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(1955-2026)
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| 13 films | ||
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| histoire du cinéma : cristaux de temps | ||
I - Biographie
Né le 21 Juillet 1955 à Pécs (Hongrie). Ouvrier, portier dans une maison de la culture, Béla Tarr entre en contact avec le studio Béla Balazs dont il devient membre actif. C'est dans ce cadre qu'il réalise Le nid familial (1979). Une oeuvre réalisée en quatre jours alors qu'il n'a que 22 ans. Le cinéaste s'inscrit ensuite à l'Ecole supérieure de cinéma et de théâtre de Budapest dont il ressort diplômé en 1981 ayant réalisé L'outsider (1980).
Créateur dès 1980 du studio indépendant Tàrsulàs (que les autorités hongroises fermeront cinq ans plus tard), Bela Tarr se forge peu à peu un style, lent et centré sur le social, illustrant avec talent l'un des courants de l'école de Budapest (cinéma sociologique réalisé à partir d'une "étude sur le terrain" et souvent joué par des non professionnels). Il réalise ainsi Rapports préfabriqués (Panelkapcsolat, 1982), Almanach d'automne (Öszi alamanch, 1984). En 1982, Béla Tarr réalise un Macbeth pour la télévision Hongroise composé de deux plans. Le premier plan, de cinq minutes, filme dans la continuité du générique la grande séquence des sorcières (interprétées par des hommes !). Puis, après la brève inscription du titre sur fond noir (un classique de Bélà Tarr), le deuxième plan dure 57 minutes. Ainsi, à partir de Damnation (1987), ses plans seront de plus en plus longs, de plus en plus sophistiqués et susciteront l'admiration de nombreux cinéastes dont Gus Van Sant.
Il part enseigner à la Filmakademie de Berlin. En 1994 sort Le tango de Satan, film de plus de sept heures sur l’effondrement du communisme en Europe de l’Est et son déclin matériel et spirituel.
En 2000, Bela Tarr tourne Les Harmonies Werckmeister, son premier film à être distribué en France. Il devient alors un cinéaste culte ce qui permet la sortie de Damnation (1987) et du Tango de Satan (1994). L'attention aux règnes végétal (paysages désertés) et animal (baleine, cheval) et leur résonance avec la condition humaine qu'il relie dans de longs plans rapproche Béla Tarr d'Andrei Tarkovski. Mais, alors que la métaphysique d'Andrei Tarkovski est basée sur la foi des plus faibles, capables de sauver le monde, Béla Tarr est bien plus pessimiste. Il est particulièrement sensible à l'inexorable dégradation de l'homme (d'où ses nombreuses séquences d'habillage ou de déshabillage d'un être faible par un plus jeune que lui qui l'aide) et à l'échec de toute volonté de puissance. Comme le souligne Jacques Rancière dans Béla Tarr, le temps d'après (éd. Capricci, 2011), ses films tracent inlassablement le même mouvement, "un voyage avec retour au point de départ"
À partir de 2004, Béla Tarr travaille sur un
nouveau projet, L'homme de Londres,
adapté d'un roman de Georges Simenon, mais le suicide de son producteur
Humbert Balsan en février 2005 retarde considérablement le projet
et le tournage démarré à Bastia en Corse. Malgré
des difficultés de production, le film reprend et participe même
à la compétition officielle au festival de Cannes 2007.
En février 2011, Béla Tarr présente Le
cheval de Turin à la Berlinale, il remporte un Ours d'argent. Ce
film est, selon ses propres dires, le dernier qu'il réaliserait parce
qu'il pense que le public ne veut plus de ce cinéma-là et que
le processus de production devient de plus en plus difficile en Hongrie. Béla
Tarr est néanmoins sujet de ces dépressions aussi vives que
passagères. Lors de la master
class organisée par le centre Georges Pompidou au sein de la rétrospective
intégrale de ses films, Béla
Tarr, l'alchimiste, entre décembre 2011 et janvier 2012, il semble
avoir repris espoir : il a l'intention de fonder une école de cinéma
en Hongrie. Il exprime sa colère face au traitement réservé aux réfugiés en Europe, et plus particulièrement en Hongrie dans le court-métrage Muhamed (2017, 10') où un jeune garçon joue de l'accordéon dans un centre commercial ainsi que Missing people (2019). Il décède le 6 janvier 2026 à 70 ans.
