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La chant des forêts

Vincent Munier
2025

Avec : Michel, Vincent et Simon Munier. 1h33.

Les brumes sur les forêts des Vosges. C'est ici au coeur du massif vosgien que Vincent Munier a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage : les cerfs, les renards et lynx, les oiseaux… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras. La disparition du Grand Tétras le plus gros des gallinacés d’Europe, que l’on pouvait autrefois apercevoir dans les Vosges, mais qui n’est aujourd’hui visible que plus au nord du continent, comme en Norvège où le trio finit par partir sur ses traces.

Dans La Panthère des neiges (Marie Amiguet, 2021), Vincent Munier, célèbre photographe animalier, accompagnait Sylvain Tesson lors de deux voyages au Tibet, en 2017 et 2019, sur les traces de la panthère. Le questionnement principal est la prise de conscience du peu de place qu’on laisse aujourd’hui au monde sauvage. L'apparition de la panthère des neiges, félin impassible, qui observe de haut sans se manifester, faisait figure de vigie silencieuse au sommet d’un monde qui s’abîme. Elle est l’emblème de toute cette diversité (animale, mais aussi culturelle) qui disparaît, entraînée dans les bouleversements de notre époque.

Le photographe animalier nous invite cette fois au coeur des forêts des Vosges. Il s’agit ici de saisir la beauté des choses qui a bien moins à voir avec le spectaculaire. La première qualité mise en avant n’est pas le regard mais l’écoute. Dans la forêt, on entend plus qu’on ne voit. Une grande attention est portée au chant des oiseaux, aux sons qu’ils produisent. Il importe dès lors d’interférer le moins possible dans la vie des animaux, de se rendre invisible. Le film comporte très peu de voix off et affronte les scènes dialoguées notamment dans une petite maison dans la forêt. Le documentaire s’intéresse à la question de la transmission : maintenant, c’est au tour du fils de Vincent d’apprendre. Le film suit ainsi trois regards, trois générations, avec une même fascination pour la vie sauvage.

Le Chant des forêts ne peut faire l’impasse sur une profonde inquiétude : celle de la disparition de plus en plus massive et rapide de la faune, sous l’effet de l’activité de l’homme. Une partie du récit est centrée sur l’histoire du grand tétras,. « On est dans ce qui s’en va », déplore Michel Munier, philosophe, replaçant notre humanité à sa juste place, dans un grand tout qui nous dépasse. 

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