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Shiva dix bras Sukhāsana Ardhanarisvara Somaskanda Nataraja

Le dieu Shiva est une des divinités les plus anciennes, et son iconographie remonte à la civilisation de l'Indus et au célèbre sceau en stéatite représentant le proto-Shiiva.

Le terme Shiva, qui signifie littéralement "aste", "bénéfique", "propice", "salutaire", était utilisé à l'époque védique pour se référer au dieu redoutable des tempêtes, Rudra. Par la suite, vers le IIe siècle av. J.-C., l'épithète de Shiva acquit son autonomie et fut progressivement identifié à la divinité la plus harmonieusement ambiguë du panthéon brahmanique. Dans la nature composite de Shiva confluent des tendances opposées : il est autant le divin yogin, le grand ascète capable d'accomplir les plus terribles mortifications, que le symbole de la procréation. Shiva conjugue ascèse et érotisme en une harmonie supérieure.

Sous sa forme aniconique, Sliva est le linga, un cylindre de forme phallique conservé dans le sanctuaire situé au coeur de tous les temples qui lui sont dédiés. C'est un objet de la plus haute sainteté, dont le caractère sacré est plus fort que celui de n'importe quelle image anthropomorphique. On distingue les linga mobiles et immobiles et, selon le matériau dont ils sont faits, ils se subdivisent en six types : en pierre, en pierres précieuses, en métal, en bois, en argile et en matériaux non durables comme le sable, le beurre, la bouse de vache, etc. Le linga est généralement posé sur une base carré dite brahmabhaga, portion de Brahmā, surmontée d'un socle octogonal dit vishnu-bhaga, portion de Vishnu, où est posé le piédestal sur lequel se dresse le linga proprement dit. Ce piédestal reproduit la forme du yoni, l'organe sexuel féminin, et marque la coexistence et l'inséparabilité des principes masculins et féminins, de Siva et de sa Śakti, la divine puissance personnifiée par la Déesse. Le mukha-linga est un type particulier de linga sur lequel sont sculptés un ou plusieurs visages de Shiva, et dont le SadāShiva d'Éléphanta peut être considéré comme un exemple.

L'éclectisme de Shiva s'exprime dans la multiplicité de ses représentations: il est décrit dans le Shiva Purană par mille huit noms qui définissent autant d'aspects de son être. Dans sa forme plus terrifiante, il est Bhairava, le Terrible, accompagné d'une suite de fantômes et d'esprits ivres, il est Bhuteśvara, seigneur des esprits avec lesquels il fréquente les cimetières et les lieux de crémation, et il est encore Maheshvara, le Grand Seigneur, Sankara, le Dispensateur de la félicité, Mahā kõla, le Grand Temps, le Temps indivis dans sa plénitude, Pā śupata, Seigneur des animaux domestiques, c'est-à-dire des âmes individuelles, le Mahayogin, Seigneur des Yogin, le Nätarāja, le Roi de la danse, Dakshinamürti, le Maître divin, Bhikshädänä, le Mendiant suprême, Ardhanäriśvara, le Seigneur à moitié femme ou encore Harihara, celui qui est à la fois Vishnu et Shiva.

Les modes de représentation de ce dieu sont aussi nombreux et variés que les facettes de sa personnalité et que l'abondante mythologie qui décrit sa nature.

Shiva est peu vêtu, voire nu, car c’est un ascète. Il porte souvent une peau de tigre marquant sa maîtrise sur la nature. Il possède trois yeux. Ses attributs peuvent être aussi nombreux que ses bras (de 2 à 18) mais on retrouve le plus souvent le trident, symbole des trois fonctions de la Trimurti, le serpent, la hache et l’antilope.

