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De 1961 à 1966, Gerhard Richter se consacre essentiellement aux peintures reproduisant des photographies d’objets ordinaires ou des portraits de famille. Il met alors au point l’une de ses techniques les plus caractéristiques, une touche floue, lissée et striée, voilant ses sujets de mystère.
Dans une interview de 1966, Richter explique pourquoi il utilise des photographies comme source d'inspiration : « D'abord, parce que cela me fait gagner du temps. De nos jours, il faut travailler efficacement, et je n'ai aucune envie de passer un mois devant une toile. Ensuite, j'évite une certaine stylisation, inévitable lorsqu'on peint d'après nature, et que je souhaite justement éviter. »
Plusieurs émotions peuvent surgir en s'attachant au flou des images. Le souvenir généré par les photographies de famille dont on est séparé par le temps et l'espace est dorénavant un peu flou ; de même que devient floue la possibilité d'évoquer dans leur présent ceux dont on est séparé et qu'on ne reverra peut-être jamais. Pour les photographies liées à l'Allemagne, c'est le contexte contemporain qui est flou. Au lendemain de la défaite, il n'est en effet pas toujours facile de distinguer les nazis véritables de ceux qui n'ont adhéré au parti que pour pouvoir continuer leur travail. Il en est ainsi de l'ingénieur Schärzler qui collabora avec les nazis et qui devient le chef du programme de l'aviation militaire allemande en 1964.