1995

De bon matin, Valérie et son copain Rémi se sont donné rendez-vous dans un café proche de la gare Saint-Lazare. Valérie est enceinte. Après avoir longuement hésité, elle l'annonce à Rémi. L'un et l'autre semblent indécis. Elle doit commencer à travailler dans un grand hôtel dans quelques minutes. Rémi est au chômage depuis de longs mois. Ils conviennent de se retrouver au même endroit, une heure plus tard. Valérie est employée comme femme de chambre. Pour ses débuts, elle monte les petits déjeuners dans les étages. À l'office, M. Tranh réceptionne les ordres et organise le service. Inquiète des réponses de la jeune fille au sujet d'une précédente expérience, Madame Charles, la responsable du personnel, souhaite en savoir plus sur son passé professionnel. Un appel téléphonique de nature sentimentale met mal à l'aise Mme Charles et permet à Valérie d'échapper à de nouvelles questions. Elle reprend son activité, sans enthousiasme. Elle découvre cet univers de longs couloirs sans fin, et de portes qui s'ouvrent et se ferment sur des réveils et des départs. Dans l'une des chambres, Valérie téléphone à sa mère. Surprise par Jean-Marc, l'un de ses collègues, elle lui fait front. Sabine s'accroche également avec elle. Quelques minutes plus tard, elle avoue que son comportement lui a été dicté par une jalousie qui n'a pas lieu d'être. La jeunesse de Valérie la rapproche de Fatiah, une autre employée. Mais la jeune fille n'entend pas avoir de relations amicales, même avec Patrice, qui tente de la réconforter un peu. Valérie écoute un court instant les confidences d'un voyageur solitaire venu à Paris pour voir son fils, presque en cachette. Elle surprend les ébats amoureux d'un couple peu scrupuleux. Injustement accusée par la femme d'avoir sali la salle de bain, Valérie manque de perdre sa place. Elle quitte son travail au bout d'une heure pour rejoindre Rémi au café. Son copain n'a pas pris de décision. Valérie tranche. Elle met un terme à leur aventure et décide de garder l'enfant.

Deux années viennent de s'écouler. Dans les jardins du Luxembourg, Valérie retrouve sa mère et son fils, Fabien. Après une brève discussion sur de possibles histoires de cœur, les deux femmes descendent dans le métro et attendent sur le quai le passage de la rame. Le métro arrive, la mère prend l'enfant. Valérie remonte et arpente à grands pas le boulevard Saint-Michel.

Comme La Désenchantée était construit autour de la comédienne Judith Godrèche, La fille seule est filmée autour de la personnalité de sa jeune héroïne incarnée par Virginie Ledoyen. Cette dernière, que Jacquot dirige également dans La vie de Marianne, adaptation du roman de Marivaux réalisée pour la télévision la même année, apparaît dans tous les plans de ce film qui épouse ses faits et gestes et rend sensibles son énergie et sa soif de vivre.

"J'ai voulu héroïser la solitude induite par le titre. Ne jamais la donner comme synonyme de déréliction et accablement. C'est une assomption de la solitude comme état ontologique, une façon de rejoindre la liberté. Mais c'est lié au fait que pour moi ce n'est représentable que par une fille. Même pas par une femme, par une fille."

Source : Cahiers du cinéma Décembre 1995, n°497.

 

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Avec : Virginie Ledoyen (Valérie), Benoît Magimel (Rémi), Dominique Valadié (la mère de Valérie), Véra Briole (Sabine), Virginie Emane (Fatiah), Michel Bompoil (Jean-Marc), Aladin Reibel (M. Sarre) 1h30.
La fille seule