Everydays : The First 5000 Days

2021
Everydays : The First 5 000 Days
Beeple, 2021
oeuvre numérique vectorielle, Digital (JPEG) Dimensions 21 069 × 21 069 pixels
Paris, musée du Louvre

Everydays : The First 5 000 Days, collage d’art numérique de l’artiste américain Beeple (Mike Winkelmann de son vrai nom), s’est vendu sous forme d'un jeton non fongible (NFT) chez Christie’s pour un montant record de 69,3 millions de dollars le 11 mars 2021.

L'œuvre est un collage de 5000 images numériques vectorielles (qui peuvent être agrandies sans perte de qualité) créées par Winkelmann pour sa série "Everydays".

Winkelmann a été inspiré par l'artiste britannique Tom Judd et a commencé le projet quotidien le 1er mai 2007. Sont inclus dans ces images des personnages de la culture pop, y compris Jeff Bezos et Donald Trump, et sont classées par ordre chronologique. Certaines des images antérieures sont dessinées à la main et non produites par ordinateur.

À 39 ans, Beeple se hisse parmi les trois artistes les plus chers du monde de leur vivant, tous supports confondus après David Hockney et son Portrait of an artist (90,3 M$ en 2018) et Jeff Koons et son Rabbit (91,1 M$ en 2019).

Fin février, une autre œuvre de Beeple, “Crossroads”, s’était déjà revendue 6,6 millions de dollars sur la plateforme Nifty Gateway, spécialisée dans les oeuvres virtuelles. L’artiste n'avait alors touché 10% de ce montant, comme c’est l’usage sur la plupart des plateformes spécialisées.

Après une mise à prix commencé à 100 dollars, Everydays : The First 5 000 Days a été acheté, après deux semaines, par Vignesh Sundaresan, un programmeur basé à Singapour et le propriétaire de Metapurse, connu sous son pseudonyme MetaKovan.

MetaKovan a payé en utilisant 42 329 Ether, une cryptomonnaie nécessaire pour utiliser la plateforme Ethereum et ses produits, des NFT ("Non Fungible Token" en anglais). Ceux-ci sont des objets virtuels, qu’il s’agisse d’un dessin, une animation, une morceau de musique, une photo, un extrait vidéo, auquel est associé un certificat d’authenticité. Ce document est répertorié dans un inventaire appelé "blockchain", considéré comme inviolable ; c'est ce qui lui confère son authenticité. L’objet virtuel, qui est en réalité un fichier informatique, pourra être échangé ou revendu, avec son certificat ou obtenir des royalties pour une exposition virtuelle ou dans une galerie.

Les NFT sont rendus possibles par la technologie des chaines de bloc (blockchain) technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne

Ce nouveau segment du marché de l’art, jusqu’ici confidentiel connait un succès fulgurant depuis plusieurs mois auprès d’une nouvelle génération de passionnés et d’investisseurs dont les revenus en cryptomonnaie, bitcoins ethers, ont très fortement augmenté leur offrant d'autres opportunités spéculatives.

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