Le Shiva Mahāyogin, demeure sur la montagne sacrée, le Mont Kailasa. C’est le plus grand des yogis qui révèle l’essence des textes sacrés. Il est représenté vêtu d'une peau de tigre, un serpent autour de son cou et un trident à la main. Des mālā ornent ses poignets, ses avant-bras et sa poitrine; son abondante chevelure ramassée en un chignon au sommet du crâne redescend sur ses épaules et est couronnée d'un croissant de lune. Sur son front est peint le troisième œil, organe de la perception transcendantale, avec lequel Shiva tua du regard Kāma et le réduisit en cendres. Kāma, le dieu du désir, cherchait à attirer l'attention du Seigneur du Yoga sur des questions plus spécifiquement sentimentales, pour répondre à la demande d'aide de Pârvatī, l'amante de Siva. Du sommet de la tête de Shiva surgit la déesse Gangā, manifestation divine du fleuve dont la force est adoucie par les cheveux du dieu.

La représentation de Shiva est souvent accompagnée du damarū, petit tambour en forme de clepsydre d'où naissent les rythmes du cosmos. Le damarü est inséparable de l'iconographie du Shiva Nātarāja, dont la danse exprime l'élégance et la furie de l'acte cosmogonique, la détermination imperturbable du dieu en train de détruire le monde. Les détails de la représentation du Shiva Nātarāja doivent se lire comme une complexe allégorie pictographique. La main droite supérieure brandit le damarū dont le son est le véhicule de la parole, transmetteur de la révélation, de la tradition, de l'enchantement, de la prière et de la vérité divine. Le son est associé à l'éther, le premier des cinq éléments, et tous deux représentent le moment initial de la création. La main opposée, en haut à gauche, dont les doigts forment une demi-lune, porte sur sa paume une langue de feu, élément lié à la destruction. L'équilibre des mains illustre comment la création et la destruction font contrepoids l'une à l'autre dans le jeu de la danse cosmique. Le Transcendant se manifeste en Shiva comme affrontement inévitable des contraires : production incessante contre appétit insatiable d'extermination, le son opposé à la flamme. La seconde main droite fait le geste de l'absence de crainte, abhaya-mudrā, qui dispense la paix et la protection, tandis que la main gauche inférieure, suspendue à la hauteur de la poitrine, indique en bas le pied gauche, soulevé. Ce pied symbolise la libération et représente le refuge et la salvation du dévot. Les doigts de la main qui l'indique dessinent une figure qui évoque la trompe allongée du dieu Gaņeśa, celui qui supprime les obstacles. Shiva danse sur le corps prostré d'un nain, Apasmāra Puruşā, homme ou démon appelé l'Oublieux, qui symbolise la cécité de la vie et l'ignorance de l'homme. La victoire sur ce démon consiste à atteindre la vraie sagesse, qui libère des liens avec le monde. Un anneau de flammes et de lumière émane du dieu et l'entoure. On pense qu'il représente les processus de l'univers et de ses créatures, mais aussi l'énergie de la Sagesse, la lumière transcendante de la connaissance de la vérité. Les tresses de Shiva sont longues et ébouriffées, en partie dénouées, en partie coiffées, de manière à former une sorte de pyramide dans laquelle s'accumule une énergie vitale extraordinaire.

Le véhicule de Shiva est le taureau, Nandi, placé à l'entrée de la plupart des temples sivaïtes. Symbole de fertilité et de vigueur, le taureau renforce son image de procréateur. Sa compagne, Parvati, et ses enfants, Gaņesha et Skanda, complètent la mythologie et l'iconographie de ce dieu versatile et fascinant.

Au-delà de ces multiples formes féminines à travers lesquelles est représenté le divin, le Grande Déesse est l'épouse de Shiva et, en plus de ses noms de Parvati et de Sati, elle est connue sous ceux d'Uma, Ambā, Lalita, Gauri, qui font référence à sa nature bienveillante, ou sous ceux de Durga, Candi, Chamunda, Bhairavi et Käli, qui sont en relation avec ses aspects terrifiants. La déesse Käli, en particulier, est représentée comme une femme dotée de quatre bras au bout desquels elle tient un noeud coulant, un tibia surmonté d'une tête de mort, une épée et une tête réduite, pendant qu'elle danse sur le corps immobile de Shiva gisant à ses pieds. Le teint de Kālī est sombre, ses dents ont l'aspect de crocs, et une longue langue sort de sa bouche d'où le sang coule en abondance. Son cou, est omé d'un collier de têtes de mort.

