Coup d'état
1973

Un jour de l'été 1935, une femme apporte à Ikki Kita, révolutionnaire japonais des années 1910-1930, un paquet contenant les vêtements tachés de sang de son frère Asahi. Ce dernier, influencé par les idées de Kita, s'est donné la mort après avoir assassiné le président du groupe financier Yasuda. En prenant connaissance de la lettre d'adieu d'Asahi, Kita réalise que, pour la première fois, ses idées ont été traduites en actes. Quelques mois plus tard, Kita se présente chez le président de la puissante banque Mitsui, avec les vêtements d'Asahi, ce qui représente une sourde menace. Inquiet, le financier remet à Kita une importante somme d'argent. Kita est-il un vrai révolutionnaire ou un simple aventurier ?

Un jeune soldat, ardent patriote, s'enthousiasme pour les idées de Kita, et réussit à se faire admettre dans un groupe de conjurés, animés par l'esprit du livre de Kita, "Plan du renouveau nippon". Ne recevant aucune instruction de passer à l'action, il va voir un sous-officier, membre du groupe. Celui-ci lui annonce que le complot a échoué. Le soldat finit par trouver Kita, qui lui explique le sens du complot, mais refuse de donner des directives précises : pour lui, les actes ne sont pas du domaine de l'idéologue. Finalement le soldat reçoit l'ordre de faire sauter une centrale électrique. Mais le courage lui manque pour exécuter cet attentat, et il va s'excuser de sa lâcheté auprès de Kita. Les conspirateurs, déçus par ce complot avorté, attaquent l'ami de Kita, Nishida, qui est grièvement blessé : pour eux, Nishida est un traître.

La tension monte entre les contestataires de l'Armée, et les tenants du régime. Un dirigeant du Ministère des Armées est assassiné par un meneur contestataire. Le "coup d'État" a finalement lieu le 26 février 1936, organisé par des officiers fidèles à l'Empereur et une partie de la Garde Impériale. La loi martiale est décrétée. Le coup d'État a pris une toute autre tournure que celle prévue par Kita. Les officiers sont restés fidèles à l'Empereur, dont l'image est trop forte.

Peu après, Kita est exécuté. Depuis un mois déjà, l'armée japonaise a envahi la Chine...

Ce film traite du coup d’État raté du 26 février 1936, et d’Ikki Kita, théoricien socialiste ultranationaliste. Du point de vue du pouvoir, la gauche comme la droite, la révolution socialiste comme le régime impérialiste, ont les mêmes bases et ne sauraient être que des phénomènes parallèles. Avec Eros + Massacre et Purgatoire eroica, ce film livre ma vision de l’histoire contemporaine.

critique du DVD
Editeur : Carlotta, mars 2009. Nouveaux masters restaurés. Langue : japonais. Sous-titres : français. Prix public conseillé : 25 €

Purgatoire eroica et Coup d'Etat

Suppléments: Préfaces de Kijû Yoshida et Bandes-annonces

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(Kaigen rei). Avec Rentaro Mikuni (Kazuki Kitamura / Ikki Kita), Yasuyo Matsumura (Suzu, sa femme), Yazue Miyake (Le jeune soldat), Akiko Kurano (sa femme), Tadahiko Sugano (Nishida), Taketoshi Naitô (L'officier), Key Linuma (Iwasa), Mancho Tsuji (Heigo Asahi), Masako Yagi(la soeur de Heigo). 1h50.

dvd chez Carlotta Films