Le pont japonais

1924
Le pont japonais
Claude Monet, entre 1918 et 1924
Huile sur toile, 89 x 116 cm
Paris, Musée Marmottan

Les dernières oeuvres de Monet, tableaux de chevalet, sont marquées par une sorte de brutalité dans l’application des couleurs, à l’opposé des nuances plus subtiles qui caractérisent ses créations antérieures. Dans ces ultimes peintures du jardin, souvent non datées, il est bien difficile de dire si l’oeuvre est achevée ou non tant le motif est presque indéchiffrable. D’une certaine manière, elles témoignent aussi de la vision altérée de l’artiste, en raison de sa cataracte, détectée quelques années plus tôt.

Dans ce Pont japonais, les débordements de couleur et le dynamisme des touches de peinture verticales qui semblent suggérer que les fleurs ont éclos confèrent à la toile un caractère presque abstrait. Ce qui importe ici à Monet, c’est la lumière, l’air et tout ce qui s’interpose entre le motif et son oeil. Cette idée de peindre, non pas ce qui est devant soi, mais la vision elle-même ouvrira une voie vers la modernité et fait de Monet un pionnier dans ce domaine.

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