|
|
|
|
|
Lester James Peries |
![]() |
|
(1919-2018) |
||
| 16 films | ||
| 1 | ||
| 2 | ||
Lester James Peries naît le 5 avril 1919 à Colombo, capitale de ce que l’on appelait encore Ceylan, dans une famille bourgeoise catholique.
Il découvre le cinéma adolescent au Colombo Film Society, un des premiers ciné-clubs créés en Asie. Il s’y passionne notamment pour les films américains de l’époque et surtout pour Citizen Kane, d’Orson Welles, dont les audaces techniques le fascinent. Il commence une carrière de journaliste avant de rejoindre son frère, jeune artiste peintre ayant reçu une bourse, à Londres. Il y restera six ans, d’abord à écrire pour le Times, notamment des critiques de films. Avec un compatriote cameraman, il tourne son premier film en amateur, Soliloquy (1949), un court-métrage expérimental. Le critique de cinéma et futur réalisateur Lindsay Anderson le remarque et l’incite à retourner à Ceylan pour y faire des films.
Lester James Peries réalise une série de documentaires au sein de la Government Film Unit alors dirigée par Ralph Keene, un des grands documentaristes britanniques. Les sujets imposés (la malaria, la sécurité routière) lui apparaissent comme autant de défis à relever : comment se tirer d’un matériau de base un peu ingrat.
Il crée sa compagnie de production et son premier long-métrage de fiction, La ligne du destin (1956), premier film sri-lankais tourné en extérieurs, l’industrie locale préférant jusqu’alors les films de genre réalisés systématiquement en studio. Le film ne rencontre aucun succès, déroutant un public peu habitué à ce type de récits. Il décrit un conflit entre raison et superstition, à travers l’histoire d’un jeune garçon exploité par son père qui fait croire qu’il a le pouvoir de guérir. L’actrice Maria Schell le remarque et le conseille à la direction du Festival de Cannes. Le film y est invité en 1957. Il y est repéré notamment par l’historien du cinéma Georges Sadoul qui présentera Lester James Peries à Henri Langlois, fondateur et délégué de la Cinémathèque française.
Changement au village, réalisé en 1963 (Grand Prix au Festival de New Delhi) sera la première partie d’une trilogie adaptant une série de grands romans écrits par le Sri-Lankais Martin Wickramasinghe (1890-1976). Kaliyugaya, tourné presque vingt ans plus tard, en reprendra les personnages interprétés par les mêmes acteurs. Chronique familiale étendue sur plusieurs décennies, les films décrivent avec acuité les changements sociaux intervenus au Sri Lanka. Les rapports de classes sont savamment disséqués au cœur des descriptions de la vie familiale. En 1964, il épouse Sumitra Gunawardana, elle-même cinéaste, qui a monté Changement au village et collaboré à nombre de ses films.
Entre deux mondes (1966) et Le Trésor (1972) sont des récits sombres (drame de la culpabilité et portrait d’un aristocrate déchu que sa folie conduit au meurtre) qui contredisent l’image d’un cinéma asiatique uniquement centré sur la vie rurale. Après une aventure malheureuse, la production britannique de la luxueuse épopée The God King, en 1974, fut mouvementée et vit notamment la défection du comédien Ben Kingsley. Lester James Peries tourne en 1980 Le village dans la jungle. Le rôle d’un juge colonial britannique y est confié à Arthur C. Clarke, écrivain de science-fiction, auteur entre autres de 2001 : l’Odyssée de l’espace et qui vit au Sri Lanka depuis 1956.
Le Domaine, présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2003 et nommé aux Oscars, est une adaptation assez libre de La Cerisaie de Tchekhov et encore la peinture d’une classe aristocratique condamnée par l’Histoire. Les films de Peries ont été décrits par lui-même comme des « contemplorary studies of life », études contemplatives sur la vie, souvent révélatrices d’un état de la société. Fasciné par le cinéma d’un Ozu ou d’un Bresson, se disant aussi héritier des leçons de la Nouvelle Vague française, Peries est l’auteur d’une œuvre exprimant d’autant plus violemment la cruauté du monde qu’elle le fait sans ostentation ni effet formel trop voyant. Il est sans doute dommage (et même scandaleux) que ces films n’aient pas bénéficié d’une plus large diffusion en France.
