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Le 48e festival international du film documentaire, Cinéma du réel, se tient à Paris du 21 au 28 mars 2026. L’occasion de voir de nombreux documentaires reflétant la diversité des genres et des formes d’approches cinématographiques.
Grand Prix : London de Sebastian Brameshuber
Prix international : Levers de Rhayne Vermette
Prix Cnap du film français : Un chant aveugle de Stefano Canapa et Natacha Muslera
Mention spéciale du jury longs métrages The Rib of the Greater Bay Area de Zhou Tao
Prix Sacem : Un chant aveugle de Stefano Canapa et Natacha Muslera, musique de Lionel Marchetti et Natacha Muslera
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| London de Sebastian Brameshuber |
Dans la très riche programmation proposée par cette édition, Milann Baupin a chosi de voir quelques films des sections compétition internationale ; Luttes écoféminsites , front(s) populaire(s), et quelques Séances spéciales
De 7 à 117 minutes, du Cambodge au Canada, du Chili à la Corée du Sud, les 37 films de la Compétition mettront à l’honneur, cette année encore, la création documentaire contemporaine dans toute sa diversité, en première mondiale, internationale ou française.
AN INCOMPLETE CALENDAR de Sanaz Sohrabi. Canada, Iran, Turquie, Venezuela | 77’ | Première mondiale. Un disque de chansons oubliées relie Caracas à Téhéran, révélant des histoires inédites liées au pétrole, non pas comme matière première, mais en tant qu’instrument politique au service des luttes de libération en Palestine et de la construction d’une solidarité panarabe entre 1960 et 1970.
AND IF THE BODY de Toby Lee. États-Unis | 27’ | Première internationale. Dans le nouvel univers étrange de la neurotechnologie, les frontières entre le physique et le virtuel commencent à s’estomper. Une méditation sur le corps perturbé et son réenchantement.
AND THE MOON SETS OVER THE TEMPLE THAT WAS de Justin Jinsoo Kim. Corée du Sud | 70’ | Première internationale. Un voyage à la recherche des statues de Bouddha sans tête dispersées sur une montagne en Corée du Sud. Le long du fleuve, de la mer et des sentiers de montagne, les gens se promènent en prenant des photographies, là où se superposent les images du passé et le désir de fouilles.
ANOTHER EARTH de Ben Russell. France | 11’ | Première mondiale. De la bouche à la caverne, du feu à la peau, voici un portrait vertigineux en 16 mm d’un présent de plus en plus chaotique, dont les contours politiques sont influencés à la fois par tout et par rien. Pour reprendre les mots de Zadie Smith: « Time is not what it is / but how it is felt. »
BAISANOS d’Andrés Khamis Giacoman et Francisca Khamis Giacoman. Chili, Palestine, Espagne | 14’ | Première française. En suivant les Baisanos, supporters passionnés du Club Deportivo Palestino – équipe de football chilienne de première division fondée en 1920 – le f ilm donne à entendre deux narrateurs, qui incarnent respectivement le Chili et la Palestine, et s’interrogent sur l’identité, le sens du retour et les multiples façons d’y parvenir
CASTING FOR A FILM, IHSAN’S DIARY de Lamia Joreige. Liban | 48’ | Première française
COMME D’ICI AU POMMIER de Cyprien Ponson. France | 102’ | Première mondiale. « Comme tant de jeunes hommes de sa génération, mon grand-père fut envoyé à la guerre d’Algérie. Guerre qui le hante encore lorsqu’il doit entrer en maison de retraite. Installé dans sa maison, je tente de m’approprier ses murs, son jardin, sa mémoire. Quels soins apporter au présent quand le passé semble avoir tout abîmé ? »
THE COW’S COMPLAINT de Mahdy Abo Bahat et Abdo Zin Eldin. Égypte, France, Royaume-Uni | 95’ | Première mondiale. Ali Al Gazzar, sculpteur soufi, accueille un visiteur à midi. Celui-ci incite Ali à se remettre à créer, lui insufflant l’imagination spirituelle des paysans soufis, des objets périphériques et des animaux de la campagne au cœur de la Cité des morts du Caire.
