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L'abandon

Vincent Garenq
2026

Genre : Drame social

Avec : Avec : Antoine Reinartz (Samuel Paty), Emmanuelle Bercot (Victoire Lanion), Emma Boumali (Bachira Saïdi), Nedjim Bouizzoul (Kader Saïdi), Azize Kabouche (Tahar Amara), Marie-Sohna Condé (Firmine - Gardienne), Mounira Barbouch (Malika - Principale adjointe), Sandy Lewis Godefroy (Fatima Saïdi), Guzman Batlle (Abdoullakh Anzorov), Alexandre Blazy (Alain), Pascale Mariani (Isabelle), Éric Génovèse (Le référent laïcité), François Perache (Le directeur académique adjoint). 1h40.

16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, sort de son collège de Conflans-Sainte-Honorine. Sa voix venue d'outre tombe déclare "Je n’ai jamais rêvé d’être un héros. Mais que ma vie ait un sens ; qu’elle serve à quelque chose; que mes cours éveillent une vocation, j’avoue que j’en ai rêvé, si je suis désormais un héros de la république, après tout, pourquoi pas".

Onze jours plus tôt. Ce lundi matin, Samuel Paty conduit joyeusement son fils chez sa mère pour qu'il aille en voiture à l'école sous la conduite de son beau-père. Dans son cours d'instruction civique avec ses élèves de quatrième, il annonce un cours sur la liberté d'expression qui va s'appuyer sur les célèbres caricatures de Charlie-hebdo. Il demande alors à ceux qui pourraient être choqués par ces représentations de Mahomet de quitter brièvement la salle pendant leur projection. Quelques élèves s'exécutent avant de revenir en classe quelques minutes plus tard. Le cours porte sur les points positifs ou négatifs (blasphème, irrespect) de ces caricatures. Samuel Paty conclut en disant que la liberté d'expression protège chaque religion au sein de la sphère privée mais n'interdit pas de s'en moquer dans l'espace public. La notion de blasphème est donc inexistante en droit français et l'irrespect manifesté par ces caricatures vise, d'autres fois, toutes religions, tout parti politique ou tout corps constitué. A la demande d'un élève, une blague, consignée dans le célèbre carnet que Samuel Paty réserve à cet objet, met fin au cours.

Dans le hall du collège, les élèves discutent du cours, surpris par ce qu'ils viennent de leur être montré. Bachira, une élève de quatrième d'une autre classe entend ces propos notamment que Mahomet était nu. Puis par jeu, elle prend la casquette d'un des élèves mais quand cela menace de dégénérer, la principale adjointe lui intime l'ordre de ramasser la casquette, ce qu'elle refuse de faire et se voit confisquer son portable qu'elle gardait allumé. La proviseur adjointe, excédée de ce nouveau débordent de Bachira, propose à la proviseur de convoquer la mère de l'élève. La secrétaire se charge de l'opération mais Fatima Saïdi défend comme à son habitude sa fille et refuse la convocation.

Le mardi, Bachira arrive très en retard au cours de Samuel Paty, bien après la diffusion des caricatures. Comme elle est bruyante et sans gêne, Samuel Paty la réprimande et heurte sa chaise, disposée négligemment dans l'allée.

Ce même mardi, la mère de Bachira apprend que sa fille est exclue deux jours pour ses absences répétées et son insolence. Elle s'en inquiète auprès de sa fille tout juste revenue de l'école qui prétend que c'est parce que Samuel Paty a présenté aux élèves la photo d'un homme nu et d'avoir indiqué "C'est le Prophète" qu'elle s'est révoltée au point que Samuel Paty a heurté sa chaise et la fait renvoyée pour deux jours du collège.Se sentant humiliée et méprisée elle ne veut plus y revenir. Kader Saïdi, le père rentre à la maison et sa fille répète ce qu'elle a déjà dit à sa mère. Une telle histoire révolte Kader qui fait une vidéo sur les réseaux sociaux appelant au renvoi de Samuel Paty. Sa vidéo suscite de très nombreuses approbations et est transférée de proche en proche. Elle atteint ainsi Tahar Amara qui vient rencontrer Kader et le persuade d'aller se plaindre au collège.