Shiva s'unit d'abord en mariage avec Sati, fille du patriarche Daksha. Autant Satī aimait Shiva, autant Daksha le haïssait: lorsqu'il célébra un grand sacrifice auquel il négligea d'inviter Šiva, sa fille se suicida en se jetant dans le feu. Šiva, terriblement affligé par la mort de Sati, se retira sur le mont Kailāsā, sa demeure céleste, dans l'intention de pratiquer l'ascèse la plus rigoureuse. Au bout d'un certain temps la Grande Déesse renaquit de sa mère Menakä et de son père Himävat, personnification de l'Himalaya, s'incarnant en Parvati. À travers la pratique ascétique la plus sévère et avec l'aide de Kāma, Parvati parvint à détacher Šiva de son ascèse et, contre l'avis de ses parents qui considéraient le dieu comme un vagabond solitaire entouré de spectres et de monstres, elle le convainquit de l'épouser.

 

Bhairava : le terrible. C’est la forme courroucée de Shiva qui peut elle-même prendre 64 formes différentes. Il est reconnaissable au chien qui l’accompagne, lorsqu’il erre nu et recouvert de cendres, après avoir coupé la cinquième tête de Brahma qui convoitait sa propre fille ; Shiva Ardhanarishvara : Shiva androgyne, représenté moitié homme et pour moitié femme. Il symbolise l’union de Shiva (la substance) et de Shakti (l’énergie) qui est le fondement de toute création.


Parvati est l’aspect féminin de Shiva, sa shakti. Elle est très souvent représentée à ses côtés comme l’amoureuse, et peut prendre plusieurs formes : Durga, la guerrière, Uma, la favorable, Kali, la noire, la terrifiante. Mais très souvent elle est Mahadevi, la déesse par excellence.

Enfin Nandi, le taureau blanc, est la monture de Shiva. Il est littéralement “celui qui réjouit” pour ceux qui maîtrisent leurs sens et ont atteint la connaissance.

Shiva et ses formes pacifiques

Il est représenté avec un troisième œil (jñāna-caksus) au milieu du front, symbole d'éternité et de sagesse, et avec un cobra autour du cou, symbole de puissance. Il porte un trident (trishula) et tient un tambour à boules fouettantes (damaru). Il est assis sur une peau de tigre, symbole de l'énergie potentielle.

Shiva est le troisième membre de la trinité hindoue, mais le plus important. Il a le plus grand nombre de fidèles. Les shivaïtes acceptent très peu de divinités autres que Shiva. Le mot "Shiva", signifiant "l’auspicieux", survient comme un épithète de Rudra dans la littérature védique ancienne. Rudra est loué dans tous les hymnes védiques. Il occupe la position suprême parmi toutes les divinités hindoues. Il est décrit comme le destructeur. Il a de nombreux noms, en plus de Rudra et Shiva, tels que Maheswara, Tripurantaka, Trinetra et Nilakantha.

Il est représenté sous la forme du linga, le principe masculin de la création. Le linga est généralement fixé sur une base circulaire ou quadrangulaire sur un piédestal connue sous le nom de yoni ou pīthhāvalaya (en tamoul). La surface de ce socle est façonnée de manière à recueillir l’eau versée sur Dieu pendant les rituels. C’est une croyance courante que Shiva aime les ablutions, comme Vishnu aime les décorations florales.

Images de Shiva en forme humaine

Elles sont également vénérées. Il est représenté assis, debout ou dansant. Il porte une hache (paraśu) et une antilope (mr̥ga) dans les mains supérieures, tandis que les mains inférieures sont en abhaya (protection) et varada (don). Le front porte un croissant de lune. D'autres ornements couramment attribués à Shiva sont le jatāmakuta (coiffe faite de mèches de cheveux enroulées), le crâne, le serpent et le collier de perles appelé rudrāksa mālā. Il a trois yeux (Trinetra) – le troisième étant au centre du front. L’irradiation du croissant de lune (cireux) est une caractéristique spéciale. Il a une apparence austère avec un corps barbouillé de cendres sacrées, avec des serpents autour de son cou, ses poignets, ses bras, et sa taille. Il est paré comme Vishnu avec les ornements habituels : couronne, collier, bracelets, bracelets de bras, etc.

