Accueil Partie beaux-arts Histoire de l'art Les peintres Les musées Les expositions Thèmes picturaux

18 octobre 1977

1988

Pendue (Erhängte), 200 x140 cm

Arrestation 1 et 2 (Festnahme 1 & 2) 92 x 126 cm
Mort par balle1 et 2 (Erschossener 1 & 2 ) 100 x140 cm

Morte (Tote), 62 x 37 cm ; 62 x 37 cm ; 35 x40 cm

Cellule (Zelle), 200 x140 cm
Confrontation 1,2 et 3 (Gegenüberstellung 1,2 & 3) 112 x 102 cm

Tourne-disque (Plattenspieler), 62 x 83 cm, Portrait de jeunesse (Jugendbildnis) 67 x62 cm
Enterrement (Beerdigung)

18 oktober 1977
Gerhard Richter, 1988
15 huiles sur toile, 
New York, MoMA

Dans les années 70, l'Allemagne vit une période difficile de terrorisme de gauche avec le groupe Baader-Meinhof, la bande à Baader, des gens qui ensuite sont trouvés morts dans une prison allemande.

Une décennie après, Richter décide de peindre ces personnages, pas comme individus avec leur nom, mais comme des gens qu'on voit sur des photos de police. Mais Richter ne le fait pas pour représenter des faits historiques ou des faits policiers, mais il représente une sorte de tragédie, historique et humaine, personnelle, une sorte de perte par l'idéologie, parce qu'il s'est toujours vu comme quelqu'un qui a souffert de l'idéologie en Allemagne de l'Est et qui cherche une sorte de position sans idéologie, de se libérer d'une idéologie. Et là, la fascination de ces gens par une idéologie suscite une certaine tristesse, le sens d'une tragédie qu'on ne peut pas résoudre.

Le titre, 18 octobre 1977, de ce cycle de quinze peintures fait référence à la date du suicide, dans la prison de Stammheim, de quatre membres du groupe Baader-Meinhof de la Fraction armée rouge accusés d’une série d’attentats à la bombe, d'assassinats et d'enlèvements. Comme l'écrit Richter: «Je me souviens que j'avais le sentiment de devoir éviter toutes ces photos sensationnelles, la femme pendue, l’homme qui s'était tiré une balle, etc. J’ai rassemblé beaucoup de matériel, y compris un certain nombre de photos banales et sans intérêt, puis, au cours de mon travail, je suis revenu aux images mêmes que j'avais voulu éviter, celles qui résumaient les différentes histoires». Richter poursuit: «Toutes les images sont ternes, grises, pour la plupart très floues, diffuses. Leur présence est l'horreur et le refus difficile à supporter de répondre, d'expliquer, de donner une opinion. Je ne suis pas sûr que ces images “demandent” quoi que ce soit; elles provoquent une réaction par leur désespoir et leur désolation, leur absence de parti pris.» Le groupe comprend les protagonistes décédés, un portrait de la jeune Meinhof et un grand enterrement non spécifié.

Retour