CRAU de Charles Moreau-Boiteau. France | 47’ | Première mondiale. Dans une steppe pierreuse et à son orée, des êtres surgissent comme des mirages.
LES ENFANTS SANS TERRE de René Ballesteros. France, Chili | 97’ | Première mondiale. En France, Juan rêve de la mort d’une vieille inconnue. Plus tard, il apprend que sa mère biologique est décédée cette nuit-là. En Suède, Daniel découvre qu’il a été déclaré mort à la naissance. L’un et l’autre partent à la recherche de leur terre natale oubliée, dans le sud du Chili.
LABORE NOBILE de Juliette Achard. France, Belgique | 73’ | Première mondiale. À Saint-Nazaire, la grande industrie œuvre à ciel ouvert, là où la Loire rejoint l’océan Atlantique. Le film mêle les paysages singuliers de l’estuaire aux paroles d’habitants, comme autant d’acteurs pris dans les contradictions de notre époque et de la société du travail.
EL LEÓN de Diana Bustamante. Colombie | 14’ | Première française. Ce film est construit à partir d’une image trouvée dans les archives d’actualités colombiennes. Elle montre comment la mort a envahi un lieu qui ne lui était pas destiné : l’auditorium El León de Greiff de l’Université Nationale de Colombie.
LEVERS de Rhayne Vermette. Canada | 93’ | Première française. Une énorme explosion retentit dans le ciel, plongeant la planète dans l’obscurité. Partout dans le monde, les gens se blottissent devant leur téléviseur dans l’attente d’un nouveau lever de soleil, mais au Manitoba, la vie continue comme si de rien n’était.
Dans une ville anonyme de la province du Manitoba, une petite foule se rassemble pour l’inauguration d’une statue. Recouverte d’un drapé rouge sang, elle reste cachée à nos yeux tandis qu’un coup de canon retentit, enveloppant l’écran d’une fumée vaporeuse. Le lendemain matin, le soleil ne se lève plus. Une atmosphère énigmatique s’installe, alors que les images granuleuses en 16mm et les couches sonores hypnotiques transforment des détails anodins, tels un flocon de neige ou des feuilles de papier qui s’envolent, en instants d’émerveillement. Défiant toute convention narrative, le récit se déploie comme un rêve, entre éclipses solaires, dérives et épisodes ponctués de dessins évoquant le tarot, à mesure que s’entrelacent les trajectoires de trois personnages : une fonctionnaire en quête de sens, une sculptrice et un agent de sécurité.
LA LIGNE DE FLOTTAISON d’Olivier Zabat. France | 115′ | Première mondiale. En France, des personnes en détresse sociale sont accueillies dans une structure d’assistance et d’hébergement d’urgence. Pour elles, une petite ville paisible devient une zone de guerre s’il n’y a ni repère, ni abri et que les « loups sont dehors ». Toutes se battent pour leur survie et leur dignité, avec l’aide de travailleuses et travailleurs sociaux déterminés.

LOCAL SENSATIONS de Tulapop Saenjaroen. Thaïlande | 25’ | Première française. S’ouvrant sur une citation de l’architecte Chatri Prakitnonthakan, « comment concevoir un monument moderne qui ne deviendra pas un sanctuaire », le film propose une exploration singulière des monuments dans la société thaïlandaise.
LONDON de Sebastian Brameshuber. Autriche | 117’ | Première française. Bobby fait des allers-retours entre Vienne et Salzbourg, il prend des inconnus en voiture et discute avec eux de sujets aussi banals que profondément personnels. Dans ce portrait tendre de l’Europe d’aujourd’hui, anonymat et chaleur humaine vont encore de pair.
THE LONGEST NIGHT de Phuong Thao Nguyen. France | 7’ | Première mondiale. Au cœur d’un typhon tropical, un jeune homme peine à trouver le sommeil. Ses pensées sont sa seule source de lumière dans l’obscurité. Le film a été partiellement tourné à Hanoï lors de la plus grande tempête que le pays ait connue depuis 70 ans.
LOOKING AT YOU LOOKING AT ME de Max Bowens. États-Unis, Australie, France | 37’ | Première internationale. L’histoire d’amour entre une mère et son fils à travers le temps, l’autisme 8et un écran. Depuis que Clovis a perdu la parole à l’âge de deux ans, Nathalie essaye de trouver de la réciprocité avec des moyens d’expression extra-verbaux.