Shiva a de nombreuses formes, les unes bienveillantes, d’autres terrifiantes. La majorité d'entre elles visent soit à punir les méchants et protéger les justes (comme Vishnu), soit à bénir les dévots. Les représentations pacifiques sont appelées Saumya ou (paisibles), et les représentations terrifiantes sont appelées Samharamurtis.

Formes pacifiques majeures :

SUKHĀSANA

Quand Shiva est assis seul, on l'appelle Sukhāsana. Shiva se tient droit, sa jambe gauche est pliée et repose sur l’autre. La jambe droite pend vers le bas. Les mains supérieures tiennent la hache et l’antilope, tandis que les mains inférieures sont en abhaya et varada.

10e siecle
Thanjavur district
CHANDRASHEKHARA

Ce nom signifie "porteur du croissant de lune". L’irradiation du croissant (cireux) sur la tête de Shiva est une caractéristique unique. Ce type d’image s’appelle Candraśekharamūrti. Les mains supérieures tiennent les symboles habituels, la hache et l’antilope. Ces images se trouvent dans tous les temples de Shiva. Cette posture est aussi appelée Kevala-candraśekhara (Candraśekhara seul). Le croissant est situé dans ses mèches emmêlées (jatāmakuta).

15e siecle
abhivriddhisvaram, Thanjavur Disctrict

PRADOSAMŪRTI

Dans cette version, Shiva est représenté regardant vers Pārvatī. Les mains supérieures tiennent les symboles habituels, la hache et l’antilope. Les mains inférieures sont en abhaya (droite) et varada (gauche). Pārvatī tient une fleur dans sa main droite tandis que sa main gauche est posée sur l'épaule de Shiva. Dans certaines représentations, elle est vue en train de l’embrasser. Ces images sont appelées Pradosamūrti parce qu'elles sont prises en procession lors du Pradosa, deux jours avant la pleine lune. Ce type est aussi appelé Alingana-candraśekhara (Candraśekhara embrassant Pārvatī).

10e siecle
Panagattangudi, Tiruvarur district

UMĀSĀHITA

Shiva est représenté assis ou debout avec Pārvatī (Umā) à ses côtés, soit sur le même piédestal, soit sur un piédestal séparé. Les mains supérieures portent les symboles habituels, les mains inférieures sont en abhaya et varada. La main droite de la déesse tient une fleur ou est en kataka mudrā. Sa main gauche est parfois posée sur le genou ou levée.

10e siecle
Sikkil, Nagappattinam District

 

SOMASKANDA

Shiva est représenté avec Umā à sa gauche et leur fils Skanda (Murugan) au milieu, sur le même piédestal. Les mains supérieures tiennent les symboles habituels ; la main droite inférieure est en abhaya et la gauche en varada ou śikhara mudrā (tenant le manche d’un char). La main droite de Skanda est en kataka, et la gauche en varada. Skanda est représenté comme un enfant assis, dansant ou debout entre ses parents et tenant une fleur de lotus dans ses deux mains.

15e siecle
Silattur, Thanjavur Disctrict

KALYĀNASUNDARA

Shiva est représenté comme un époux, debout et tenant la main droite de Pārvatī. Parfois, sa jambe gauche est pliée vers l’avant. Pārvatī est debout à droite, tendant sa main droite vers Shiva. Les parents de Shiva et Pārvatī sont souvent représentés des deux côtés, bénissant le couple. Brahmā est souvent vu effectuant le mariage. Visnu verse de l’eau sacrée sur les mains unies de Shiva et Pārvatī, à partir d’un pot tenu dans sa main inférieure droite. La main supérieure de Visnu tient les emblèmes habituels, tandis que sa main gauche est dans la katyalambita (reposant sur la hanche).