Pour la plupart de ses films, Béla Tarr s'entoure de deux fidèles collaborateurs. Ágnes Hranitzky, son épouse qui travaille au script et au montage depuis L'outsider (1981) est crédité de la coréalisation depuis Les harmonies Werckmeister. Le musicien Mihály Víg (également acteur dans certains de ses films) réalise l'ambiance sonore si particulière de ses films. Depuis Damnation (1987), Béla Tarr collabore avec le scénariste László Krasznahorkai. Béla Tarr va ensuite adapter ses romans dans Le tango de Satan (1994) et Les harmonies Werckmeister (2000). László Krasznahorkai sera ausi le coscénariste de L'homme de Londres (2007) et du Cheval de Turin (2011).
II - Biblio-Vidéographie.
III - Filmographie :
Courts-métrages :
1978 : Hotel Magnezit
1990 : Utolsó hajó
1995 : Voyage sur la plaine hongroise (Utazás az Alföldön)
2017 : Muhamed (Documentaire)
Longs-métrages :
| 1979 | Le nid familial |
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(Csaladi Tuzfeszek). Avec : Irén Szajki (Irén), László Horváth (Laci), Gábor Kun (Le père de Laci), Gáborné Kun (La mère de Laci). 1h46.
Irén vit avec sa fille dans le petit appartement de ses beaux-parents, en plein centre de Budapest. Son mari vient de rentrer de son service militaire et leurs relations se détériorent. Bientôt, Irén souhaite quitter sa famille, mais sa demande de relogement se heurte aux lenteurs de l'administration communiste. |
| 1981 | L'outsider |
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(Szabadgyalog). Avec : Andras Szabo, Jolan Fodor, Imre Donko. 2h26
En Hongrie, dans une ville industrielle, l'outsider, c'est András, jeune homme qui semble flotter sur la vie sans jamais trouver sa place, avec, pour seul compagnon stable, un violon. Infirmier dans un établissement psychiatrique, il perd soudain tous ses repères lorsqu'on le renvoie pour alcoolisme. |
| 1982 | Macbeth |
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Téléfilm. Avec : György Cserhalmi (Macbeth), Erzsébet Kútvölgyi (Lady Macbeth), Ferenc Bencze. 1h02. |
| 1982 | Rapports préfabriqués |
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(Panelkapcsolat). Avec : Robert Koltai, Judit Pogany.
Un couple voit sa relation se détériorer au fil du temps. |
| 1984 | Almanach d'automne |
| (Oszi Almanach). Avec : Miklos
B. Szekely, Hedi Temessy, Pal Hetenyi. 1h59.
Hédi, une dame âgée et argentée, partage une maison avec son fils, son infirmière et l'amant de celle-ci, bientôt rejoints par un quatrième locataire. |
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| 1987 | Damnation
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(Karhozat). Avec : Miklos B. Szekely (Karrer), Vali Kerekes (la chanteuse), Gyorgy Cserhalmi (Sebestyen). 1h56.
Dans un paysage dévasté, Karrer vit depuis des années coupé du monde, passant son temps à contempler des bennes qui disparaissent dans le lointain et à errer sous une pluie incessante. Ses seuls liens sociaux sont un bar " Le Titanic ", où il échoue chaque soir, et son patron, Willarsky. |
| 1990 | The last boat |
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(Utolsó hajó) segment de City Life, documentaire collectif
coréalisé avec Alejandro Agresti, Gábor Altorjay, José
Luis Guerín, Clemens Klopfenstein, Tato Kotetshvili, William Mbaye Ousmane,
Eagle Pennell, Dick Rijneke, Mrinal Sen, Béla Tarr, Mildred Van Leeuwaarden,
Krzysztof Kieslowsk et Carlos Reichenbach. 0h32.
Budapest désertée est le théâtre de scènes énigmatiques et irréelles baignant dans un climat post-apocalyptique. |
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| 1994 | Le tango
de Satan |
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(Satantango). Avec : Mihály Vig (Irimiás), Putyi Horváth (Petrina),
László Lugossy (Schmidt), Erika Bók (Estike). 7h25.