De son côté, Victoire Lanion, la principale, a été alertée par une mère d'élève qui s’est plainte du malaise de sa fille dans le cours du lundi d'avoir, comme musulmane, du choisir de quitter ou non le cours pour ne pas voir la représentation Mahomet. Victoire exprime sa stupéfaction à Samuel qui explique cil s’agit d’un malentendu et réfute avoir désigné une communauté en particulier. Victoire le charge de résoudre ce différend avec la mère de l'élève. Samuel appelle alors la mère d’élève, étonnée qu'il ait pu désigné les musulman. Il lui répond qu'il est désolé que sa fille ait pu le comprendre ainsi puisqu'il a bien pris soin de ne demander qu'à ceux qui pourraient être choqués de voir une caricature de Mahomet de quitter la salle quelques instants s'ils le voulaient. La mère d'élève qui, comme sa fille, aime beaucoup Samuel comprend le malentendu et remercie Samuel de la compréhension dont il fait preuve.

Kader Saïdi et Tahar Amara se rendent au collège pour parler avec la principale et exiger d'elle qu'elle congédie l'enseignant sous peine de manifestations. Victoire Lanion, choquée par la violence des propos, suit la procédure à appliquer en cas de menaces et contacte le rectorat et le référent laïcité. Elle décide aussi de réunions avec les enseignants et les parents.

Tahar Amara incite Kader Saïdi à déposer plainte au commissariat. Ils diffusent ensuite de nouvelles vidéos traitant le professeur, de voyou, de malade et appelant à manifester pour le renvoyer. Une mère d'élève tente vainement de persuader Kader qu'ilnse trompe en accusant Samuel Paty. Celui-ci mis au courant de la viralité des menaces qui pèsent sur lui après la vidéo en est abasourdi. Un collègue de sport lui propose de le ramener chez lui et se propose de la conduire chaque jour en voiture vu les menaces.

Lors de la réunion avec le référent laïcité, celui-ci affirme que Samuel Paty n'a commis aucune faute, si ce n'est qu'un cours doit être pour tout le monde et que proposer à certain élève de sortir un court instant est à éviter. Il déclare aussi qu 'il serait bien que Samuel Paty s' excuse auprès des parents. Deux des professeurs, Alain et Isabelle, réprouve l'attitude de Samuel Paty qui en ayant montré les caricatures a suscité la polémique. Samuel Paty proteste expliquant avoir respecté le programme du cours et n'avoir utilisé que de caricatures approuvées par l'éducation nationale et proposées sur la plateforme Eduscol.

La police informe la principale de la plainte déposée par Kader Saïdi et lui interdit alors le moindre contact avec lui notamment au cours d'une réunion de parents d'élèves. L’inspecteur conseille à la principale de faire en sorte que Samuel Paty se mette en retrait de cette affaire.

Kader Saïdi décide finalement de participer à la réunion des parents d'élèves mais est refoulé par la principale du faite la plainte qu'il a déposé. Les quelques parents d’élèves présents sont tous des soutiens de Samuel Paty mais s’étonnent qu'il soit absent. La principale lui téléphone mais Samuel explique que puisqu'on lui avait dit de se mettre en retrait il avait compris qu'il n'était pas convié et s'excuse de ce malentendu.

Le référent laïcité l'informe qu'il doit porter plainte et après constitution d'un dossier qu'il doit réaliser depuis chez lui. Profondément affecté, Samuel tente de retrouver un peu de réconfort auprès de son fils qui s'est endormi.

Samuel Paty va déposer plainte accompagné de la principale, il s'étonne du terme pédocriminalité contenu dans l'intitulé de la plainte. L'inspecteur lui affirme que cela n'a aucune importance et le fait signer.

Le dernier jour d’école avant les vacances, Samuel Paty revient chercher le doudous que son fils a oublié chez lui et lui dit au revoir avant de partir pour le collège. les couloirs bruissent de rumeurs suites au vidéo mais Saule Paty fait ses cours comme à l'habitude. En fin d'après-midi il demande à l'un des professeurs de le ramener mais celui-ci ne peut du fait de tâches administratives. Dehors, Abdoullakh Anzorov, qui avait suivi les vidéos de Tahar Amara et Kader Saïdi, demande à un collégien s'il connaît Samuel Paty. Celui- ci lui désigne alors un autre élève. Abdoullakh Anzorov lui promet 300 euros s'il peut le designer afin qu'il puisse le forcer à s'excuser. D'autres élèves les rejoignent. Abdoullakh Anzorov qui veut être sûr de ce qu'a fait Samuel Paty demande à l’un des collégiens de contacter Bachira par téléphone. Celle-ci réitère ses mensonges devant Anzorov qui se met en colère. Une patrouille de police municipale le repère mais n'ayant rien à charge contre lui s'éloigne. Quand Samuel Paty sort du collège, il est suivi par Anzorov qui se précipite sur lui après avoir écarté une jeune collégienne. Les garçons qui ont guidé Anzorov savourent les bonbons qu'ils ont pu acheter avec son argent. Des passants affolés qui ont découvert le corps décapité alertent la voiture de police municipale. Ce sont bientôt toutes les sirènes de police qui se déclenchent. Anzorov, cerné, refuse de se rendre. Il est abattu.

