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Brillant
journaliste, mais porté sur l'alcool et les femmes, Steve Everett a
dû renoncer à son emploi au "New York Times" pour un
poste beaucoup moins en vue à l'"Oakland Tribune", sur la
Côte Ouest des États-Unis. Même si, depuis trois ans, il
a cessé de boire, sur le plan des relations amoureuses, il ne s'est
guère assagi. Lasse de ses fredaines, son épouse Barbara s'apprête
à le quitter et, bien qu'il l'aime toujours, il ne peut s'empêcher
de courir le jupon. Il a en ce moment une liaison avec Patricia, l'épouse
de son confrère Bob Findley, tout en couvant d'un il doux sa
jeune consur Michelle Ziegler. Par une nuit d'orage, celle-ci meurt
dans un accident de voiture.
Alan Mann, rédacteur en chef de l'"Oakland Tribune", confie donc à Steve le reportage sur lequel elle travaillait : l'exécution de Frank Beechum, un garagiste noir condamné à mort pour avoir abattu Amy Wilson, une caissière blanche et enceinte de surcroît, sous prétexte qu'elle aurait refusé de lui rembourser une dette de 96 dollars.
Steve ne met pas longtemps à comprendre que Frank est innocent, mais il n'a que quelques heures pour le prouver. Un entretien avec Dale Porterhouse, le principal témoin à charge, lui confirme que ce dernier n'a pas pu voir Frank, l'arme à la main, penché sur le corps de la victime. Il apprend ensuite qu'un jeune drogué, Warren Russel, a été aperçu sur les lieux du crime. Toutefois, la police a négligé de poursuivre l'enquête dans cette direction. Grâce aux notes de Michelle, Steve retrouve l'adresse du délinquant, mais Angela, sa grand-mère, lui annonce qu'il est mort entre-temps, poignardé par des voyous. L'heure de l'exécution approche. Frank fait des adieux émouvants à sa femme Bonnie et à sa fillette Gail, puis il prend son dernier repas.
Steve, désespéré d'avoir échoué, est à deux doigts de sombrer de nouveau dans la boisson. Soudain, il se souvient avoir vu au cou d'Angela un médaillon appartenant à Amy. La vieille dame reconnaît que son petit-fils le lui a offert le soir du meurtre. Ensemble, ils se précipitent chez le gouverneur. Sont-ils arrivés à temps ? Le dénouement semble l'indiquer, mais est-ce un rêve ou la réalité ?
Eastwood
charge son personnage : alcoolique repenti, fumeur et dragueur impénitant,
mari volage et père inconsistant (Rapide au zoo, sparadra bleu et vert,
puis lentement au zoo). Steve Everett est réduit à sa seule
aptitude à débusquer les mensonges et rétablir, parfois,
la vérité. Eastwood produit une nouvelle variation sur le mythe
du cow-boy solitaire, ici transformé en père Noël de la
justice. Cette irréalité assumée, renforce l'idée
que lorsque Bonnie frappe la vitre de la chambre d'exécution, il n'est
pas bien sûr que son mari ne soit pas mort.
Belle descente aux enfers. Ayant tout perdu : métier, femme et enfant, croyant que celui qu'il défendait avait avoué son crime et sachant le vrai coupable mort depuis trois ans, Everett n'a plus qu'à se saouler. El là, très belle séquence : la bague que lui a rendu sa femme tourne sur le comptoir du bar, se mélange avec le médaillon d'Emy dont Evrett voit une photographie à la télévision. Focalisé sur ce bijou, il se souvient, dans un flash mental, l'avoir vu au cou de la mère du jeune drogué, Warren Russel. Dans un flash-back plus long, il reconstitue la scène du crime telle qu'elle a dû se passer. S'engage alors, presque en temps réel et avec Everett très ivre, le suspens à moins d'une demi-heure de l'éxécution.
Jean-Luc Lacuve le 29/01/2007