Accueil Fonctionnement Mise en scène Réalisateurs Histoires du cinéma Ethétique Les genres Les thèmes Palmarès Beaux-arts

Riz amer

1949

Genre : Drame social

(Riso amaro). Avec : Vittorio Gassman (Walter), Doris Dowling (Francesca), Silvana Mangano (Silvana), Raf Vallone (Marco), Checco Rissone (Aristide), Nico Pepe (Beppe). 1h48.

Francesca et Walter sont un couple de jeunes délinquants. Ils viennent de dérober un collier de valeur dans un hôtel. Poursuivis par la police, ils se cachent dans un convoi de mondine en partance pour les rizières de la plaine du Pô. Francesca dissimule le collier que lui a confié Walter. Celui-ci, pensant passer ainsi inaperçu danse avec la jeune Silvana mais se fait repérer par les policiers et s'enfuit. Dans le train, Silvana est intriguée par Francesca et, pour l'aider, lui fait obtenir un travail de "mondina clandestina" (sans contrat).

Dans le dortoir, Silvana découvrant le recel de Francesca s'empare du collier à son tour. Pour éliminer Francesca, elle l'accuse d'être une « jaune ». Francesca est sauvée d'un probable lynchage par le sergent Marco Galli qui pacifie les deux fronts opposés. Francesca réussit à entraîner d'autres compagnes irrégulières et à la fin convainc toutes les mondine d'engager une lutte commune pour obtenir d'être toutes embauchées régulièrement.

Silvana se confie finalement à Francesca, lui disant sa fatigue et son écœurement de l'exténuante vie de mondina. Elle lui restitue son butin. Marco a observé la scène. Francesca a fini par tomber amoureuse de lui mais lui s'est maintenant amouraché de Silvana.

L'arrivée de Walter, qui avait attendu au loin que la situation se calme, vient jeter le trouble lors d'une fête. Après avoir « emprunté » à nouveau le collier à Francesca, Silvana danse avec Walter au milieu des mondine et des ouvriers agricoles. Marco, voyant le collier, se dispute avec Silvana et, après avoir arraché le bijou de son cou, en vient aux mains avec Walter.

Walter révèle à Francesca que le collier volé est faux et la laisse là. Il courtise alors Silvana en lui offrant le collier sans lui parler de sa valeur. Éblouie à la perspective de la vie que lui offre Walter, Silvana devient sa maîtresse. La manœuvre de Walter n'est pas innocente : il est de mèche avec trois complices pour dérober la récolte de riz et il s'assure ainsi de l'aide de Silvana. Peu après avoir été couronnée Miss Mondina 1948, Silvana ouvre les vannes et inonde la rizière. Pendant que tous se démènent pour sauver les cultures, Walter peut fuir avec le riz.

Mais Francesca a compris. Réalisant que le vol du riz serait une tragédie pour les mondine, et que cet acte est tout à fait différent que de voler les riches, elle se tourne vers la seule personne susceptible de l'aider, Marco. Marco et Francesca affrontent Silvana et Walter. Les deux hommes se blessent mutuellement et le sort est entre les mains des deux femmes, armées de pistolets : après avoir entendu de la bouche de Francesca que Walter l'a trompée et utilisée, Silvana pointe le pistolet sur lui et fait feu.

En état de choc, vainement retenue par Francesca, Silvana se suicide. Les mondine lui rendent hommage jonchant son corps de riz, pendant que Francesca et Marco partent ensemble dans l'espoir d'un avenir meilleur.

En 1955, Carlo Lizzani définit le néoréalisme de "Mouvement général d'un groupe d'artistes vers la découverte humaine et spirituelle de notre pays". L'idée de découverte du pays, de cinéma miroir provient directement du marxisme. Pour le critique, le néo-réalisme ne constitue pas l'acte de naissance du cinéma italien. Il est lié à l'évolution du pays et du cinéma ; c'est une réponse au cinéma mussolinien.

En 1960, Raymond Borde approfondit les thèses de Lizzani en sous-titrant son livre consacré au néaoréalisme "une expérience de cinéma social". Le ton pamphlétaire est : goûts et dégoûts sont affirmés avec assurance. C'est un livre de combat. Borde exclut toute œuvre qui n'est pas précisément datée. Il faut des responsables faciles à désigner de l'injustice constatée La thématique de la pauvreté va de paire avec la pauvreté des moyens esthétiques. Les cinéastes sont néoréalistes pour réveiller le sens de l'humain et mobiliser le prolétariat. Borde s'intéresse plus à la thématique qu'à l'esthétique. La forme est sous évaluée. Se détache un "héros" : De Santis avec Riz amer.

Visconti est jugé trop aristocratique, de Sica trop humaniste, Rossellini est pris comme tête de turc ; esthétique et thématique trop personnelle. Pour Borde, le néoréalisme meurt après 1949 et le triomphes populaire de Riz amer : en 1949 le film est 7e au box-office en Italie et remporte également un grand succès en France. Présenté au 3e festival de Cannes, il est aussi nommé pour l'Oscar de la meilleure histoire originale en 1951.

Retour