MARIA A PIEDI NUDI de Rebecca Digne. France | 41’ | Première mondiale. « Maria, 8 ans, vit en Toscane en symbiose avec la nature. Elle est désespérée par l’expulsion inéluctable par les propriétaires de son terrain de jeu et par la recherche d’une nouvelle maison en zone périurbaine. Je lui confie une caméra super 8 pour conserver son paradis. »
MATTER OF BRITAIN de Peter Treherne. Royaume-Uni | 103’ | Première française. Une rêverie ethnographique qui dépeint la représentation du mythe du Saint Graal dans un village anglais. Dans ce mythe, les chevaliers du roi Arthur partent à la recherche du Saint Graal afin de guérir leur terre dévastée.
NARRATIVE d’Anocha Suwichakornpong. Thaïlande, Japon | 49′ | Première française. Quinze ans après le massacre militaire de 2010 à Bangkok, ce film retrace le processus de préparation d’un procès f ictif par la réalisatrice pour son prochain long métrage. Il offre une réflexion sur la vérité, la justice et les blessures persistantes de l’histoire
THE NIGHTSEEKERS de Kavich Neang. Cambodge | 25′ | Première française. Chaque nuit, cinq jeunes frères sillonnent les rues de Phnom Penh à la recherche de lieux où présenter leur numéro de breakdance et gagner de quoi subvenir aux besoins de leur famille.
ONE EQUAL LIGHT de Maïder Fortuné et Annie MacDonell. France, Canada | 14’ | Première mondiale. Les révolutions cosmiques engendrent les révolutions terrestres dans ce film qui trame l’éclipse solaire de 2024, l’extase, les fantômes, la naissance, la mort, et le poète et prédicateur anglais John Donne.
REBELOTE de Skander Mestiri. France | 26’ | Première mondiale. Le temps d’un week-end, un couple de réalisateurs tente de se mêler à une communauté de collectionneurs en uniformes. Dans ce monde de reconstitution historique, où la légèreté des rôles se heurte au poids de la mémoire qu’ils réveillent, le jeu prend des allures troublantes.
RELICTO de Guillermo Quintero. France, Colombie | 97’ | Première mondiale. « Sixto Muñoz, le “dernier indien tinigua”, a disparu. Il a décidé à 105 ans de quitter sa cabane au bord de la lagune amazonienne pour réaliser son dernier voyage dans la forêt. Dans une expédition le long du fleuve Guayabero, je suis sa trace avec l’espoir de le rencontrer avant sa mort. »
RETOUR AVANT 15 HEURES de Gaël Lépingle. France | 74’ | Première mondiale. C’est un homme et son lieu, le père dans un pavillon de lotissement. C’est après sa mort. On a retrouvé quelque chose. Pas un secret, mais l’envers des jours, consigné avec une précision obsessionnelle. Une lutte quotidienne avec la vie matérielle et le temps qui passe.
THE RIB OF THE GREATER BAY AREA de Zhou Tao. Hong Kong | 70’ | Première française. Explorant les paysages côtiers de la rivière des Perles au port Victoria, le film se déroule comme un ruban d’images à travers la région de la Grande Baie de Guangdong-Hong Kong-Macao. Les vibrations infrasensorielles résonnent en couches successives, rendant compte de la profondeur créée par leur interconnexion totale.
ROSE MODERNE, HUANCOR, PAKATNAMU PRÉMONITION, TROIS FORMES COURTES de Louidgi Beltrame. France, Pérou | 25’ | Première mondiale. Triptyque de films tournés en super 8 au Pérou : « Rose moderne » scrute la géométrie d’un palais inca, « Huancor » suit les pétroglyphes andins, « Pakatnamu, prémonition » capte les vacillements de pellicule provoqués par une « huaca » au bord de l’océan Pacifique.
LE SERPENT À BONANJO de Max Mbakop et Lilia Kilburn. Cameroun, États-Unis | 13’ | Première mondiale. Dans le quartier de Bonanjo à Douala, Baba et ses amis font du roller à l’ombre d’un mur construit par un milliardaire français pour barrer la mer. Au milieu des spectres de la résistance anticoloniale, ils s’entraînent au serpent pendant des heures.
