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Né en 1932
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| Pop art |
| Joie de vivre | 1956 | Dresde, Musée de l'hygiene |
| Table | 1962 | Collection privée |
| Le cerf | 1963 | Collection privée |
| Schärzler | 1964 | Collection privée |
| Famille au bord de la mer | 1964 | Duisbourg, Museum Küppersmühle für Moderne Kunst |
| Tante Marianne | 1965 | Taipei, The Yageo Foundation |
| Monsieur Heyde | 1965 | Collection privée |
| Femme descendant l'escalier | 1965 | Chicago, The Art Institute of Chicago |
| Ema (Nu sur un escalier) | 1966 | Cologne, Musée Ludwig |
| Constellation | 1969 | Collection privée |
| 180 couleurs | 1971 | Philadelphie, Philadelphia Museum of Art |
| Deux sculptures pour un espace de Palermo | 1971 | Collection privée |
| L'Annonciation d'après Titien | 1973 | Washington, Smithsonian Institution. |
| Rouge-bleu-jaune | 1973 | Collection privée |
| 18 octobre 1977 | 1988 | New York, MoMA |
| Birkenau | 2014 | Berlin, Neue Nationalgalerie |
Gerhard Richter, né le 9 février 1932 à Dresde, figure parmi les peintres les plus importants de l’après-guerre. Sa jeunesse a été marquée par les régimes communiste et nazi en Allemagne. Sa relation difficile avec l’histoire allemande restera le thème central de son travail. Au début des années 1950, il étudie à la Kunstakademie de Dresde où il s’initie à la peinture réaliste socialiste, avant de déménager en Allemagne de l’Ouest pour étudier l’art avant-garde à la Kunstakademie de Düsseldorf.
En 1963, Sigmar Polke, Konrad Fischer et Gerhard Richter, inventent le réalisme capitaliste (référence ironique au réalisme socialiste) et du milieu à la fin des années 1960, leurs œuvres sont souvent classifiées comme représentant le Pop Art allemand. Ils s'intéressent en effet à l'iconographie populaire, notamment dans ses manifestations photo-journalistiques. Ils ne sont cependant pas des artistes pop à la manière très jubilatoire des peintres américains et anglais. Leur expérience personnelle de la guerre froide à travers la partition de l'Allemagne les rendent culturellement plus conscients et plus critiques. Ils s'intéressent moins à l'image elle-même qu'à l'interface conceptuelle entre l'image et les procédés matériels de la peinture.
Richter avait pour habitude de brouiller les liens entre ses tableaux et sa vie personnelle. Cela a d'ailleurs conduit les historiens de l'art à qualifier son œuvre de "sans auteur", dans la mesure où ils ont cru la déclaration de Richter comme quoi elle n'avait apparemment aucun lien avec la vie de son auteur. Richter avait ainsi immortalisé sa tante dans un tableau dans lequel elle tient Gerhard bébé dans ses bras. Ce tableau a été publié à l'origine sous le titre Mother and Child avant de prendre son titre d'aujourd'hui, Tante Marianne, suite à un article de 2002 du célèbre journaliste d’investigation allemand Jürgen Schreiber sur le peintre qui révèle qui la tante de Richter, Marianne Schönfelder, avait été assassinée par les nazis parce qu'elle était soupçonnée de schizophrénie. Ema (Nu sur un escalier) est aussi une version beaucoup plus personnelle de Femme descendant l'escalier réalisé quelques mois plus tôt. Ema, abréviation de "Marianne", était l'épouse de Gerhard Richter et partageait également son prénom avec la tante de Richter.
Cette partie de la vie de Gerhard Richter fait l'objet du biopic L'oeuvre sans auteur (Florian Henckel von Donnersmarck, 2018).
Dans une interview de 1966, Richter explique pourquoi il utilise des photographies comme source d'inspiration : « D'abord, parce que cela me fait gagner du temps. De nos jours, il faut travailler efficacement, et je n'ai aucune envie de passer un mois devant une toile. Ensuite, j'évite une certaine stylisation, inévitable lorsqu'on peint d'après nature, et que je souhaite justement éviter. »
Plusieurs émotions peuvent surgir en s'attachant au flou des images. Le souvenir généré par les photographies de famille dont on est séparé par le temps et l'espace est dorénavant un peu flou ; de même que devient floue la possibilité d'évoquer dans leur présent ceux dont on est séparé et qu'on ne reverra peut-être jamais. Pour les photographies liées à l'Allemagne, c'est le contexte contemporain qui est flou. Au lendemain de la défaite, il n'est en effet pas toujours facile de distinguer les nazis véritables de ceux qui n'ont adhéré au parti que pour pouvoir continuer leur travail.