Filmographie :
Courts métrages :
1949 : Soliloquy
1950 :
Farewell to Childhood ; A Sinhalese Dance
1954 : Conquest in the Dry Zone
1955 :
Be Safe or Be Sorry
1960 :
Sandesaya
1961 : Too Many Too Soon
1962 :
Home from the Sea
1964 :
Forward into the Future
1966 : Delowak Athara
1969 :
Steel
1970 :
Forty Leagues from Paradise
1971 :
Kandy Perahera
1972 :
Akkara Paha
1977 : Ahasin Polowata
1979 :
Pinhamy
Longs-métrages :
| 1956 | La ligne du destin |
| (Rekava). Avec : Somapala Dharmapriya (Sena), Myrtle Fernando (Anula), Shesha Palihakkara (Miguel), Romulus de Silva (Le chef du village). 1h29.
Une petite fille aveugle est "guérit" par son ami. Bien que la fillette soit convaincue de sa guérison, le garçon, en réalité, ne possède aucun pouvoir de ce genre. Le père du garçon trompe les villageois en leur faisant croire qu'il est un guérisseur, mais la supercherie est finalement découverte, provoquant la révolte du village contre le garçon et sa famille. |
|
| 1963 | Changement au village |
![]() |
(Gamperaliya). Avec : Punya Heendeniya (Nanda), Henry Jayasena (Pryal Weliweli), Wickrema Bogoda (Tissa), Trelicia Gunawardena (Anula), Gamini Fonseka (Jinadasa). 1h45.
Nanda, amoureuse de Piyal, est donnée en mariage à Jinadasa, qui est du même rang social qu’elle. Une affection sincère naît entre les époux malgré cette union arrangée. À la mort de Jinadasa, Nanda retrouve Piyal et l’épouse. Mais l’amour qu’ils partagent porte le poids des épreuves passées et le souvenir du premier mari vient les hanter. |
| 1967 | Ran salu |
| Avec : Punya Heendeniya (Sujatha), Tony Ranasinghe (Cyril), Anula Karunatilleka (Sarojinia). 2h05.
Cyril est insatisfait de sa fiancée introvertie, Sujatha. Il entame une relation avec Sarojini, plus extravertie, et la met enceinte. Sujatha, quant à elle, est fascinée par une nonne bouddhiste errante. À cause de cette grossesse, Cyril rompt leurs fiançailles, n'ayant aucune intention d'épouser Sarojini. Il subvient à ses besoins jusqu'à la naissance de l'enfant, puis la quitte pour une femme riche plus âgée. Désespérée, Sarojini songe au suicide. Sujatha, de son côté, envisage de devenir nonne. |
|
| 1969 | Le coeur silencieux |
| (Golu hadawatha). Avec : Wickrema Bogoda (Sugath Weerasekara), Anula Karunathilake (Damayanthi Kariyawasam, "Dhammi"), (Wijeratne Warakagoda (Sarath Weerasekara), Sriyani Amarasena (Champa). 2h00.
Dhammi est une écolière espiègle. Sugath Weerasekara est un garçon timide et introverti, nouvel élève dans la même école. Calme et doué, il attire immédiatement l'attention de Dhammi, qui devient son ami. Leur amitié se transforme peu à peu en une relation amoureuse. Orphelin depuis son plus jeune âge, Sugath a un frère,Sarath, étudiant à l'université. Il confie à Sarath sa relation avec Dhammi. Le jour de l'examen final, Dhammi lui avoue qu'elle ne l'aimait que comme un frère et lui demande de ne plus espérer. Le cœur brisé, Sugath rentre chez lui pour retrouver Sarath. Entre-temps, il réussit brillamment ses examens et Sarath épouse Champa, qui accepte Sugath comme son propre frère. Mais Sugath est incapable d'oublier Dhammi. Il ne cesse de penser à elle et se met à boire excessivement pour apaiser sa douleur. Il perd également son emploi d'enseignant et quitte le domicile qu'il partage avec la famille de son frère. Un jour, Dhammi vient le voir et lui révèle le secret de son changement soudain. Elle explique que sa famille a arrangé son mariage avec son cousin, Nihal, des années auparavant, alors qu'elle était encore très jeune. Elle confie à Sugath qu'elle l'aimait, même en sachant qu'elle ne deviendrait jamais sa femme. Elle le supplie de lui pardonner d'avoir joué avec ses sentiments et le prie de changer pour elle et de rentrer à la maison. |
|
| 1972 | Le trésor |
![]() |
(Nidhanaya). Avec : Gamini Fonseka (Wilson 'Willie' Abeynayake), Malini Fonseka (Irene Abeynayake), Francis Perera (Juwanis), Saman Bokalawala (Julius), Mapa Gunaratne (Docteur), Shanthi Lekha (La mère d'Irene), Trilicia Gunawardena (Dulcie). 1h48.