SHOT REVERSE SHOT de Radu Jude et Adrian Cioflâncă. Roumanie | 22’ | Première française. Entre 1985 et 1987, le journaliste américain Edward Serotta a photographié la vie quotidienne dans la Roumanie communiste. La Securitate l’a secrètement photographié en retour. Quarante ans plus tard, les deux archives se rencontrent dans un champcontrechamp révélant l’ironie de l’Histoire.
SLET 1988 de Marta Popivoda. Allemagne, France, Serbie | 22’ | Première française. La danseuse Sonja Vukidevic, âgée de 74 ans, évolue dans un décor socialiste-moderniste, son corps faisant écho à la toute dernière représentation de masse en Yougoslavie. Mêlé au journal intime d’une adolescente écrit en 1988 (au moment des protestations qui aboutiront plus tard à l’éclatement de la Yougoslavie), le film retrace le passage du collectivisme socialiste au nationalisme naissant.
SUBURBIA, ALLER-RETOUR de Damien Cattinari. France | 56’ | Première mondiale. Un portrait de la banlieue parisienne, qui, des franges boisées aux zones urbaines, industrielles et commerciales, donne à voir ces territoires dans leur banalité et leur poésie, pris dans le mouvement quotidien des travailleurs et des flux marchands destinés à Paris.
UN CHANT AVEUGLE de Stefano Canapa et Natacha Muslera. France | 63’ | Première mondiale. Un chœur, composé de personnes voyantes et non voyantes, part au Japon chanter sur les traces des Goze, musiciennes aveugles itinérantes dont la tradition remonte à l’époque médiévale et aujourd’hui disparues. Au fil du voyage, leurs routes, leurs voix, leurs temps se croisent. Et nos yeux apprivoisent peu à peu la profondeur des noirs.

En se rendant au Japon avec le « Chœur tac-til » sur les traces des Goze, artistes aveugles japonaises qui se déplaçaient à travers tout le pays pour jouer des pièces aux habitants qu'elles croisaient, les deux cinéastes expérimentent une forme hybride en faisant du son la matière première de leur film. Ils redonnent un nouveau sens à la langue, en en faisant un instrument à part, capable de mimétisme, allant jusqu'à jouer sur la nature indiscernable des sons entendus, ne sachant pas s'ils proviennent du chœur ou bien de l'environnement capturé. Une synergie se crée entre deux cultures, autour de l'amour de l'improvisation, lors d'un concert improvisé entre le « Chœur tac-til » et des locaux.
UNE ARME À LA MAIN, J’AI TRAVERSÉ LE DÉSERT de Laurence Garret
France | 78’ | Première mondiale. Daniel Torres s’est engagé dans le corps des Marines avant d’être arrêté à son retour d’Irak, puis expulsé à Tijuana au Mexique. Après avoir gagné son procès contre l’administration américaine, il tente aujourd’hui d’aider ceux qui, comme lui, ont été bannis d’un pays pour lequel ils ont risqué leur vie.
THE WEARY HOURS OF TWO LABS ASSISTANTS de Burak Çevik. Turquie, Allemagne, Croatie, Royaume-Uni | 22’ | Première française. Tard dans la nuit, deux laborantines analysent une substance inconnue. Une pause café se transforme en séance de voyance, détournant leur attention de la science vers l’intuition. Elles imaginent un espace où coexistent la recherche rationnelle et la prémonition.
WINDWARD de Sharon Lockhart. États-Unis, Canada | 70’ | Première française. Tourné sur l’île de Fogo, Windward dépeint le paysage – ses formations géologiques caractéristiques, son climat et sa beauté austère – au travers de portraits délicats de jeunes gens.

