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Romeria

2025

Genre : Drame social

Avec : Llúcia Garcia (Marina / Sa mère), Mitch Martin (Nuno / Fons), Tristán Ulloa (Lois), Janet Novás (Xulia), Celine Tyll (Denise), Alberto Gracía (Iago), Miryam Gallego (Olalla), José Angel Egido (Le grand-père). 1h54.

Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes…

De nouveau, après Nos soleils (2022), Romeria puise dans les racines autobiographiques de la réalisatrice. Son père est mort quand elle avait trois ans et sa mère quand elle en avait six, tous les deux du sida. La dernière fois qu'elle a vu la famille de son père, c’était à l’occasion de l’enterrement de sa mère, après quoi elle a perdu le contact. Beaucoup plus tard, au moment d’entrer à l’université, elle a dû contacter mes grands-parents pour récupérer les certificats de décès de ses parents. À 18 ans, elle s'est ainsi rendue seule à Vigo en Galice pour rencontrer la famille de son père et découvrir l’histoire de ses parents.

Un sujet neuf tout juste effleuré


Ce voyage explique ainsi le titre du film. "Romería" est un terme très courant dans le sud de l’Espagne, où il est utilisé pour désigner le pèlerinage des fidèles vers un sanctuaire ou un ermitage pour rendre hommage à une figure religieuse, comme une vierge ou un saint. Mais il est également utilisé en Galice et dans le reste du nord de l’Espagne dans un autre sens, comme synonyme de fête populaire. Dans le film, les deux sens du mot sont présents, à la fois la célébration et le voyage spirituel.

Le sujet, la vision par une orpheline de l'époque amère, montrée si souvent glorieusement, de la Movida, est intéressant. Que le personnage porte une caméra le rend cependant à peine plus actif et peine à être compris, ainsi que le revendique la cinéaste, comme l’histoire de la naissance du regard d’une cinéaste. Marina reste simple observatrice. La cruauté du passé est relativement euphémisée en ne montrant pas la réclusion forcée, de 1986 à 1993 de Fons, atteint du sida et héroïnomane par ses parents. Elle aurait sans doute gagné à être montrée puisqu'il s'agit là du vrai drame caché de la famille. Tous les personnages qui gravitent autour de Marina restent des silhouettes peu dessinées, bénéficiant d'une scène ou deux avant d'être abandonnés.

Une fusion avec les parents en guise d'héritage

La belle idée est d'intégrer au montage, les films vidéo de la mère de Marina pris en 1983 et les siens propres, avec la même petite caméra, pris en 2024. l'indécision demeure ainsi quelque temps sur l'origine de certaines images.

Moins convaincant parce que plus artificiel le grand flash back vu à la manière d'un rêve sur les amours de sa mère et de son père avec le tragique retour du Pérou avec la foudre sur le mât et l'arrestation par la police.

Pour cette partie, la réalisatrice dit s'être inspiré de films comme Monika (1953), de la scène du désert dans Zabriskie Point ou des protagonistes de More, jeunes hippies qui expérimentent la drogue à Ibiza, ainsi que des tableaux de la peintre surréaliste galicienne Maruja Mallo.

Jean-Luc Lacuve, le 2 mai 2026

Source : Dossier de presse.

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