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Figure composite, fruit d'une condensation entre trois femmes citées par les Evangiles, Marie-Madeleine est vite devenue une star des représentations iconographiques.
De bonne heure la tradition a en effet confondu en la personne de Marie-Madeleine trois femmes que les évangiles placent dans l'entourage ou sur le chemin de Jésus :
A la fin du moyen-age les théologiens ont longuement débattu pour savoir s'il y avait dans Madeleine trois femmes ou une seule ; mais la tradition resta la plus forte. Après l'Ascension du christ, avec Marthe et Lazare, Marie-Madeleine serait arrivée en Provence, où le frère et les deux surs auraient converti à la foi chrétienne de nombreuses populations. Puis elle se serait retirée du monde pour faire pénitence, dans la grotte de la sainte Baume, où elle demeure trente années. Elle meurt toutefois à Aix en Provence où des anges l'ont transportée afin de recevoir la dernière communion. Plus tard ses reliques auraient été transférées en Bourgogne.
Cette partie provençale de l'histoire de Marie-Madeleine n'a aucun fondement scripturaire ni historique. Elle parait avoir été forgée au XIème par des moines de Vézelay pour expliquer et authentifier la présence des reliques dans leur église (but d'un pèlerinage de grande envergure).
Cependant le culte de Marie-Madeleine ne se limitait pas à la Provence ou à la Bourgogne ; il était répandu dans toute la chrétienté.
La Contre-réforme contribua à l'étendre encore davantage, en faisant de Marie-Madeleine la personnification du sacrement de pénitence. Entre La Vierge Marie à la pureté innaccessible et Eve la pécheresse, Marie-Madelaine, dont la longue chevelure rapelle sans cesse son ancien métier de prostituée, permettait à l'église catholique de fournir un modèle moral. Il permet par la pénitence et les pleurs de passer de la fille d'Eve à la fille de Marie.