FORMES DYNAMIQUES ET TERRIFIANTES DE Shiva

GANGADHARA

Il est représenté debout, tenant un trident obliquement sur le dos. Il est montré portant la rivière Ganga (le Gange), symbolisée comme une déesse descendant sur terre. Son bras droit inférieur est soit en pose abhaya soit placé près du menton de Parvati. Son bras supérieur droit soulève une mèche de ses cheveux tressés (jata) sur laquelle repose la déesse rivière, Ganga. Parfois, le bras droit peut tenir une hache et toucher la mèche de cheveux. Lorsque Gangadhara est représenté sans Parvati, sa jambe dro...

VISHAPAHARANA

Dans cette représentation, Shiva est représenté assis avec ses bras supérieurs portant les emblèmes habituels, à savoir la hache et l’antilope, tandis que sa main inférieure gauche tient une coupe et la main inférieure droite est en pose varada. Parfois, la main inférieure droite tient un serpent.

VINADHARA DAKSHINAMURTI

Il est représenté en posture assise ou debout. Lorsqu’il est assis, la Veena (instrument de musique à cordes pincées) est censée reposer sur la cuisse droite. Les deux mains inférieures tiennent la Vina, tandis que les bras supérieurs portent les emblèmes habituels : rosaire, feu ou serpent.

NATARAJA ET NATESA

Parmi les aspects de Shiva, la forme dansante de l’anandatandava est la plus populaire dans le sud de l’Inde et se caractérise par : la jambe droite du Dieu placée sur le dos d’un démon appelé muyalakan (tamoul) ou apasmara (personnification sanskrite de l’ignorance) et la jambe gauche levée. La main supérieure droite tient un kettledrum ou udukai (tamoul) et la main supérieure gauche porte un feu, avec des langues de flammes jaillissantes. La main droite inférieure est en abhaya, le corps est encerclé par un serpent tandis que la main gauche inférieure est étendue en forme d’arc. La position connue sous le nom de gaja hasta (main en forme de trompe d’éléphant), ses doigts pointent vers le pied levé qui est représenté penché en arrière. Shiva porte une coiffe de mèches emmêlées (jatāmakula) ornée de plumes de paon et d’une tête de Gangā. Le croissant et le crâne sont également visibles sur ses cheveux. Le mouvement rapide, extatique et violent du tambour est symbolisé par la guirlande en mouvement rapide autour de ses bras. Une flamme est aussi vue dans sa main gauche. Une ankura-vidya, un bijou particulier aux images de Natarāja, est généralement visible sur la jambe droite.


KANKALAMURTI

Cet aspect de Shiva est étroitement lié à Bhiksatanamurti (sage et mendiant) et lui ressemble presque en apparence. Il est représenté debout avec deux paires de bras, la main gauche inférieure tenant un tambour kettledrum, frappé par un bâton dans la main droite correspondante. La main supérieure droite tient un kankaladamaru ou le bâton auquel les os sont attachés et orné de plumes de paon. Plusieurs ornements en forme de serpent sont répartis sur tout le corps. Il porte des sandales aux pieds et est drapé.

BHAIRAVA

Bhairava est l’une des formes ugra (colériques) de Shiva. Quiconque vole des biens de temples encourt la colère de Bhairava. Cela vise à faire en sorte que les gens ne se comportent pas mal, en leur inspirant littéralement la peur de Dieu. Malgré ses attributs menaçants et son expression faciale sévère, l’image possède un charme gracieux subtil, révélé dans les contours délicatement profilés de ses membres. Un chien accompagne toujours Bhairava.

TRIPURANTAKA

Tripurantaka est l’image de Shiva en tant que destructeur des trois cités et de leurs démons – les Tripuras. Il tient un arc et une flèche. Mais il n’a jamais utilisé d’armes : il détruisit les trois cités uniquement par un sourire.

VIRABHADRA

Il est représenté debout sur une paire de sandales avec un visage féroce. Il a généralement quatre mains et parfois huit. Sa main droite tient l’épée et la flèche, tandis que la gauche tient l’arc et la massue. Lorsqu’il est représenté avec huit mains, des armes ou la tête de Daksha sont tenues dans ses mains. Il porte généralement un jatamakuta. Parfois, une coiffe royale montrant un Linga au centre de son front. Daksha est représenté à sa droite avec la tête d’une chèvre, se prosternant en adoration.Le Daksha est de petite taille pour symboliser l’immensité de Vīrabhadra. Parfois, un bélier est également représenté avec Vīrabhadra.

