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Le titre de l’œuvre est peut-être inspiré de l’un des costumes préférés du peintre : un manteau chinois doublé de fourrure blanche de tigre de Sibérie, ici rendu en violet et bleu et porté sur une robe rayée haute couture. Les tons ocre doré de la peau du modèle sont caractéristiques des peuples asiatique. De plus, ses yeux sont bleus et verts, comme s’ils reflétaient les perles colorées de son collier.
Matisse travailla à L’Asie entre son retour à Vence fin novembre 1945, et son départ pour Paris en juin 1946. L’œuvre fut peinte dans son atelier de la Villa Le Rêve. La surface finement peinte et le dessin fluide confèrent à l'œuvre une apparence de facilité qui masque les efforts minutieux que Matisse a déployés pour sa création. Une photographie conserve une version antérieure de la composition : un cadre noir en bas à gauche, animé de lignes arabesques, et une signature ainsi que la date de 1946 gravées dans la peinture, révélant le fond blanc. Dans sa version finale, Matisse a effacé le cadre au profit d'un rouge flamboyant, unifiant ainsi le fond en un espace décoratif, et a redessiné les lignes arabesques, ainsi que sa signature et la date, au crayon noir. Cette version antérieure de L’Asie, visible sur la photographie, n’était peut-être qu’une des nombreuses révisions effectuées avant qu’il ne parvienne à sa brillante conclusion. Il écrivait en 1948 : « J’ai toujours cherché à dissimuler mes efforts et je souhaitais que mon œuvre ait la légèreté et la joie d’un printemps qui ne laisse jamais deviner le labeur qu’elle a exigé. »