Avec : Hélène Fillières, Mathieu Amalric, Pierre Pellet, Philippe Suner, Daniel Cohen, Silvie Laguna. 2h01.
En attendant une critique plus détaillée voici des extraits de celle de Jean-Michel Frodon (Le monde 28.05.2003) :
L'histoire
de Boris et Marilyne se déroule en trois moments de deux jours
marquant leur relation amoureuse. Au commencement, il est cinéaste
sans le sou essayant de se refaire en tournant un film d'entreprise pour
la boîte de télécom dont elle est cadre efficace et
dynamique, ils vont s'aimer passionnément... D'entrée de
jeu, le film se présente comme une comédie musicale (paroles
et musique de Philippe Katerine), avec tout ce qu'on veut de parodique,
mais le vrai risque de chanter, de s'exposer physiquement. Et voici que
cette introduction codée, dont le spectateur averti est prêt
à sourire, dure plus que de raison, d'où début d'inquiétude
: tout le film va être comme ça, entre kitsch publicitaire
et ironie décalée ? Non. Trois petits tours souriants du
côté des galères du cinéma d'auteur, des séquences
de comédie écrites au cordeau, et puis on saute dans le
temps, dans l'espace.
Marilyne et Boris ont deux enfants. Elle a grimpé dans l'organigramme,
il a stagné dans l'art et essai. Il s'occupe des mômes à
Ibiza, où elle monte une joint venture qui concerne d'abord son
propre corps, son propre désir. Boum, la vie est cassée.
Tombé de haut, Boris aborde en naufragé une plage où
scintille une gargote de travelos. C'est absurde, folklo, limite malsain
? Mais non. C'est un moment tout simple, évident, chaleureux. On
n'en est qu'à la moitié du film.
Ensuite ce sont les Pyrénées, La danse à l'aube des coqs de bruyère, les belles touristes américaines, le visage devenu magique d'Hélène Fillières sous son petit bonnet, la barbe de nain de jardin qui rend Mathieu Amalric encore plus réel, vivant, triste et beau. Au cours de ce troisième acte, c'est comme si toutes les audaces, toutes les exigences et toutes les interrogations, tressées serrées dans les deux premières parties, s'épanouissaient en bouquet.
Début
dans le long métrage de cinéastes qui, grâce à
deux films courts, Fin d'été et La Brèche de
Roland, ont déjà conquis l'attention des cinéphiles.
Reprise du modèle de la comédie sophistiquée des années
1930 dans sa version "comédie du remariage" dont Cette
sacrée vérité de Leo McCarey est l'archétype.