La liberté de parole

1942
Freedom of Speech
Norman Rockwell, 1942
Huile sur toile 116 × 90 cm
Stockbridge (Massachusetts), Musée Norman Rockwell

La liberté de parole est le premier et le plus célèbre de la série de quatre tableaux, intitulée Les Quatre Libertés qui comprend aussi La liberté de culte, celles de Vivre à l'abri du besoin et de Vivre à l'abri de la peur. Peints en 1942, ils comptent parmi les plus célèbres de la carrière de Norman Rockwell. Ces œuvres mettent en image un discours fondateur du président Franklin Delano Roosevelt au Congrès sur l'état de l'Union, prononcé le 6 janvier 1941 alors que l'Allemagne nazie occupe une grande partie de l'Europe occidentale. Il énonce sa vision d'un avenir meilleur, basé sur ces quatre libertés. La série de Norman Rockwell témoigne de l'engagement de l'illustrateur américain dans l'effort de guerre des États-Unis.

La Liberté de parole décrit une réunion municipale au sujet de la construction d'une nouvelle école, après que l'ancienne ait brûlé, au cours de laquelle Jim Edgerton, seul opposé au projet du maire, se voit accordé la parole

L'homme qui s'exprime porte une chemise bleue à carreaux et une veste en daim. Il a les mains sales et le teint plus sombre que les autres personnes présentes autour de lui. Les autres participants qui lèvent la tête en sa direction pour l'écouter portent des chemises blanches, des cravates et des vestes. Les mains jeunes et professionnelles d'Edgerton font contraste avec sa veste usée et tachée, tandis que les autres participants sont plus âgés et habillés plus formellement. Les membres de l'auditoire, même s'ils ne partagent pas l'opinion d'Edgerton, l'écoutent avec une attention soutenue et une sorte d'admiration.

Rockwell prend ses voisins du Vermont comme modèles pour la série des Quatre Libertés. Carl Hess qui tient une station-service en ville et dont les enfants vont à l'école avec les enfants du peintre sert de modèle à Jim Edgerton, le jeune ouvrier courageux. C'est un immigrant allemand. Parmi les autres personnes figurent Henry, le père de Hess (oreille gauche uniquement), Jim Martin (coin inférieur droit )qui apparaît dans chacune des peintures de la série, Harry Brown (à droite, le haut de la tête et des yeux), Robert Benedict, Sr. et Rose Hoyt à gauche. Le propre œil de Rockwell est également visible tout à fait à gauche.

En dépit de ces détails hyperréalistes, Edgerton n'est pas sans évoquer Abraham Lincoln tel qu'il est photographié en 1863 par Alexander Gardner. Sa pose semble sortie de celle de James Stewart dans Monsieur Smith au sénat (Frank Capra, 1939).

Monsieur Smith au sénat (Frank Capra, 1939)

Ce tableau est la quatrième version de tentatives différentes opérées en deux mois. Chaque tentative décrit l'homme en tenue décontractée debout lors d'une réunion de ville, mais chacune sous un angle différent.

L'une des versions précédentes
La version finale

 

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