Une ferme collective, dans une plaine de Hongrie. Futaki, un homme boîteux entre deux âges, est réveillé par le son des cloches après avoir couché avec la femme de Schmidt. Il se cache dans la pièce voisine à l'arrivée du mari et entend celui-ci dire à sa femme de préparer leurs affaires : lui et Kráner se sont entendus pour se partager la paie d'une année, qui aurait dû être partagée avec Futaki, Halics et le maître d'école. Futaki s'échappe puis revient voir Schmidt et le force à partager l'argent avec lui. Ils apprennent alors qu'Irimiás et Petrina, deux villageois que le fils Horgos a dit morts il y a un an et demi, sont bien vivants et de retour au village. Selon Futaki, Irimiás semble être une sorte de magicien. Madame Schmidt décide d'aller au café pour les y attendre. Dans un bâtiment administratif, Irimiás et Petrina, récemment libérés de prison, sont convoqués par un officier qui leur reproche de ne pas vouloir travailler et d'être des hors-la-loi. Il les contraint à travailler désormais pour lui, sans que la nature de leur collaboration soit précisée. Les deux hommes vont dans un bar de la ville, où l'un des villageois, Kelemen, les entend apostropher les clients ; ils menacent, en termes obscurs, de faire exploser les gens avec de la dynamite. Ils prennent à pied la route qui mène au village, en s'en prenant aux villageois obtus et soumis. Ils sont accueillis par Sanyi, le fils Horgos, qui leur donne des nouvelles des villageois. Depuis sa pièce qui donne sur la cour de la ferme, le Docteur, un ivrogne solitaire, écrit les faits et gestes de ses voisins. Il observe ainsi Futaki sortir de la maison de Schmidt et y revenir. Se levant péniblement, il fait un malaise et doit se trainer jusqu'à son lit pour se faire une piqûre. Rétabli, il enfile un manteau pour aller remplir à nouveau sa bouteille d'eau-de-vie. Au passage, il monte se réchauffer un moment dans un grenier où deux prostituées attendent en vain des clients. Puis il arrive au bistro, où une petite fille tente d'attirer son attention. Il la rabroue et elle s'enfuit dans le bois ; se ravisant, il essaie de la rattraper, mais finit par s'effondrer. Au petit matin, un villageois le retrouve et l'emmène à l'hôpital dans sa carriole. Dans le café du village, arrive Halics qui s'assied à une table et monologue. Kelemen vient raconter qu'il a vu Irimiás et Petrina et qu'il leur a parlé, ainsi qu'à d'autres personnes. Le patron du café semble craindre que les deux hommes reviennent pour prendre ce qui lui appartient. Mme Schmidt arrive. La soirée continue et tous attendent l'arrivée d'Irimiás et Petrina. C'est le jour. Sanyi emmène sa jeune sœur, Estike, pour enterrer leur argent commun dans un trou au milieu du bois, en lui faisant croire que l'argent poussera et se multipliera. La jeune fille rentre ensuite à la ferme et voit Halics entrer dans la maison ; sa mère lui lance un mot acerbe, voyant qu'elle essaie de les espionner. L'enfant grimpe dans un grenier et y trouve un chat, qu'elle maltraite et à qui elle sert une écuelle de lait dans laquelle elle a versé une poudre. Le chat devient progressivement inerte. Gardant la poudre dans un sac, le chat dans les bras, elle revient dans le bois et constate que l'argent a disparu. Son frère lui dit qu'il l'a récupéré parce qu'il en avait besoin et lui reproche de se promener avec de la mort aux rats. Elle traverse à nouveau le bois, arrive dans la soirée au café et regarde par la fenêtre les villageois ivres qui dansent de manière frénétique. Elle tente d'attirer l'attention du Docteur pour qu'il soigne son chat ; repoussée, elle s'enfuit dans le bois. Le matin, elle parvient à un bâtiment en ruine, absorbe de la mort aux rats et s'allonge tandis qu'un brouillard semble émaner du sol. Dans la soirée au café, Kelemen râbache l'histoire de sa rencontre avec Irimiás et Petrina. Tous les villageois sont là. La mère d'Estike passe, à la recherche de sa fille. Le cafetier parle avec Futaki et explique qu'il a tout fait dans le village, craignant à nouveau qu'Irimiás vienne lui prendre son bien. Les villageois, désormais ivres, se mettent à danser au son de l'accordéon, sous le regard de la petite Estike. Le maître d'école vient danser un tango avec madame Schmidt. Tous finissent par s'endormir. Le jour suivant, le corps de la petite Estike repose sur une table. Irimiás, qui est présent, fait un discours : parlant d'abord du deuil, il pousse les villageois à reconnaître leur culpabilité et leur apporte une solution à leurs difficultés : les couples Schmidt, Kráner