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Promenade avant-gardiste dans le Montparnasse de la fin des années 1920. Ce quartier de Paris, filmé de la manière la plus insolite, montre à quel point il est voué à l'art. Visitez ses galeries d'art et ses expositions, admirez le célèbre peintre Fujita, Luis Buñuel regardant les jambes d'une belle Parisienne en passant devant la terrasse du café où il est assis, ou encore trois futuristes italiens, Marinetti, Prampolini et Russolo. Mais en plus d'être un centre cosmopolite pour les créateurs, Montparnasse est également un quartier populaire, animé par la vie de ses habitants ordinaires, avec ses marchés et ses marchés aux puces, où ses gosses assistent à un spectacle de cirque de rue. Ne manquez pas les chèvres qui traversent la rue, car les imprévus sont toujours possibles. Et terminez la visite par une bonne tasse de café à la Rotonde ou au Sélect sur le boulevard du Montparnasse.
«Montparnasse
d'Eugène Deslaw est une réussite avant-gardiste, où l'oeil
bascule en permanence, nourri d'insolite et de mouvement. Après avoir
surpris la ville de nuit dans Les Nuits électriques (1928), le cinéaste
biélorusse construit une valse rythmée, torsade ses plans dans
les sinuosités de la capitale. Plans obliques, plongées déroutantes
sur la fourmilière, vues qui glissent et se chassent. Le spectateur,
pris d'un somnambulisme visuel, se laisse guider par l'euphorie des images.
L'intertitre devient inutile. Deslaw balaie le quartier, ce qui en fait la
vie et la misère, avec une minutie qui justifie cette succession d'esthétismes.
Ombres et lumières sont arbitrées habilement et inondent les
lignes brisées de tel ouvrage bétonné ou de cette cariatide
au dessin sensuel. La caméra se promène entre les tables de
La Rotonde et surprend une coquette saupoudrant un nez brillant ou un intellectuel,
des révoltes pleines le crayon. On y devine Foujita, la clope élégante,
ou Buñuel rêvassant devant des mollets qui dansent. Deslaw aime
l'insolite: troupeaux de chèvres, hommes sandwiches, clowns et funambules,
clochards, partagent le même périmètre. Ateliers d'artistes,
foires et brocantes pavent les trottoirs et rappellent les plus belles heures
du foyer intellectuel que fut Montmartre». Gael Le Bellego.
On peut aussi voir dans le film les futuristes Marinetti, Russolo et Prampolini