|
|
|
|
|



Charles Desvallées, courtier en assurances, vit dans une belle maison à la campagne, près de Paris, avec sa femme Hélène et leur jeune fils. Hélène se rend souvent à Paris, soi-disant pour faire du shopping, des soins esthétiques et aller au cinéma. Un jour, Charles découvre par hasard qu'elle n'était pas chez le coiffeur, contrairement à ce qu'elle prétendait. Suspicieux quant à la façon dont elle occupe son temps, il engage un détective privé pour la suivre. Ce dernier rapporte que sa femme voit régulièrement un écrivain nommé Victor Pégala à son domicile de Neuilly-sur-Seine.
Un jour où sa femme est occupée à organiser une fête d'anniversaire pour leur fils, Charles rend visite à Pégala. D'abord, il annonce jovialement à l'écrivain, visiblement déconcerté, que sa femme et lui vivent une relation libre et s'assoit pour bavarder avec lui. Il lui demande de visiter le petit appartement. À la vue du lit, son attitude change. Il aperçoit un briquet géant sur la table de chevet, un cadeau qu'il avait offert à sa femme pour leur troisième anniversaire de mariage. Soudain, il s'empare d'un buste en pierre et assomme Pégala de deux violents coups à la tête. Charles nettoie ensuite méticuleusement les lieux et efface toutes les empreintes digitales. Il emporte le corps de Pégala dans sa voiture et le jette dans un étang.
Les jours suivants, Hélène semble ne pas se sentir bien. Deux inspecteurs se présentent pour l'interroger au sujet de Pégala, porté disparu par son ex-femme. Le nom d'Hélène figure dans son carnet d'adresses, mais elle prétend n'avoir eu qu'une vague connaissance. Le soir même, les inspecteurs reviennent et interrogent Hélène et Charles, qui nie avoir jamais entendu parler de cet homme.
Plus tard, Hélène trouve une photo de Pégala dans la poche de la veste de son mari, avec son nom et son adresse au dos. Après l'avoir brûlée, elle rejoint sa famille dans le jardin et regarde Charles avec tendresse. Lorsque les deux inspecteurs reviennent, Charles déclare son amour à Hélène et va leur parler.
Charles, un bourgeois, vit près de Versailles avec sa femme Hélène et son fils. Mais Hélène, qui s'ennuie, finit par le tromper. Charles se rend chez l'amant, le tue et dissimule son cadavre. Sans qu'il n'en parle, Hélène devine son acte. La vie reprend comme avant et rien n'est dit sur le sujet, même quand la police vient arrêter Charles.


Le plus parfait
des "drames bourgeois" tournés par Chabrol dans les années
60.
La séquence initiale introduit dans un monde bourgeois où règne un bonheur féerique avec famille unie, de la grand-mère au petit-fils, chaumière (toit de chaume), fleurs et impression vaporeuse rendue par un filtre sur une caméra qui s'approche doucement des personnages.
Ce bonheur est acquis au prix d'un cérémonial convenu : "Le moindre changement dans mon mode de vie pourrait troubler cette harmonie" dit ainsi Charles lorsque sa mère lui propose de faire du sport. Les dissonances musicales et le brusque changement d'échelle, fugitif, entre deux plans moyens, révélant Hélène surprise au téléphone sera le déclencheur des soupçons de Charles.
Le soir, même cérémonial bien réglé, le jeune Michel lit une bande dessinée, alors que le père va jusqu'à apprécier, à la télévision, un interlude sur des verres en cristal. Scène remarquable du couché où les corps sans désir ne veulent pas se toucher.
Le meurtre n'est pas prémédité, c'est une pulsion qui ne peut être contenue par les épaisseurs de civilités bourgeoises dont s'est entouré Charles : "Je ne peux plus" dit-il dans un souffle. Le blocage mental conduit à la crispation expressionniste puis à la libération de la pulsion et au meurtre.
Hélène ne peut que regretter cette "égratignure" au déroulement de sa vie bourgeoise et garde ainsi intacte son envie de vivre anesthésiante avec son mari.
Jean-Luc Lacuve, le 27/06/2009.