déclanche. Les deux hommes, poursuivis par la police, se rendent ensuite dans l’appartement de Tony Kiritsis qui pose ses conditions pour une libération  : obtenir une immunité judiciaire, le recouvrement de ses dettes, une rançon supplémentaire de 5 millions de dollars et des excuses personnalisées de M. L. Hall. L’entreprise qui devait construire un centre commercial sur le terrain qu’il avait acheté en contractant un crédit hypothécaire a renoncé au projet. Le courtier aurait exercé des pressions afin de pousser Tony vers la banqueroute et de récupérer le bien.

Tony refuse la médiation de la police à laquelle il préfère celle de l'animateur radio, Fred Temple, à la programmation soul impeccable (Roberta Flack, Dyke & the Blazers, Donna Summer…) et à la philosophie pacifique. Linda Page, jeune et ambitieuse journaliste télé, voit là l’opportunité de faire avancer sa carrière.

La prise d’otage L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?

Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. Les images tournées par le caméraman de Linda Page, avec leur esthétique rétro, sont intégrées au montage ainsi que des photograhies en noir et blanc. Elles crédibilisentl'exactitude de la prise d'otage dure 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale (plus occupée à faire la promotion de John Wayne aux People's choice awards. Le film se termine avec le morceau critique de Gil Scott-Heron, The Revolution Will Not Be Televised (« la révolution ne sera pas télévisée »). En effet dans le générique de fin,ce sont les images réelles de l’affaire qui sont proposées. On y découvre un Tony Kiritsis petit avec une calvitie dejà avancée derrière un imposant Richard Hall bien moins fragile que l'interprète du film a qui son père un héritage encombrant et névrotique.

C'est le cinéma qui héroise Tony, masquant au passage des faits peu glorieux (l'enlevement dune nièce quelques années auparavant pour une dette non réglée). Seul un fou peut venir à bout du capitalisme. La corde au cou évoque immanquablement Un après-midi de chien (Sidney Lumet, 1975), lui-même adapté d'un fait divers intervenu trois ans plus tôt. En phase aussi avec le meurtre en décembre 2024 du PDG d'United Healthcare, Brian Thompson, et surtout l'admiration populaire suscitée par son auteur Luigi Mangione. Des l'ouverture le présentateur évoque la figure du Joker, devenue à travers le film de Todd Philips une autre incarnation de la colère populaire.

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