Coup de cœur du festival. Suite de Eventide, court-métrage filmé en 2022 sur l'île de Gotland en Suède et dont le sujet était le passage de la lumière à l'obscurité, ici, pour ce qui est de Windward, dont l'action prend place sur l'île de Fogo au Nord-Est du Canada, c'est un nouveau personnage intangible que Lockhart place au centre de l'œuvre, le vent. Bien qu'elle n'y capture aucun dialogue, Windward n'est pas dépourvu d'acteurs, qu'ils soient humains ou non. Lockhart filme l'eau, les vagues, l'herbe mouvante, l'érosion mais aussi les enfants jouant avec un cerf-volant ou sautant en espérant se faire emporter par une bourrasque. Ce sont leurs allers et venues au sein du plan qui rythment les scènes où leur sortie du cadre annonce sa fin. Le film semble ne comptait aucun adulte en son sein, il aspire à faire le portrait d'un idéal où les parents auraient disparus, une utopie juvénile annonçant un nouveau départ. C'est l'effet d'un rêve qui parcours le film, d'un retour en enfance lorsque l'insouciance était reine.
WITH LOVE AND RAGE de Bojina Panayotova. France | 43’ | Première mondiale. 1980, après l’élection de Ronald Reagan, l’Amérique se réarme. Face à la machine de guerre, deux mille femmes encerclent le Pentagone et réveillent une autre forme de pouvoir, puisant dans le soin et la vulnérabilité.
S’inspirant des pensées et des mobilisations écoféministes des années 1970 jusqu’à aujourd’hui, la septième édition du festival parlé poursuit une réflexion engagée en 2024 avec Silvia Federici autour de l’horizon des communs et des manières d’habiter le monde. Elle s’intéresse à l’intersectionnalité des luttes environnementales, féministes et décoloniales à travers des histoires, des travaux et des créations qui révèlent les liens systémiques entre l’exploitation des ressources de la planète et l’oppression des minorités de genre, de classe et de race.
Remobilisant le terme inventé par Françoise d’Eaubonne dans son livre de 1974 Le féminisme ou la mort, ce thème écoféministe invite théoriciennes, artistes et activistes à témoigner, partager, actualiser des expériences de luttes et de création, en écho à une programmation de six séances où s’élabore une histoire intime aussi bien que collective des micro-résistances à l’ordre productiviste en différents endroits du monde. Depuis les gestes minuscules soignant la terre et l’âme dans un jardin du Massachusetts jusqu’aux liens quotidiens unissant une communauté humaine et une forêt en Inde, en passant par les archives de militantes anti-nucléaire en Angleterre et en France, ce sont autant de pratiques génératives que cette septième édition du festival parlé entend cartographier.
Outre six séances de projection accompagnées, deux tables rondes investissent les enjeux tout à la fois historiques, politiques et esthétiques de ces expériences. La première, « Savoirs et pratiques communautaires à la croisée des époques et des luttes », reviend sur l’effacement des savoirs environnementaux et des pratiques génératives de la mémoire collective, et sur l’importance de la transmission de ces savoirs, pratiques et expériences communautaires, dont le cinéma a été l’un des outils parmi d’autres. La seconde table ronde, « La forme modeste : gestes écopolitiques de création », porte sur les techniques et moyens de la création quand celle-ci s’érige contre l’imbrication historique des modes de production et de représentation avec les projets impérialistes et industriels, et qu’elle cherche au contraire à inventer une forme à la mesure de sa responsabilité éco-éthique, une forme modeste, ancrée dans un territoire et une communauté, accordant sa fin et ses moyens. Alice Leroy
FORAGERS Jumana Manna 2022 – PALESTINE – 64 MIN. Les drames liés à la cueillette de plantes sauvages comestibles en Palestine/Israël. Pour les Palestiniens, les lois israéliennes sur la protection de la nature sont le vernis écologique d’une législation qui les prive encore davantage de leurs terres, tandis que les représentants de l’État occupant insistent sur leur expertise scientifique et leur devoir de protection.
SOLANGE FERNEX, MILITANTE ET CINÉASTE Archives vernaculaires des luttes contre le nucléaire. (projections et débats) En présence de Laura Cassarino et Manon Haag de la cinémathèque régionale
CARRY GREENHAM HOME Beeban Kidron & Amanda Richardson 1983 ROYAUME UNI 69 MIN Des militantes mènent des actions pour perturber les activités d’une base aérienne après que des missiles de croisière y ont été stockés.
THE HAUNTED Saodat Ismailova 2017 – OUZBÉKISTAN, NORVÈGE – 23 MIN Une lettre cinématographique adressée à une race de tigres disparue, remettant en question les changements historiques qui ont conduit à son extinction.