Victoire Lanion, qui n'avaient cessé de s’inquiéter malgré le calme apparent de cette dernière journée de classe, sait que le drame qu'elle redoutait s'est produit.

Tahar Amara, Kader et Bachira Saïdi sont arrêtés ainsi que les collégiens qui ont aidé Anzorov; ils sont effondrés par les consensuels de leur acte. Bachira réitéré ses mensonges contre toute évidence.

Des fleurs sont déposées devant les grilles du collège. Salma délivre un émouvant hommage à son professeur devant élèves, enseignants et parents réunis.

Au sein du département de la sécurité intérieure, on sait qu'on a échoué. Les propos et images diffusés par Anzorov auraient dus alerter sur sa dangerosité; la mention de pédocriminalité sur la plainte de Paty a retardé son examen par le bon magistrat, les autorités rectorales, soulagées de pas voir plus de manifestations de parents, n'ont pas activé des mesures de sécurité suffisantes; la police municipale n'a pas jugé non plus de son ressort d’agir. Samuel Paty a été abandonné. La photo hommage du collège qui avait les traits de l'acteur se fond en celle de Samuel Paty.

Des cartons viennent clôturer le film en indiquant les peines des différents prévenus à l’issue du procès.

C'est un film dossier, spécialité de son réalisateur, où le contenu prime sur le regard porté sur lui. C'est ainsi les terribles mécanismes qui ont conduit Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, à être assassiné par arme blanche et décapité peu après être sorti de son collège de Conflans-Sainte-Honorine qui sont exposés avec clarté, compte-tenu des multiples protagonistes, et sensibilités envers un homme tout dévoué à son travail.

L'abandon dont il est question est celui d'un systeme où personne, si ce n'est la direction du collège, a pris la mesure du danger que courait un homme livré en pature aux reseaux sociaux et la haine inéxorable et sans écoute de deux hommes enfermés dans leur colère et d'un déséquilibré radicalisé.

Administratifs de l'education nationale, polices nationale et municipale et jsutice ont fait leur travail mais de façon routinière, trop lentement sans empathie, sans faire bloc. Il en est de même ici des collègues de Samuel Paty dont seulement deux le soutiennent vraiment alors que deux autres se montrent hostiles et les autres inquiets. Une enseignante de français au collège du Bois-d’Aulne, a protesté auprès du journal Libération sur cette vision indiquant que Samuel Paty a bénéficié d'un "soutien personnel globalement" de la part de ses collègues, en rappelant qu'ils étaient "au moins quatre à l’emmener au collège le matin et à le ramener chez lui le soir", leurs messages de soutien ayant "abreuvé la boîte mail" de la victime le week-end précédant le drame.

Le scénario est écrit par Vincent Garenq et Alexis Kebbas, en collaboration avec une des sœurs de Samuel Paty, Mickaëlle Paty. Il s’inspire librement du livre-enquête, Les derniers Jours de Samuel Paty, du journaliste Stéphane Simon, publié en 2023.

Le tournage débute dans le plus grand secret le 2 juillet 2025 à Noisy-le-Roi, dans les Yvelines, jusqu'au 4 août suivant. Le 2 mars 2026, quelques heures après le verdict du procès en appel de Paty concernant les quatre hommes impliqués dans l’assassinat, la société de distribution, UGC, dévoile le titre, la bande-annonce et l'affiche du film et précise : "Nous avons choisi de ne pas communiquer pour donner la priorité à la justice et au procès en appel. Le verdict ayant été rendu, nous espérons que ce film prendra le relais, pour que l’histoire de Samuel Paty ne tombe pas dans l’oubli".

A l'exception de Samuel Paty et de son assassin, les noms des protagonistes ont tous été modifiés.

Ressource internet : dossier pédagogique du Ciné-Normandy d'Argentan

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