Madame Bovary (Jean Renoir, 1933)
Un coeur simple ( Marion Laine, 2008)

Biographie

Gustave Flaubert (1821-1880) nait à Rouen, où son père exerce les fonctions de chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu. Celui que Sartre baptisera plus tard “L’idiot de la famille” a du mal à apprendre à lire, mais est doté, dès l’enfance, d’une puissante imagination. Élève au lycée de sa ville natale, il se lie d’amitié avec un petit groupe de camarades entraînés, comme lui, par la vague romantique qui déferle en province. Après avoir fait son droit de 1840 à 1843, il renonce à toute activité autre que littéraire et signe des récits nourris de sa vie personnelle comme Mémoires d’un fou (1838), consacré à sa passion pour Mme Schlésinger.

À partir de 1846, Flaubert voyage beaucoup, de l’Italie à l’Orient, conjurant ainsi son ennui. Après six ans de dur labeur dans l’isolement de la maison maternelle, Flaubert fait enfin paraître, en 1856, son premier roman : Madame Bovary. L’argument, une femme mal mariée collectionne les amants et les dettes pour tromper son ennui, lui a été soufflé par ses amis, désireux de brider les excès romantiques de sa première tentative. L’œuvre connaîtra un grand succès de librairie, en partie dû au procès pour outrage aux bonnes mœurs intenté à son auteur. Six ans plus tard, Salammbô (1862), récit de la révolte de mercenaires contre Carthage, renoue avec le goût de Flaubert pour le romantisme formel et l’évasion par l’imaginaire. Avec L'éducation sentimentale (1870), l’auteur revient au « roman moderne parisien » et signe son chef-d’œuvre. Tout à la fois roman d’apprentissage et de l’échec, cette œuvre à la structure complexe se nourrit de la propre vie de son auteur, des événements politiques de son temps et d’une formidable documentation patiemment accumulée. La fin de sa vie sera marquée par la réécriture de La tentation de saint Antoine (1874) et la parution des Trois Contes (1877), composé de Un cœur simple, La Légende de Saint Julien l’Hospitalier et Hérodias. Il laisse inachevé Bouvard et Pécuchet (1881).

 



Les oeuvres de Gustave Flaubert et leurs adaptations

 

1838 : Mémoires d’un fou
1856 : Madame Bovary.
1862 : Salammbô
1870 : L'éducation sentimentale
1874 : La tentation de saint Antoine
1877 : Les Trois Contes composé de Un cœur simple, La légende de saint Julien l’Hospitalier et Hérodias.
1881 : Bouvard et Pécuchet


Madame Bovary
1856

Voir : Les 24 réalisations pour le cinémaou la télévision

 


Salammbô
1862

A Carthage, l'autorité suprême est partagée par trois hommes : l'ambitieux Narr Havas, le général Hannon qui naguère commanda les mercenaires en Sardaigne, et le grand-prêtre Kohanim. Avide et sournois, Narr Havas est - pour ne pas délier les cordons de sa bourse - disposé à déclencher une guerre contre les mercenaires conduits par leurs officiers respectifs dont le Gaulois Mathô et le Grec Spendius.

1911 : Arturo Ambrosio, La prêtresse de Tanit (Salambo).
1914 : Domenico Gaido, Salammbô
1925 : Pierre Marodon, Salammbô
1959 : Sergio Grieco, Salammbô. Avec : Jeanne Valerie (Salambò), Riccardo Garrone (Hamilcar), Jacques Sernas (Mathos), Edmund Purdom (Narr Havas), Arnoldo Foa (Spendius). 1h35.


L'éducation sentimentale
1870

.

1962 : Alexandre Astruc, L’éducation sentimentale. Avec : Jean-Claude Brialy (Frédéric Moreau), Marie-José Nat (Anne Arnoux), Dawn Addams (Catherine Dambreuse), Michel Auclair (Didier Arnoux), Carla Marlier (Barbara), Pierre Dudan (Charles Dambreuse). 1h35.
1973 : Marcel Cravenne, L’éducation sentimentale.
1999 : Eugène Green, Toutes les nuits.



La tentation de saint Antoine
1874

1911 : Arturio Ambrosio, La Tentazioni di Sant’Antonio.




