Selon Delécluze, le terme "rococo" fut inventé vers 1797 en dérision par Pierre-Maurice Quays, élève de Jacques-Louis David, maître à penser du mouvement des Barbus et chantre d’un classicisme poussé a l’extrême. Il serait une association des termes rocaille et Baroco. Le terme garda longtemps son aspect péjoratif avant d’être accepté par les historiens d’art vers le milieu du XIXe siècle.

Pour Heinrich Wölfflin, c'est une nuance du baroque, pour d'autres le rococo serait autant distinct du baroque qui le précède, que du néoclassicisme qui le suit. Il se caractérise par un enrichissement décoratif particulièrement chargé. Il apparait en France vers 1700 et trouve son apogée sous la Régence et surtout sous le règne de Louis XV, après l’austérité des dernières années du règne de Louis XIV. Watteau, Chardin, Boucher, Greuze, Fragonard et Elisabeth Vigée-Lebrun en sont les principaux représentant.

Pélerinage à l'île de Cythère
Jean-Antoine Watteau, 1718
La raie
Jean-Siméon Chardin, 1725
Pastorale
François Boucher,1740
La malédiction du père
Jean-Baptiste Greuze, 1777
Le verrou,
Jean-Honoré Fragonard, 1778
Autoportrait au chapeau de paille
Élisabeth Vigée Le Brun , 1782


Il se propage en Europe tout au long du XVIIIe siècle. En Italie Tiepolo, Canaletto, Longhi et Guardi, se spécialisent dans le registre des vedute, genre pictural basé sur la représentation de paysages urbains réels alors que Giampaolo Panini se spécialise dans le capriccio, ou caprice architectural, représentation d'un paysage imaginaire ou partiellement imaginaire, combinant des bâtiments, des ruines et autres éléments architecturaux de façon fictive et souvent fantastique.

En Angleterre avec William Hogarth et Thomas Gainsborough et en Allemagne avec le Rokokozeit (ou Spätbarock, baroque tardif).

Le grand canal
Canaletto, 1730
Diogène jetant sa coupe
Giampaolo Panini, 1730
Mr and Mrs Andrews
Thomas Gainsborough, 1749
Martyre de st Agathe
Tiepolo vers 1756

Le Rococo sera remplacé, à partir de 1760, par le néoclassicisme qui sera, comme par un mouvement de pendule, un retour à l’austérité.

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