SUDESHA Collectif Yugantar 1983 – INDE – 34 MIN Dans les basses régions de l’Himalaya, les populations dépendent entièrement de la forêt pour leurs besoins quotidiens en bois de chauffage, en nourriture et en eau. Mais les forêts ont été détruites par de puissants négociants en bois.
WHO IS AFRAID OF IDEOLOGY? PART 3: MICRO RESISTENCIAS Marwa Arsanios 2020 – ALLEMAGNE, COLOMBIE, FRANCE, LIBAN – 31 MIN La guerre systémique menée par les multinationales contre l’élément le plus essentiel à la vie : la graine.
MANGROVE SCHOOL Filipa César, Sónia Vaz Borges 2002 – FRANCE, PORTUGAL – 34 MIN « Nous étions parties pour étudier les conditions de vie des élèves dans les écoles de la résistance, situées dans les mangroves. Nous nous sommes bien vite retrouvées en position d’apprenantes – et la première leçon a été de réapprendre à marcher. »
AEQUADOR Laura Huertas Millán 2012 – FRANCE, COLOMBIE – 19 MIN « Les dérives d’un rêve progressiste et moderniste en Amérique Latine. Nous avons imaginé un temps révolu où une idéologie extrémiste se serait lancée à la conquête du territoire amazonien. »
CURUPIRA E A MAQUINA DO DESTINO Janaina Wagner 2021 – BRÉSIL, FRANCE – 25 MIN Sur les routes Transamazônica, BR319 et dans l’authentique village de Realidade, au sud de l’Amazonie, le f ilm décrit la rencontre entre l’entité Curupira, un diable queer qui protège les forêts du Brésil, et le fantôme d’Iracema, une prostituée de 14 ans.
FIVE YEAR DIARY REEL 22, A SHORT AFFAIR AND GOING CRAZY 1982 – ÉTATS-UNIS – 27 MIN REEL 80, EMILY DIED 1994 – ÉTATS-UNIS – 27 MIN MELON PATCHES OR REASONS TO GO ON LIVING 1998 – ÉTATS-UNIS – 27 MIN. Anne-Charlotte Robertson Trois parties du journal intime de 40 heures filmé en Super 8 mm, retraçant la vie de Robertson entre 1981 et 1998 environ. En présence de Becca Voelcker.
Sans doute plus qu’un autre, William Burroughs incarnet-il la rébellion, la marge, le refus. C’est autour de lui que s’orchestre la Nova convention de 1978 à New York. Des images retrouvées tournées par Howard Brookner nous parvient quelque chose de l’énergie subversive, joyeuse et créatrice à laquelle aujourd’hui encore on voudrait se nourrir.
Loin de ces figures tutélaires et de cette époque de luttes et d’espoirs que furent les années 70, Coco Tassel a filmé trois femmes artistes qui tentent des chemins singuliers, résistant aux injonctions normatives, tandis qu’à Athènes Daphné Hérétakis se fait la porte-voix d’un appel à la destruction du Parthénon et de tous les sites antiques, manière de résister à l’enlisement du pays dans son patrimoine et au-delà, à celui de nos sociétés contemporaines…
Et contre le poids du passé, de la colonisation mais aussi d’une tradition catholique sclérosante, émerge en Irlande sur la scène musicale un courant qui fait percuter le folk avec le punk, le hip hop et la musique contemporaine. La trajectoire du sculpteur syrien Assem al Basha est profondement liée à l’histoire violente de son pays, depuis ses études en Union soviétique jusqu’à sa fuite du pays, la destruction de ses œuvres par les hommes de Bachaar al-Assad, le meurtre de son frère. Mais son être tout entier est habité par la force de la lumière, des montagnes syriennes. De tout cela naît une œuvre ultime, une œuvre de résistance qui fait réapparaître avec celui du poète ancien Al Maari, le visage clairvoyant de la philosophie arabe.
