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Durant la Première Guerre mondiale, un train est immobilisé par un bombardement ; un jeune soldat profite de l'occasion pour se rendre dans son village natal et revoir ses parents.
D’abord intitulé Le Déserteur, le quatrième film de Léonide Moguy est rebaptisé Je t’attendrai par un frileux et tatillon Comité de censure. Banni des écrans après-guerre en raison de la présence de Corinne Luchaire, collabo officielle aux yeux du cinéma, il est redécouvert sept décennies plus tard par un Quentin Tarantino enthousiaste, à l’initiative de sa restauration.
Ce qui séduit Moguy à l’époque, c’est le défi d’une histoire à filmer en temps réel. Pari réussi : le montage instaure une tension permanente, le rythme est enlevé, et la photographie magnifie la campagne alentour. Si Moguy situe l’action en 1914 pour éviter tout amalgame, son sujet reste brûlant d’actualité, se doublant au passage d’une réflexion sur la place que les anciens laissent aux jeunes.