Le châtiment de Korah

1482
The Punishment of Korah
Sandro Botticelli, 1481-82
Fresco, 348,5 x 570 cm
Fresques de la vie de Moïse pour la Sixtine, Vatican

Le message de ce tableau fournit la clé d'interprétation des décorations de la chapelle sixtine avant Le jugement dernier de Michel-Ange.

La fresque reproduit trois épisodes, chacun d'eux dépeint une rébellion contre Moïse et Aaron, les chefs des hébreux et les représentants de Dieu à la suite de laquelle la vengeance divine punit les agitateurs

Sur le côté droit est relaté la révolte des juifs contre Moïse, celui-ci est peint comme un vieil homme à longue barbe blanche portant un vêtement jaune recouvert d'un manteau vert-olive. Irrités par la longueur du voyage depuis leur départ d'Égypte, les juifs demandent la démission de Moïse. Ils veulent un nouveau chef qui les ramènera en Égypte et ils menacent de lapider Moïse. Heureusement, Josué se place entre eux et Moïse pour le protéger.

Le centre de la fresque montre la rébellion, sous les ordres de Korah,des fils de Aaron et de certains lévites qui défient l'autorité de Aaron comme grand prêtre et veulent sacrifier pour des offrandes insensées. A l'arrière plan se tient Aaron habillé en bleu, bien droit et digne qui balance un encensoir alors que ces rivaux tombe dans le sol ouvert par la colère de Dieu. Leur châtiment se poursuit sur la partie gauche de la fresque, les rebelles sont avalés par le sol qui s'et ouvert sous leurs pas. Les deux fils innocents de Korah, le chef des rebelles, flottent sur un nuage et sont ainsi à l'abris du châtiment divin.

Le message principal de ces scènes est explicite grâce à l'inscription dans la partie centrale de l'arc de triomphe : "Ne laisse aucun homme s'approprier l'honneur pour lui-même excepté celui qui a té appelé par Dieu comme Aaron l'a été". La fresque nous met ainsi en garde sur le châtiment divin qui s'abattra sur ceux qui s'opposent à ceux que Dieu a choisit comme ses représentants. Cet avertissement contient aussi une référence à la politique contemporaine au travers du portrait de Aaron. Il est peint portant la tiare bleu et or à trois anneaux des papes et est ainsi caractérisé comme leur prédécesseur.

C'est ainsi un avertissement à ceux qui remettent en question l'autorité du pape sur l'église. Le pape se réclame d'une autorité lui ayant été donnée par Dieu ; l'origine en étant la remise par le Christ à Pierre des clés du royaume des cieux, lui assurant ainsi l'autorité sur la jeune église. Le Pérugin a peint se moment crucial de la doctrine papale juste en face de la fresque de Botticelli.

Comme il le faisait fréquemment, Botticelli a inclus deux de ses contemporains dans ces scènes bibliques. Ils se tiennent, pour l'un, devant la façade du palais renaissance et, pour l'autre, à l'arrière plan.

L'arc de triomphe est la copie presque exacte de l'arc de triomphe de Constantin. On ne distingue plus bien aujourd'hui les ruines classiques à l'arrière-plan très visibles du temps de Botticelli. Elles constituent les restes d'un aqueduc construit par l'empereur Septimius Severus qui conduisait l'eau dans ses bains construits sur la colline du Palatin. L'église avec un clocher est un motif du nord des alpes alors que les splendides vaisseaux peuvent être une référence à la flotte papale.

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