 

ARDHANARISHVARA

La forme Ardhanariswara est une composition littérale de Shiva et Parvati, les moitiés droite et gauche étant respectivement représentées en posture debout. Philosophiquement, il s’agit d’une union : Shiva, le dieu et Sakti, l’énergie divine, sont des forces créatrices qui ne peuvent fonctionner l’une sans l’autre. Cela peut être perçu comme la représentation de la matière et de l’énergie ayant besoin l’une de l’autre pour fonctionner, ou que l’énergie produit la matière, c’est-à-dire l’univers. Cela montre également que le masculin et le féminin sont deux aspects de la vie éternelle divisés pour permettre la propagation.

Bien que chaque moitié de la figure soit physiquement l’opposée de l’autre, avec chaque détail anatomique précisément rendu, l’effet n’est pas aussi discordant qu’on pourrait le penser. Les détails de chaque moitié sont habilement réalisés de manière à concentrer l’attention sur la partie supérieure de l’image. Parvati est représentée debout dans une posture dwibhanga (deux courbes), tandis que Shiva est en tribhanga. Shiva semble en fait soutenir la gracieuse Parvati, qui s’appuie sur lui.

11e siecle
Tiruvangadu, Nagappatinam,

PARVATI

Parvati, également appelée Uma ou Gauri, est représentée avec Shiva comme sa seule épouse. Elle est représentée lorsqu’elle est avec lui (Shiva) soit debout, soit assise à sa gauche avec deux mains, la droite tenant un lys bleu et la gauche pendante librement (lola hasta). Sa tête est ornée d’un karandamakuta. Lorsqu’elle est représentée seule, elle est toujours assise et dotée de deux paires de mains. Les mains supérieures tiennent une hache et un nœud coulant (pasa), tandis que les mains inférieures sont dans les poses abhaya et varada. Le véhicule de Parvati est le lion.

MAHESWARI

C’est une forme de Parvati représentant les caractéristiques de son époux Maheswara. Elle a généralement quatre mains. Les mains supérieures portent le cerf et le damarou. Ses mains inférieures sont en abhaya mudra et tiennent une coupe crânienne. Le troisième œil, symbole de Maheswara, est également représenté. Maheswari est l’une des Saptamatrikas.

DURGA

Elle est représentée avec quatre mains, les mains supérieures portant les emblèmes de Vishnu et les inférieures étant en poses abhaya et kataka. Elle porte un karandamakuta sur la tête et un kucha-bandha couvrant la poitrine.

MAHISHASURAMARDNI

Elle est une manifestation de Durga avec plus de deux paires de mains. Elle est représentée en train de tuer le roi démon à tête de buffle Mahishasura, que l’on voit couché aux pieds de la Devi. Diverses armes de guerre sont tenues dans ses mains.

KALI

Kali est la contrepartie féminine des formes colériques de Shiva. Elle a plusieurs manifestations, les plus fréquemment représentées étant Durga, Mahishasuramardini, Bhairavi et Chamundi. Dans les silpasastras, la littérature et les expressions populaires de l’art, elle est représentée comme féroce, terrible et avide de sang. Pourtant, comme sa malveillance est dirigée contre les méchants, elle est crainte par les mauvais et vénérée par les bons.

 

Fils et Saints de Shiva


FILS DE Shiva

GANESA
Ganesa, le dieu à tête d’éléphant, est également connu sous le nom de Ganapati, Vigneswara et plus populairement de Pillaiyar au Tamil Nadu. Il est l’aîné des deux fils de Shiva et Parvati, l’autre étant Subrahmanya. Ganesa est celui qui élimine tous les obstacles dans la vie quotidienne et l’incarnation de la sagesse et de la force.

SUBRAHMANYA
Le second fils de Shiva et Parvati, Subrahmanya est le dieu le plus populaire du sud de l’Inde. Il est mieux connu sous le nom de Murugan (en tamoul), ce qui signifie le plus beau et le plus vaillant. Subrahmanya a deux épouses nommées Valli et Devasena.