et Halics, Futaki et le maître d'école vont partir le jour même et se rendre à un manoir où ils reprendront leur vie à zéro. Pour l'acquisition du manoir, ils remettent sur le champ l'ensemble de leurs économies à Irimiás, lui faisant confiance sans poser plus de questions. Irimiás couche avec madame Schmidt et s'en va. Le cafetier comprend qu'il a perdu le contrôle du village. Les villageois font leurs bagages et marchent longuement sur la route, à pied sous la pluie, jusqu'au manoir où ils se couchent dans une pièce, à même le sol, en proie aux cauchemars. Pendant ce temps, Irimiás, Petrina et Sanyi vont à la ville ; en traversant un bois, Irimiás tombe à genou devant le brouillard recouvrant le sol devant le bâtiment en ruine. Ils mangent dans un bar où ils rencontrent un vendeur d'armes à qui ils veulent acheter des explosifs. Le lendemain matin, les villageois au manoir croient qu'Irimiás les a dupés et commencent à se quereller, lorsque celui-ci survient. Il leur annonce que les plans au manoir doivent être repoussés à plus tard et qu'ils doivent se séparer à travers le pays, observant ce qui se passe, en ne restant en contact qu'avec lui-même. Kráner lui demande son argent ; Irimiás le lui rend immédiatement mais, jouant avec le sentiment de culpabilité des villageois, l'amène à le lui redonner son argent. Il les emmène en ville, à l'arrière d'une carriole en pleine averse, et donne à chacun sa destination et le travail qu'il doit effectuer. Seul Futaki décide de suivre son propre chemin. Dans un bureau de l'administration militaire, deux soldats transcrivent sur une machine à écrire un rapport sur les villageois rédigé en termes méprisants par Irimiás. Après deux semaines à l'hôpital, le Docteur revient chez lui. Observant toujours ses voisins, il se rend compte que tout le monde est parti. Entendant le son des cloches, il enfile son manteau et marche à travers la campagne. Il parvient à une église en ruine où un fou bat contre une cloche en répétant que les Turcs arrivent. Le Docteur revient chez lui, cloue des planches contre sa fenêtre et, dans une obscurité totale, décrit la pluie de l'automne, reprenant des mots prononcés en voix off au début du film. |
| 2000 | Les
harmonies Werckmeister |
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(Werckmeister harmoniak). Avec : Lars Rudolph (Janos Valushka), Peter
Fitz (M. Eszter), Hanna Schygulla (Mme Eszter). 2h25.
Le pays est en proie au désordre, des gangs errent dans la capitale. Valushka, un postier, s'extasie sur le miracle de la création et se bat contre l'obscurantisme. Dans un café, il tente d'entraîner les clients ivres dans ses visions cosmologiques, puis, à travers la ville, chez Monsieur Eszter, un vieil homme occupé à accorder un piano pour retrouver l'harmonie du clavecin qui a été brisée par l'invention Werckmeister. |
| 2004 | Prologue |
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Segment de Visions of Europe |
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| 2007 | L'homme
de Londres |
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(The man from London). Avec : Miroslav Krobot (Maloin), Tilda Swinton
(Camélia, sa femme), Ági Szirtes (Mrs. Brown), János Derzsi (Brown), Erika
Bók (Henriette, sa fille), Gyula Pauer (Tapster), István Lénárt (L'inspecteur
Morrison). 2h19.
Maloin mène une vie simple et sans but, aux confins de la mer infinie; c'est à peine s'il remarque le monde qui l'entoure. Il a déjà accepté la longue et inévitable détérioration de sa vie, et son immense solitude. Lorsqu'il devient témoin d'un meurtre, sa vie bascule... |
| 2011 | Le
cheval de Turin |
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(A Torinói ló). Avec : János Derzsi (Ohlsdorfer), Erika Bók (la fille
d'Ohlsdorfer), Mihály Kormos (Bernhard). 2h26.
Le 3 janvier 1889, sur la piazza Alberto de Turin, le philosophe Friedrich Nietzsche se jeta, en pleurant, au cou d'un cheval de fiacre épuisé et brutalisé par son cocher. Puis il perdit connaissance. Après cet évènement, il n'écrivit plus jamais et sombra dans la folie. Le Cheval de Turin raconte l'histoire du cheval, de son maître et de la fille de celui-ci, vivant tous les trois dans une ferme reculée. |
| 2019 | Missing people |
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Documentaire. 1h35.
un public de la classe moyenne et supérieure réuni dans un musée de Vienne avec en contrepoint des sans-abris dans leur riche ville de Vienne, qui sont montrés en train de consommer de la nourriture et participer à diverses actions. |