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Kai Skaug, armateur couronné de succès, vient de mourir à 54 ans. Sa mère et ses frères et sœurs, ainsi que leurs enfants et une foule d’amis et de relations se trouvent rassemblés pour les obsèques. Le testament de Kai, veuf et sans enfants, rassure immédiatement ses proches : la fortune leur est bien léguée et non à un centre de recherche sur le cancer, comme ils le redoutaient. Une condition sine qua non toutefois : son immense et prospère société, que gérera son frère Jon, doit être administrée par une famille unie.
Kai confie la présidence de sa société à son frère Jon, bibliothécaire de l'université, intelligent, intègre mais qui n'a pas le sens des affaires. Il est heureusement marié à Märta, plus vive avec qui il a deux enfants. La plus jeune, Hannah, douce et fragile, a eu un rire hystérique lors des funérailles et devient la légataire universelle de Kai devant s'assurer de ses dernières volontés. Elle ne reçoit pas d'actions, réparties entre les autres héritiers afin d'être épargnée par les conflits, mais hérite de la maison à Askerkollen. La maison de campagne à Haugastol revient à Jonas, son frère aîné et l'immeuble de la société en ville à Eva, leur autre sœur, qui y habite. La sœur de Jon, Rut, mariée à Sam Petterson, reçoit la maison de campagne Hvasseur. Leur mère, Gerd, reçoit une rente annuelle de 50 000 couronnes suédoises.
Pour se répartir le mobilier selon le détail fourni par Kai, tous se retrouvent dans la maison de Haugastol pour un week-end..
Anja Breien a le désir de filmer une famille bourgeoise, mais ne souhaite pas réaliser un film psychologique. Elle prend alors le biais matériel pour analyser les relations familiales qu’elle filme comme un ballet, et non par le prisme d’un personnage principal. Dans ce drame qui bascule dans la comédie satirique, Anja Breien dissèque la désagrégation de la cellule familiale. Toutes les barrières sociales tombent, amour filial, civilité, parenté…, laissant place au conflit larvé, aux petites rancœurs et aux grandes trahisons.
L’humour – et sans doute l’ironie – de Breien est vif. Elle en fait la démonstration puissante lorsqu’elle filme la scène de partage des biens sur l’air de La Pie voleuse de Gioachino Rossini/