AIYANAR
Aiyanar (Le Seigneur) est l’une des divinités villageoises (Gramadeyata) les plus populaires du sud de l’Inde. Les sanctuaires d’Aiyanar comportent généralement une statue en pierre du dieu et un grand groupe de chevaux en terre cuite se tenant en plein air. Aiyanar est vénéré avec des offrandes de riz, de fruits et de fleurs.

LES ACCOMPAGNATEURS DE Shiva :

NANDI
Il est obligatoire pour chaque temple de Shiva d’installer une image de Nandi (taureau sacré de Shiva) dans la posture couchée d’un taureau en face de l’image de Shiva.

ADHIKARA NANDI
Lorsque Nandi est représenté debout (habituellement à l’entrée d’un temple de Shiva) sous forme anthropomorphique, il est appelé Adhikara Nandi. Il tient un bâton reposant sur son épaule droite. Ses mains sont en mudra Anjali. Ses bras supérieurs tiennent les emblèmes que l’on retrouve dans les images de Shiva.

SAINTS SAÏVITES :

CHANDIKESWARA
Chandikeswara est généralement représenté assis dans une posture détendue, la main droite pendante et la main gauche repliée et reposant confortablement sur la jambe pliée. Il est représenté avec un visage serein. Il est souvent représenté avec les yeux fermés et le menton levé. Nayannar est également représenté en train d’adorer l’image de Shiva en touchant ses pieds et le pied de Chandikeswara est placé sur sa tête. Les représentations en pierre et en métal le montrent portant une hache.

KANNAPPA NAYANAR (Tinnan)
Kannappa Nayanar était un chasseur qui adorait Shiva avec de la chair et du sang dans son style de vie rustique, avant de devenir un saint. Il était si désintéressé qu’il s’arracha un œil pour le placer sur le mukhalingam, une forme de Shiva qu’il adorait. Le nom même Kannappa signifie « le dévot qui donne ses yeux ». Ses images ont un arc sur l’épaule gauche, un carquois ou un autre symbole à droite. Ses mains sont en mudra anjali. Il est l’un des 63 Nayanmars.

APPAR
Appar (alias Tirunavukkarasar) a vécu durant la première moitié du 7e siècle. Il est né Saïvite, mais après la mort prématurée de ses parents et le mariage arrangé de sa sœur, il a embrassé le jaïnisme. Sa sœur, cependant, est restée Saïvite. L’humilité et le dévouement d’Appar impressionnèrent Shiva à tel point qu’on l’identifia au râteau qu’il portait. Il a composé des hymnes sur Shiva. Il est le premier des quatre saints (Nalvar).

TIRUJNANA SAMBANDHAR
Il est représenté comme un enfant et un jeune. Enfant, il tient une coupe de lait de Parvati dans la main gauche et est en posture vismaya de la main droite. Jeune, il est représenté avec une paire de cymbales dans chaque main. Il est le deuxième parmi les quatre saints (Nalvar).

MANIKKAVACHAKAR
C’est un grand saint Saïvite, auteur des célèbres hymnes tamouls du Tiruvachakam. Sa main droite est en mudra upadesa (geste d’enseignement), tandis que la main gauche tient un manuscrit en feuille de palmier.

SUNDARAMURTI
Il fut le dernier des quatre grands saints Saïvites Kuravar (grands saints de la religion Saïvite) du Tamil Nadu. Ses poèmes font également partie de la collection des hymnes Thevaram. Il est représenté en train de chanter. Sa main droite indique le rythme de la chanson, tandis que la gauche tient le tala. Il considérait Shiva comme son ami.

SULAM (Emblème de Shiva)
Le trident est l’arme, l’emblème de Lord Shiva. Il est porté en procession lors des jours de festival. Sur l’avers, il peut y avoir une petite figure de Shiva comme Vrishabhavahana ou Ardhanariswara. Sur le revers, il est simple. Lorsque l’emblème est représenté avec Pilari, l’une des formes les plus terribles de Kali, il est appelé Sulapidari.

 

Sources :

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