Willie Abeynayake, dernier héritier d’une famille aristocratique déchue, s’accroche à l’espoir d’un salut après avoir dilapidé sa fortune et accumulé les dettes. Un ancien manuscrit évoque un trésor enfoui sous un rocher, accessible seulement par le sacrifice d’une jeune femme. |
| 1972 | Desa Nisa |
| 1974 | Le tombeau du maharadjah |
| 1976 | Madol Duwa |
| 1977 | Ahasin Polowata |
| Avec : Tony Ranasinghe (Sarath), Vijaya Kumaratunga (Vijay), Sriyani Amarasena, Vasanthi Chathurani, Shanti Lekha, D.R. Nanayakkara.
Le docteur Sarath exerce une domination abusive sur sa femme timide, Vineetha. Celle-ci décède lors d'une opération chirurgicale et Sarath est condamné à vivre avec le souvenir de sa femme qui plane au-dessus de lui. |
|
| 1978 | Veera Puran Appu |
| 1980 | Le village dans la jungle |
|
(Baddegama). Avec : Joe Abeywickrama (Silindu), Arthur C. Clarke (Leonard Woolf), David Dharmakirthi (Mudalithana), Malini Fonseka (Punchi Menika), Nadika Gunasekera (Hinnihamy), Trelicia Gunawardena (La soeur de Silindu). 2h10.
Au tournant du XXe siècle, dans un village de la jungle, une famille est menacée de toute part et acculée à la ruine. Le père résiste, mais ses deux filles sont l’objet de nombreuses convoitises. |
| 1982 | Kaliyugaya |
![]() |
Avec : Punya Heendeniya (Nanda), Henry Jayasena (Pyral Weliwela), Trelicia Gunawardena (Anula), Wickrema Bogoda (Tissa), Sanath Gunathilake (Alan). 1h23. Piyal et Nanda ont vieilli et leurs enfants les ont quittés. Priya se remémore sa vie après avoir reçu une lettre de son fils de Londres, dans laquelle il l'accuse, elle et son mari, de divers défauts. |
| 1985 | Yagunthaya |
| 1990 | Awaragira |
| 2002 | Le domaine |
![]() |
(Wekande Walauwa). Avec : Malini Fonseka (Sujata Rajasuriya, la veuve), Vasanthi Chathurani (Sita, la dille adoptive), Sanath Gunathilake (Gunapala,le frère), Paboda Sandeepani (Aruni, l'adolescent), Ravindra Randeniya (Lucas, l'enfant), Iranganie Serasinghe (Tante Catherine), Asoka Rodrigo (L'inspecteur), Alwis Nuwangi (Liyanage, le serviteur). 1h23.
Très librement inspiré de La Cerisaie d'Anton Tchekhov, le film suit une famille d'anciens riches propriétaires terriens sri-lankais expatriés, désormais ruinés, qui reviennent d'Angleterre dans leur magnifique domaine. Une étude profondément émouvante d'une caste et d'un pays déchirés par les bouleversements sociaux. |
| 2006 | Ammawarune |
| Avec : Malini Fonseka (Sumanawathi), Roshan Pilapitaya (Saliya, son plsu jeune fils), Pradeep Dharmadasa (Kassap , son fils ainé), Gayani Gisanthika (Premalatha, sa fille) Asoka de Zoysa (Ranbanda,son gendre), Sanath Gunathilake (Le médecin)
Un moine bouddhiste, un soldat et une jeune fille victime de violences conjugales sont frères et sœur. La mère, désespérée de ne pouvoir voir ses fils, sombre dans la folie. Un attentat à la bombe bouleverse leurs vies, la mort venant semer le chaos dans leur chagrin. |
|