Voir aussi : Henri Matisse (1869-1954) : biographie et tableaux célèbres
Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)
Conte de printemps (Eric Rohmer, 1990)

1 - Henri Matisse et le cinéma

Quand Matisse s’installe à Nice en 1917, il se met à fréquenter la salle de ciné-concert de la Jetée-Promenade : « Je ne vais pas au cinéma chaque soir, comme cela a été dit, je pense, par Maurice Sachs. Ce serait trop. J’y vais quelques fois pour étudier ce que le cinéma apporte à l’art de peindre et réciproquement » (entretien au « New York Herald Tribune », mai 1933).

En 1930, Henri Matisse séjourne à Tahiti où il rencontre le réalisateur expressionniste allemand Murnau, qui tourne Tabou avec Robert Flaherty qu'il admire et dont il a vu Nanouk l'esquimau et Moana. " Je me baignais dans le “lagoon”. Je nageais autour des couleurs des coraux soutenues par les accents piquants et noirs des holothuries. Je plongeais la tête dans l'eau, transparente sur le fond absinthe du lagon, les yeux grands ouverts… et puis brusquement je relevais la tête au-dessus de l'eau et fixais l'ensemble lumineux des contrastes."

L’intérêt de Matisse pour la danse, le mouvement des vagues et la répétition ornementale révèle qu’il fut obsédé par la métamorphose "à vue" des formes et la recherche de métaphores pour représenter le temps qui s’accomplit.

Pourtant le corpus des films montrant Matisse au travail est extrêmement restreint. Un film amateur le montre réalisant La Danse dans son atelier-garage de la rue Désiré-Niel en 1930 ; le témoignage exceptionnel que constitue le film de François Campaux, Henri Matisse (1946, 0h26) ; les rushes du film Matisse (Henri Langlois et Frédéric Rossif, 1951, 0h08) qui donnent à voir les découpages aériens des papiers gouachés ; le documentaire de Marcel Ophuls, Matisse ou le talent du bonheur (1960, 0h20), commenté par les voix de Jeanne Moreau et Claude Dauphin.

 

2 - Les tableaux d'Henri Matisse au cinéma

Le cinéma moderne, et plus particulièrement Micjelangelo Antonioni et la Nouvelle Vague française (Jacques Rivette, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Agnès Varda etc.) ont élu Matisse comme un de leurs « patrons ». De nombreux films de cette génération de cinéastes citent certaines de ses œuvres.

Jacques Rivette fait de Matisse le grand peintre réaliste et moderne dans sa Lettre sur Roberto Rossellini (1955). Jacques Demy cite le peintre dans Les parapluies de Cherbourg et Agnès Varda lui rend également hommage. La cinéaste découpe la couleur dans ses plans, comme Matisse le fait sur ses toiles. Certains des tableaux de Matisse sont repris comme des signes chez de nombreux cinéastes modernes.

Dans L'avventura (Michelangelo Antonioni, 1964) Le père de Anna a trouvé dans ses affaires, deux livres sui pour lui signifient l'imossibilité que sa fille se soit suicidé. Sur la couverture de Tendre est la nuit figure le tableau Danseuse et fauteuil rocaille sur fond noir. Le titre Deserto rosso (Michelangelo Antonioni, 1964) ne renvoie à aucun désert rouge mais est un jeu de mots sur La desserte rouge de Matisse, que recompose, un instant et approximativement un plan du film. Eric Rohmer place une reproduction de La blouse roumaine dans Pauline à la plage (1983) et une de La perruche et la sirène dans Conte de printemps (1990)

Films présentant des tableaux d'Henri Matisse

Dilili à Paris Michel Ocelot France 2018
Conte de printemps Eric Rohmer France 1990
Pauline à la plage Eric Rohmer France 1983
Pierrot le fou Jean-Luc Godard France 1965
Le désert rouge Michelangelo Antonioni Italie 1964
L'avventura Michelangelo Antonioni Italie 1960
Matisse ou le talent du bonheur Marcel Ophuls France 1960
Matisse Henri Langlois / F. Rossif France 1951
Henri Matisse François Campaux France 1946

 

Le désert rouge (Michelangelo Antonioni, 1964)
Dilili à Paris (Michel Ocelot, 2018)

 

Dans Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965), chez Marianne, en cartes postales : Femme nue (Renoir,  1880), Grand intérieur rouge (Matisse, 1948),  La conversation (Matisse, 1941) et La blouse roumaine (Matisse, 1940) qui apparait ensuite en très gros plan :
 
Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)
Pauline à la plage ( Eric Rohmer, 1983)

 

Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)

 

L'avventura (Michelangelo Antonioni, 1960)

 

Grand intérieur rouge (Matisse, 1948)
Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)

 

Conte de printemps ( Eric Rohmer, 1990)

 

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