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Le tombeau Hindou

1959

Voir : Photogrammes
Genre : Aventures

(Das Indische Grabmal). Avec : Paul Hubschmid (Harald Berger), Debra Paget (Seetha), Walter Reyer (Chandra), Claus Holm (Walter Rhode), Sabine Bethmann (Irène Rhode), Rene Deltgen (Ramigani). 1h41.

Une caravane recueille Mercier et Seetha qui ont fui Eschnapur et se sont perdus dans le désert. Ils se cachent dans la montagne mais sont bientôt rejoints par les hommes de Chandra.

Mercier est mis aux fers et Seetha gardée à vue dans une prison dorée. Pendant ce temps, la soeur de Mercier et son mari, le docteur Rhode, sont arrivés à Eschnapur. Chandra leur laisse croire que Mercier est mort au cours d'une chasse au tigre. Sous prétexte de poursuivre les travaux entrepris. Rhode et sa femme, dont les soupçons ont été éveillés, partent à sa recherche dans les souterrains du palais.

Entre-Temps, la révolte éclate, Chandra est détrôné par son frère, Ramighani, aidé par les prêtres. Quant à Mercier, il parvient à se libérer de ses chaînes. Errant dans les souterrains, il retrouve sa soeur et son beau-frère puis, au terme de durs combats, Seetha.

Chandra de son côté est délivré par une fraction de l'armée restée fidèle. Va-t-il se débarrasser définitivement de son rival et murer vive Seetha dans le somptueux tombeau qu'il a pour projet de lui édifier ? Non, dans un geste magnanime, il libère les deux jeunes gens et, laissant le palais et ses honneurs, va trouver asile auprès d'un ermite.

Film germano-franco-italien, suite de la première partie constituée par Le tigre du Bengale.

Analyse de Jacques Lourcelles : Dictionnaire du cinéma

"La fidélité que Lang manifeste ici à son propre univers est à la fois formelle et philosophique. Comme il est usuel chez Lang, la substance du film se développe à partir d'une série de contradictions internes qui ne peuvent se résoudre que dans l'ultime perfection esthétique de l'œuvre achevée ; épure obtenue à partir d'une extraordinaire richesse de moyens et d'un foisonnement de péripéties : dynamisme perpétuel résultant d'une quasi immobilité de la caméra ; message philosophique délivré avec l'aide d'une trame de bande-dessinée.

Chez les personnages, la même dialectique triomphe. La plupart d'entre eux sont animés par un mobile à peu prés unique (amour et fascination érotique chez Chandra, soif de pouvoir chez Ramigani, désir de vengeance chez Padhu, etc.) qui emplit leur âme et leur cœur jusqu'au trop plein. Mais ce trop plein est aussi un vide car il chasse de leur être, non seulement toute humanité mais toute autre forme de réalité que celle que prend leur désir.

Du choc de ces multiples volontés, qui sont comme autant d'obsessions, jaillit la trajectoire du récit, semblable dans sa simplicité dans sa rigueur, dans son absolue logique à un théorème mathématique. Chez Chandra, personnage-pivot du film (en fait, il est le vrai héros de l'histoire), c'est lorsque le trop plein s'acceptera comme vide, c'est à dire lorsque les passions s'annihileront dans le renoncement, que la sérénité pourra faire son apparition. Message qui n'est qu'apparemment positif car il implique la suppression du désir, l'abolition des passions pour que survienne une paix qui a quelque chose de sépulcral (ou, diront les détracteurs, de tout à fait conventionnel)

(....) L'inactualité géniale du film qui réduit l'univers à quelques désirs contradictoires et monstrueux de l'homme, l'amour accouchant du meurtre (ou de la volonté de meurtre), la soif de pouvoir accouchant de la destruction, et la philosophie devenant à la fin cette inutile- mais fascinante- contemplation du néant. Parfois Lang a exprimé sa vision à travers des récits à portée sociale ou politique, et ce n'était peut-être qu'un leurre. Ici, dans un serial, forme qui présentait pour lui l'alpha et l'oméga de toute fiction, il l'a livrée à nu et sans alibi."

Analyse de Jacques Lourcelles : Dictionnaire du cinéma

 

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