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À la Maison des femmes de Saint-Denis nouvellement créée, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Ce jour de 2016 , Inès vient pour son stage d'interne en gynécologie. Elle accompagne Diane Khoury, la directrice, pour une opération de reconstitution du clitoris. Diane s'étonne que le sujet de thèse de sa stagiaire porte sur une opération pratiquée dans les seules cliniques privées à des coups dispendieux. Diane est en plus prise à partie par Gilles Mercier, le comptable, qui la prévient que la situation économique de leur structure est catastrophique et qu'elle doit en informer l'équipe et trouver de l'argent pour continuer.
Dans le groupe de paroles, Bintou, excisée, raconte comment elle résista de toutes ses forces mais en vain lorsque sa grand-mère, en laquelle elle avait toute confiance, l'amena chez une femme chargée de cette opération. Aïssatou-1 quitte le groupe.
Inès est à côté de Manon lorsque celle-ci reçoit Aïssatou-2 qui a quitté son pays d'Afrique où elle était traitée en esclave par les autres femmes de son mari, lequel la violait régulièrement. Aïssatou ne parle ni le français ni l'anglais et un autre rendez-vous doit être organisé avec une interprète. En attendant Inès est chargée de lui trouver un hébergement d'urgence.
Sylvie, femme battue, ancienne assistante sociale, déclare à Alexandre qu'elle va arrêter accompagnement de la Maison des femmes. Elle ne se sent pas à sa place dans une structure où c'est un homme qui l'écoute. Alexandre lui indique que c'est pourtant important que ce soit un homme qui lui affirme que ce que lui a fait subir un autre homme n'est pas normal. Sylvie rejoint alors l'atelier où sous la conduite de Rozenn les femmes se soutiennent en partageant des soins de beauté puis sont alors prises en photo par Louise. A la fin du l'atelier, Coumba remet à Rozenn le collier qu'elle ne peut porter chez elle.
Diane a réuni les membres de son équipe pour leur faire part de la situation très difficile de leur structure et propose pour s'en sortir une vaste campagne de promotion auprès de médias et des publics pour les aider à soutenir un programme d'expansion consistant à utiliser les locaux vétustes inutilisés de l'hôpital. Dans l'immédiat, elle doit néanmoins faire face aux questions de deux inspecteurs de l'IGASS venus ausculter leurs pratiques et leurs résultats. Diane trouve heureusement à se ressourcer en pratiquant régulièrement la natation.
Manon a plus de difficultés dans son couple où l'arrivée de leur enfant tend encore davantage les emplois du temps de chacun et rend difficile de continuer à vivre à Paris. Damien reproche à Manon de n'être jamais là pour son enfant alors que celle-ci considère que son métier d'enseignant devrait lui permettre de trouver du temps. Inès est plus apaisée quand elle rentre chez elle en retrouvant son colocataire, Thomas, qui s'affirme volontiers comme un homme déconstruit. Seuls les appels de sa mère insupportent Inès.
Lucie interroge Aïssatou-1 sur son départ du groupe de paroles. Elle lui révèle alors se sentir coupable de n'avoir, contrairement à Bintou, pas résisté à l'excision, terrorisée par ce qu'elle avait entendu puis vu réalisé sur sa jeune sœur. Lucie tente de lui faire comprendre que son esprit s'est alors dissocié de son corps sans la convaincre pleinement. Lucie tente de dissuader Diane de pratiquer une opération sur le clitoris tant que Aïssatou-1 n'aura pas résolu son traumatisme psychique.
Soudain, en mars 2019, s'abat le Covid 19 et le confinement. L'équipe passe plus de temps au téléphone à convaincre les patientes que leur venue à la maison des femmes est prioritaire. Elle parvient à exfiltrer Coumba et ses deux enfants de l'appartement familial où ils subissent la violence du mari mais apprennent que Catherine, qui avait rejoint son mari durant le confinement, est morte sous ses coups.
Les consultations reprennent. Inès qui s'est expliquée avec sa mère sur le choix de son engagement, motivé par un père violent, accueille Leila qui veut retrouver un hymen intact au cas où on la marierait de force. Inès la convainc surtout de poursuivre ses études pour rendre sa famille fière d'elle et que si celle-ci tente de la marier de force de ne pas hésiter à prévenir la police ou elle-même. Diane continue d'être présente dans les médias comme à la piscine. Manon accepte d'être mutée à la toute nouvelle Maison des femmes de Bordeaux afin de mieux concilier travail et vie de couple.
Le film rend hommage à l'équipe qu'a su réunir autour d'elle Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne, qui a fondé en 2016 la Maison des Femmes de Saint Denis, ses parcours de soin où différents professionnels, médecins, psychologues, avocats, juristes, policiers, artistes parfois… croisent leurs compétences et leur énergie pour aider les femmes victimes de violence à se reconstruire. Quatre mille femmes sont accueillies chaque année à Saint-Denis, soit quotidiennement entre cinquante et quatre-vingts femmes, en consultation, pour un atelier, un groupe de paroles ou le planning familial. Trente-deux structures existent dorénavant en France et bientôt trente-six puisque quatre nouvelles structures sont en passe d’obtenir leur agrément.
Mélisa Godet parvient en près de deux heures à rendre compte de ce lieu alors unique où Diane, Manon, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance à des femmes brisées par la violence. Elle multiplie sur un rythme trépidant les vignettes où le jeu des actrices professionnelles, aussi bien du côté des soignants que des patientes, parvient à rendre supportables ce que subissent ces dernières, qui trouvent ici la force de s'en sortir. Mélisa Godet ménage aussi un habile jeu de couture entre les vignettes consacrées à la vie professionnelle et celles à la vie privée alors qu'Inès, la jeune stagiaire, nous sert de guide dans ce lieu et ses personnels si nécessaires.
Jean-Luc Lacuve, le 25 mars 2026