La lutte des hommes est souvent incarnée par une f igure emblématique dont l’histoire en devenant légende devient celle de tout un peuple. Dans We People From the Islands, à la trajectoire de Amilcar Cabral, leader de la lutte de libération nationale du Cap Vert et de la Guinée Bissau, viennent se superposer celles d’hommes et de femmes dont la vie tout entière a été celle de ce même combat. Le film raconte aussi un temps où les solidarités panafricaines et au-delà ont vaincu les empires coloniaux occidentaux. Le combat collectif est encore aujourd’hui le fait d’hommes et de femmes qui se dressent contre le pouvoir dans différents pays d’Afrique. Au Sénégal, Abdou Lahat Fall nous entraîne au cœur du FRAPP, tandis que les élections approchent. Les manifestations se succèdent et les militants sont arrêtés, mais d’autres sont là pour prendre la relève. Depuis près de dix ans, une jeunesse contestataire africaine animée par une même conscience politique prône l’engagement citoyen sur le terrain face aux partis politiques qu’ils disent corrompus, autoritaires et inefficaces. Cette conscience politique, comment l’exerce-t-on ici et maintenant ? C’est ce que nous donnent à comprendre les deux derniers films de cette sélection. D’un côté le sociologue Geoffroy de Lagasnerie dont la pensée et l’engagement politique se nourrissent et se répondent en actes, de l’autre le collectif d’artistes Faire-part face à un dilemme : leurs films anti-coloniaux ont-ils leur place sur Brussels Airlines ? Catherine Bizern.
NOVA ’78 Aaron Brookner, Rodrigo Areias 2025 – ROYAUME-UNI, PORTUGAL – 78 MIN. Ressuscité grâce à une restauration d’archives, le film montre des images inédites de la légendaire Nova Convention tournées par Howard Brookner, où William Burroughs, Patti Smith, Zappa, Ginsberg et bien d’autres se sont rencontrés dans une explosion d’idées, d’art et de rébellion.
CE QU’ON DEMANDE À UNE STATUE C’EST QU’ELLE NE BOUGE PAS Αυτό που ζητάμε από ένα άγαλμα είναι να μην κινείται Daphné Heretakis 2024 – GRÈCE, FRANCE – 32 MIN. À Athènes, rien n’a l’air de bouger, ses habitants semblent immobiles comme des statues. Pourtant, quelque part, une cariatide s’échappe d’un musée et un groupuscule exige la destruction de toutes les antiquités. Filmer serait peut-être la seule manière de ne pas rester de marbre.
Le film de Coco Tassel touche dans sa manière de filmer un trio d'artistes féminines, dans leur lutte pour pour leur indépendance tout en tentant de maintenir une cellule familiale pour deux d'entres elles. Ce qu’on demande à une statue c’est qu’elle ne bouge pas donne l'occasion de penser qu'un ailleurs est possible, hors des carcans classique du partage constant de la vie avec son partenaire et ses enfants.
LES FEMMES SONT BELLES WOMEN ARE GREAT Coco Tassel 2026 – FRANCE – 82 MIN Virginia Woolf écrivait qu’il fallait une chambre à soi pour créer. Aujourd’hui, est-ce un lieu, un droit, un privilège ? Avec Nedjma, Anaïs et Lola, je filme. Je les observe. Mais pas que.
ÚTÓIPE CHEILTEACH CELTIC UTOPIA Dennis Harvey, Lars Lovén 2025 – SUÈDE, IRLANDE – 90 MIN Un portrait de la scène musicale vibrante de l’Irlande contemporaine, mais aussi celui d’une société postcoloniale aux prises avec son héritage. La renaissance du folk irlandais voit émerger des artistes venus du punk, du hip-hop et d’autres horizons, qui chantent pour tenter de comprendre leur passé et de guérir les blessures laissées par la colonisation.
LA TÊTE D’ASSEM ASSEM’S HEAD Aref Haj Youssef, Antoine Carrère 2026 – FRANCE – 78 MIN Afin d’attirer l’attention sur la situation en Syrie, Assem al Basha, f igure majeure de la dissidence artistique, sort de sa réclusion mélancolique pour sculpter sa dernière grande œuvre : le portrait d’Al Maari, grand poète du XIème siècle dont les vers désabusés restent d’une étonnante actualité.
