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Les images des atrocités perpétrées pendant la Seconde Guerre mondiale, diffusées par les médias américains, hantent l'œuvre de Philip Guston. Les amoncellements de chaussures, les corps décharnés et enchevêtrés révélés lors de la libération des camps lui inspirent ses œuvres les plus tragiques. Par l'extrême simplicité de son iconographie, Martyr résume cette vision de l'horreur. Si le titre du tableau renvoie aux saints chrétiens, la réduction schématique à laquelle s'astreint Guston en fait une image universelle. C'est la cohérence, la fragilité des constructions humaines (une boîte, un portail?) que vient transpercer une pluie de flèches. Leur multiplicité, leurs pointes agressives disent l'acharnement, la violence aveugle, l'obsession de destruction des puissances qui se déchaînent contre la faiblesse et l'innocence.