Le logo de la Warner est un écusson frappé des initiales WB associé à une musique entraînante au rythme rapide. Il constitue une image de marque appropriée, placée, à un triple titre, sous le signe de l'action : la vitesse tient lieu de style ; la confrontation n'est pas évitée ; mais la recherche de la polémique contemporaine peut se muer aussi en goût de l'aventure, l'écusson se refaisant blason médiéval. L'esprit Warner a quelque chose de battant, et de combattant
 

Réalisateurs :

Busby Berkeley
Michael Curtiz
Raoul Walsh

 

Producteurs :


Darryl F. Zanuck



Acteurs:


Errol Flynn

Tandis que la MGM, avec les cinéastes du grand style Metro, tend à considérer le cinéma comme le septième art dans la tradition plastique de la peinture et de la sculpture, la Warner voit dans le cinéma moins un art qu'une forme d'expression comparable à la presse. Au luxe des moyens de la Metro, la Warner opposerait l'esprit d'invention; à la dépense excessive, l'efficacité du rythme ; au conservatisme hypocrite de l'apolitisme, l'engagement dans des causes progressistes.

Issue d'une fusion, la Warner a deux raisons sociales : Warner brothers -"Warner Frères" et First National, utilisées selon des convenances dont le critère nous échappe ; elle a en outre absorbé la Vitagraph, détentrice du brevet Vitaphone sur lequel se fonde la stratégie du all talking ! all singing ! et le succès de The jazz Singer. Parmi les quatre, puis trois frères associés dans la compagnie (Sam meurt en 1927), Harry préside, Albert est trésorier - tous deux sont basés à New York - tandis que Jack L. Warner, à Hollywood, dirige le studio et s'occupe personnellement de la production des films Il est assisté par Darryl F. Zanuck, directeur de la production de 1931 à 1933, puis par Hal B. Wallis (de 1933 à 1946) enfin par Jerry Wald.

Darryl F. Zanuck, qui était sorti du rang comme scénariste, fut nommé chef de production de la Warner. C'est à lui que l'on doit le lancement des séries de films de gangsters et des comédies musicales qui firent le succès de la Warner après le renom qu'elle s'étftit acquis grâce à l'utilisation du système sonore Vita-phone. Zanuck et Jack Warner s'entendaient très bien mais les mesquineries de Harry Warner poussèrent Zanuck à démissionner. Son poste fut alors confié à Haï B. Wallis qui, ayant su s'entourer de superviseurs, de réalisateurs et de scénaristes de talent, contribua à remplir les caisses du studio.

Tous ceux qui signaient un contrat avec la Warner devaient aussitôt déployer une activité frénétique : au début des années 30, par exemple, un cinéaste comme Michael Curtiz parvenait à diriger cinq ou six films par an et, en 1932, un acteur de renom comme George Brent tourna au moins sept films. Confinés dans leurs bureaux, les scénaristes de la Warner s'ingéniaient plus à trouver un système pour échapper au contrôle sévère de Jack Warner qu'à rédiger leurs sujets. Et quand Jack, pour les pousser à travailler, leur interdit l'usage du téléphone, tout le service se mit alors à défiler devant lui pour utiliser l'unique téléphone payant du studio.

Le rythme de travaux forcés imposé par Jack Warner provoqua certains désaccords qui restèrent célèbres. Des vedettes de premier plan comme Bette Davis et James Cagney en vinrent à contester les rôles qu'on leur demandait d'interpréter : espérant tourner, de meilleurs films en Grande-Bretagne, Bette Davis intenta une action pour faire annuler son contrat, mais elle perdit la cause. Cagney réussit à réaliser deux films pour son propre compte mais ensuite, comme Bette Davis, il revint à la Warner quand il se vit proposer de meilleurs rôles.

Une autre pratique du studio soulevait l'indignation des acteurs : la date d'expiration d'un contrat était repoussée d'une période égale au temps perdu par suite du refus d'accepter un rôle. Olivia de Havilland, par exemple, suspendue six fois au cours d'un contrat de sept ans pour avoir refusé de prendre part à des films qui ne lui plaisaient pas, cita la Warner en justice et elle gagna le procès, épisode qui lui coûta une absence sur les écrans de plus d'un an.

Entre-temps, après s'être dégagé de la Warner, Darryl F. Zanuck réussit, grâce à son renom, à convaincre le financier Joe Schenck de lui fournir les capitaux nécessaires pour créer une nouvelle maison cinématographique, compagnie se contenta de produire des films qu'elle distribuait grâce à l'United Artists, puis, en 1935, après sa fusion avec la chancelante Fox Film Corporation, la nouvelle 20th Century-Fox commença à tourner des films dans ses propres studios et à s'occuper de leur distribution.