Un cœur simple
1877

Félicité est une femme qui consacre sa vie aux autres. Sans abnégation mais avec l'amour immense dont elle est dotée et qu'elle offre à ceux qui ont la chance de la croiser et de la comprendre. Elle aimera successivement et avec une même intensité Théodore qui la trahira, Clémence dont l'affection lui est interdite, Victor qui va disparaître, Dieu qu'elle découvre tardivement et pour finir Loulou, un perroquet. Au centre de cet univers se tient Mathilde, sa maîtresse, la clé de voûte d'une vie qu'elle se construit avec détermination.

1961 : Jean Bescont, Un cœur simple (TV).
1977 : Giorgio Ferrara, Un Cuore semplice. Avec : Joe Dallesandro (Teodoro), Adriana Asti (Felicita), Tina Aumont (Virginia), Alida Valli (Mrs. Obin). 1h35.

2008 : Marion Laine, Un coeur simple. Avec : Sandrine Bonnaire (Félicité), Marina Foïs (Mathilde Aubain), Pascal Elbé (Théodore), Patrick Pineau (Liébard), Noémie Lvovsky (Nastasie), Louise Orry-Diquéro (Clémence 9-11 ans). 1h45.

 


Bouvard et Pécuchet
1881

Par un chaud dimanche d'été, près du bassin du port de l'Arsenal, sur le boulevard Bourdon, à Paris, deux promeneurs, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent par hasard sur un banc public et font connaissance. Ils s'aperçoivent qu'ils ont eu tous deux l'idée d'écrire leur nom dans leur chapeau : « Alors ils se considérèrent. ». Tombés sous le charme l'un de l'autre, Bouvard et Pécuchet découvrent que non seulement ils exercent le même métier de copiste, mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêt. S'ils le pouvaient, ils aimeraient vivre à la campagne.

Un héritage opportun de Bouvard va leur permettre de changer de vie. Ils reprennent une ferme à Chavignolles, dans le Calvados, non loin de Caen et se lancent, sans autre préparation que la lecture d'ouvrages de vulgarisation et des conseils pratiques glanés au hasard, dans l'agriculture (agronomie, arboriculture, jardinage, conserverie, distillerie). Leur enthousiasme de néophytes et leur incapacité à comprendre va n'engendrer que des désastres. De la même manière, ils vont s'intéresser, successivement, aux sciences (chimie, anatomie, physiologie, médecine, nutrition, astronomie, zoologie, géologie), à l'archéologie (architecture, muséologie, religion celtique, antiquités, histoire, biographie), à la littérature (roman historique, théâtre, critique littéraire, grammaire, esthétique), à la politique, à l'amour, à la philosophie (gymnastique, spiritisme, magnétisme, logique), à la religion, à l'éducation (phrénologie, dessin, histoire naturelle, morale, musique, urbanisme) avec les mêmes résultats.

Ils sont aussi emportés dans les débats, souvent houleux, de la politique, de la religion, du positivisme. Comme dans les autres domaines, leurs opinions sont aussi peu assurées et peu enracinées que possible. Ils ne connaissent rien que par quelques poncifs tirés de leur lecture.

Le roman s'interrompt brusquement au chapitre dix sur l'échec éducatif de Bouvard et Pécuchet, les deux « orphelins » dont ils ont volontairement assumé la charge et entrepris l'éducation se montrant totalement rétifs à leur pédagogie (pourtant inspirée des meilleurs auteurs).

1971 : Robert Valey, Bouvard et Pécuchet (TV). Avec : Julien Guiomar (Bouvard), Paul Crauchet (Pécuchet), Martine Pascal (Mme Bordin), Robert Rimbaud (Le comte de Faverges), Rose Thiéry (Germaine), Christine Parat (Mélie), François Dyrek (Gorju).
1973 : André Leroux, Flaubertine ou L’histoire de Bouvard et Pécuchet (TV).Avec Paul Bru (Bouvard), Jean Schmitt (Pécuchet), André Pomarat (Voix de Flaubert),
1990 : Jean-Daniel Verhaeghe, Bouvard et Pécuchet (TV).

 

Jean-Luc Lacuve, le 31 mars 2021