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Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme Mi-ri, ses enfants, le jeune Ri-one et la jeune Si-one passionnée de violoncelle, ses chiens, sa maison. Mais l'usine est rachetée par les Américains qui licencient drastiquement. Man-su a beau avoir répété un discours avec les ouvriers de l'équipe qu'il dirige, il est à peine écouté : Aucune autre solution, lui inflige-t-on. Il doit participer à des réunions de motivation, auto persuasion ou le licenciement est une nouvelle occasion de se relancer, de faire le point sur ses compétences pour progresser.
Une fois qu'on lui a retiré tout ce qui fait le sel de sa vie: maison, chien, meuble, cours de danse et tennis de sa femme de violoncelle, Man-su s'est pourtant résolu à travailler dans un entrepôt de grand magasin. Il lâche ce travail quand il est appelé d'urgence par un ancien collègue pour une place dans une autre papeterie mais il doit répondre à la question : "Dites-nous, quel est votre point faible ?". Au jury interloqué, il ajoute crispé et ébloui par le soleil : " … ne fait pas partie de mon vocabulaire". Il n'aura pas le poste mais il n'est que l'un des postulants.
Avec sa femme, il regarde la publicité pour sa boite faite par l'un des cadres de la boite, Sun-chul,. Man-su et Mi-ran pensent qu'il ferait mieux. Man-su suit Sun-chul et pense pouvoir l'assassiner en lui jetant un pot de fleur sur la tête. Mais l"éliminer ne servirait à rien si d'autres postulants sont embauchés à sa place. Il rédige ainsi une annonce d'emploi fictive et reçoit de nombreux dossiers de candidature : deux postulants mieux que lui se détachent: Goo Beom-mo, et Go Si-jo. Il doit les éliminer s'il veut être embauché une fois qu'il aura tué Sun-chul.
Il pense pouvoir assassiner Beom-mo dans la forêt mais il s'enfuit devant sa femme, Ara, qui le réprimande. Lui-même tombe à la renverse, mordu par une vipère. Ara lui retire le venin en dépit du bon sens. Heureusement il ne devait pas être virulent car rentré chez lui il ne ressent toujours rien. Sa femme s'inquiète mais un autre soucis. La professeure de violoncelle de Si-one leur révèle que leur fille est géniale et qu'elle doit prendre des cours d'un autre niveau que le sien qui coûte très cher donc.
Lors de sa seconde tentative pour tuer Beom-mo, il ne découvre dans la maison que sa femme avec un amant. Mais Beom-mo rentre plus tôt que prévu. Et pris de pitié pour lui, tente de le dissuader par téléphone de ne pas entrer : peine perdue. Il faudra attendre un tourisme tentative pour le tuer mais il es est empêché par la femme de Beom-mo qui pourtant épuisée finit par tuer son mari qui n'a montré aucune dignité.
Tuer Go Si-joest un peu moins compliqué même s'il s'identifie aussi avec cet ex-cadre consciencieux réduit à vendre des chaussures et payé à la commission. Il le tue dans une embuscade sur une route déserte. Il laisse une douille par terre. Man-su a oublié le gala de danse pour lequel il s'est longuement entraîné avec sa femme à laquelle il avait acheté ses belles chaussures dorées. Min-ri en Pocahontas danse ainsi seule avec un collègue, alors que Man-su fait une timide apparition en John Smith. Au retour, il lui fait une scène de jalousie.
Pendant ce temps, leur fils a cambriolé un entrepôt de téléphones avec son ami. Au matin, la police est devant la maison et Man-su est sur le point d'avouer ses crimes. Il dissuade Ri-one d'avouer et l'accompagne lors de son interrogatoire pendant que Mi-ri est prête à s'offrir au père du complice de son fils pour qu'il retire sa plainte : l'entrepôt lui appartenant. Mais Man-su lui évite ce sacrifice en révélant à son voisin que les caméras de surveillance ont aussi détecté qu'il se servait de l'entrepôt pour y amener ses maîtresses.
Man-su s'apprête à découper à la tronçonneuse le corps de Si-joest après avoir recouvert de bâches les vitres de sa serre mais il a laissé le toit libre et Ri-one le voit faire. Toutefois, Man-su renonce à la tronçonneuse et enserre le cadavre dans des liens de bonsaï pour en faire une masse cubique compacte qu'il enterre dans le jardin a coté d'un arbre qu'il plante. La police vient à nouveau enquêter mais surtout le prévenir que des anciens cadres de la papeterie ont disparu peut être tués : une douille d'un pistolet de guerre vient d'être retrouvées ; ne serait il pas le troisième sur la liste ?
Mi-ri comprend qu'il est l'assassin en découvrant le pistolet du grand-père remplacé pour un jouet en plastique mais elle rassure son fils : ce qu'il a cru être un cadavre qu'on s'apprêtait à découper, n'était qu'un cochon. Man-su se rend chez Sun-chul . Il le fait boire excessivement et l'étouffe en lui enfournant en bouche un entonnoir d'alcool et de viande.
Man-su est convoqué par les cadres de l'entreprise de papaterie. Il obtient le poste à condition d'acceper les licenciement massifs qui ont eu lieu.
Le matin il est joyeux de partir au travail et raclame la ceremonie du hug familial. En arrivant à l'unsile il se retrouve seul face ua machine. Ilse rejouitde son triompheindiffrent au fait quil nait plsu quàa controler des machines dans une usine où il subsite comme seul humain.
Violente farce anticapitaliste pleine de métaphores visuelles. Le corps des chômeurs nourrissent les arbres qui devenus grands sont abattus par des machines pour en faire de la pâte à papier ; des anguilles offertes par les patrons aux salariés méritant rapidement confondues en serpent. Les bonsaï sont torturés pour ne pas pousser droit... et surtout une rage de dent.
Certes Man-su ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec mais il a la rage et ne veut pas se faire soigner. Il passe outre la voie normale, celle de sa femme au début ou celle de Ara qui consiste à prendre un travail moins rémunéré et différente du premier quitte à aller habiter dans un minuscule appartement. Cette rage de dent qui l'accompagne le pousse à traiter le mal par le mal et ce n'est que lorsqu' il s'extirpe sa dent affreusement cariée avec une pince qu'il peut se comporter en homme normal: il fait habilement disparaître les traces de son passage et il réussit l'entretien d'embauche. Mais il a perdu toute valeur humaine, devenu le dernier zombi parmi les machines.
Man-su accomplit ses trois meurtres en se reconnaissant dans ses victimes, épaves qu'il deviendrait lui-même (les pilons de poulets gras, irrémédiable déchéance vis à vis de sa femme) s'il restait plus longtemps sans travail pour les deux premiers et épave qu'il deviendra pour le troisième, cadre surexploité.
Park retrouve sa veine féroce, celle de sa trilogie de la vengeance : Sympathy for Mr Vengeance (2003), Old Boy (2004) et Lady Vengeance, (2005) et celle de la satire sociale de Je suis un cyborg. Elles sont sans doute plus difficiles à aimer que sa veine plus lyrique : Thirst, ceci est mon sang (2009), Stoker (2013), Mademoiselle (2016) ou Decision to leave (2022).
Jean-Luc Lacuve, le 16 février 2026