PEOPLE OF THE ISLANDS NÓS, POVO DAS ILHAS Elson Santos, Lara Sousa 2025 – PORTUGAL, CAP VERT, MOZAMBIQUE – 80 MIN. En 1965, dans le cadre d'une opération secrète, un groupe de 31 jeunes Capverdiens s'embarquent pour Cuba afin d'y suivre une formation militaire qui leur permettra de libérer leur pays du joug colonial. Portrait d'une jeunesse guidée par le rêve de la libération de son pays.
INDÉPENDANCE TEY Abdou Lahat Fall 2026 – SÉNÉGAL, BÉNIN, FRANCE – 83 MIN. Une immersion au sein du FRAPP, un collectif qui rassemble la jeunesse contestataire sénégalaise à Dakar, alors que se profile l’élection présidentielle la plus décisive pour l’avenir du pays depuis l’indépendance de 1960. Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour mener leur lutte ?
WHAT WE SAID TO BRUSSELS AIRLINES Collectif Faire-Part 2026 – BELGIQUE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO – 21 MIN Cent ans après le premier vol entre la Belgique et la République démocratique du Congo, Brussels Airlines invite le Collectif Faire-part à diffuser ses films sur la résistance anticoloniale à bord de ses vols. Il y a autant de raisons d’accepter que de refuser.
LA CONSCIENCE POLITIQUE THINKING POLITICS Léolo Victor-Pujebet 2026 – FRANCE – 74 MIN Le portrait de Geoffroy de Lagasnerie, à travers fragments du présent, archives, lectures et voix proches. Un film où la pensée politique s’éprouve dans les gestes, l’amitié et les luttes, et où le cinéma devient un espace de circulation vivante de la pensée.
Outre la traditionnelle séance d’ouverture, Cinéma du réel propose plusieurs séances spéciales, autour d’une sélection de films récents de l’année écoulée : avant-premières précédant la sortie en salles, premières françaises de films français salués dans les festivals de classe A, inédits, performances, et autres rendez-vous privilégiés avec des cinéastes, jeunes ou expérimentés, proches de l’esprit du festival. Ces séances spéciales sont conçues comme des événements, elles sont des rampes de lancement pour les films avant leur sortie en salle ou leur diffusion à la télévision et rassemblent le public du festival, ses invités et ses partenaires.
Film d’ouverture
NUESTRA TIERRA de Lucrecia Martel
2025 | Argentine, États-Unis, Mexique, France, Pays-Bas, Danemark | 119′
Clôture
EN NOUS de Juliette Binoche
2025 | France | 127′
NOUS SOMMES LES FRUITS DE LA FORÊT de Rithy Panh
2025 | France, Cambodge | 87′
UN HIVER RUSSE de Patric Chiha
2026 | France | 86′
TO HOLD A MOUNTAIN de Biljana Tutorov et Petar Glomazić
2026 | Serbie, France, Monténégro, Slovénie, Croatie | 105′
MARE’S NEST de Ben Rivers. 2025 | Royaume-Uni, France, Canada | 98′

UN CRI DANS LE NOIR de Bani Khoshnoudi
Lecture performative et visuelle | 30′
THE VANISHING POINT de Bani Khoshnoudi
2025 | Iran, États-Unis, France | 103′
EBERHARD AS SEEN BY AMIT d’Amit Dutta
2026 | Inde, Suisse | 96′
EIGHT BRIDGES de James Benning
2026 | États-Unis | 82′
TALL EL ZAATAR de Jean Chamoun, Mustafa Abu Ali, Pino Adriano
1977 | Palestine, Italie | 82′
REMAKE de Ross McElwee
2025 | États-Unis | 117′
DAO d’Alain Gomis
2026 | France, Sénégal, Guinée-Bissau | 185
BELLEVILLE NOUS VERRA TOUJOURS DANSER d’Hugo Sobelman
2025 | France | 87′
L’Arlequin
76, rue de Rennes, Paris 6e
Reflet Médicis
3, rue Champollion, Paris 5e
Saint-André des Arts
Achat de billets public :
30, rue Saint-André des Arts, Paris 6e
Accès à la salle et retrait des billets accrédités et invités :
12, rue Gît-le-Coeur, Paris 6e
Christine Cinéma Club
4, rue Christine, Paris 6e
Milann Baupin, le 29 mars 2025