L’allée des rosiers, Giverny

1920
L’allée des rosiers, Giverny
Claude Monet, entre 1920 et 1922
Huile sur toile, 89 x 100 cm
Paris, Musée Marmottan

Monet, qui travaille depuis 1914 au projet des Grandes Décorations promises à l’État, ne quitte que très peu Giverny à la fin de sa vie. Grâce au jardin qu’il a créé, il n’éprouve plus le besoin de parcourir la campagne à la recherche de motifs mais développe un type de peinture fondé sur la répétition d’un même thème qu’il trouve à proximité. En été, lorsque l’atmosphère de son atelier devient suffocante, il emporte son chevalet et ses toiles dans son jardin, et peint les différentes vues que lui offre celui-ci.

Ainsi cette Allée des rosiers, située dans le prolongement de sa maison, est à rapprocher de sa série des Ponts japonais. Comme dans ces derniers, la construction, centrée autour d’un arc élancé, est envahie par une végétation dense qui sature tout l’espace. Particulièrement sensible ici, la marque de la cataracte est visible par la prédominance des rouges et des verts, appliqués en empâtements et coups de pinceau superposés, à tel point que le spectateur, même familier des lieux, ne saurait dire où il se trouve.

Ces oeuvres demeurées très confidentielles, qui n’ont jamais été exposées du vivant de l’artiste, nous montrent la part la plus intime de son oeuvre, et sans doute la plus riche d’inspiration pour l’art du xxe siècle

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