La fille de Brest

2016

Genre : Drame social

D'après le livre d'Irène Frachon, Mediator 150 mg : combien de morts ? Avec : Sidse Babett Knudsen (Irène Frachon), Benoît Magimel (Antoine Le Bihan), Charlotte Laemmel (Patoche), Isabelle De Hertogh (Corinne Zacharria). 2h08.

En février 2009, confrontés à des cas de valvulopathie et d'hypertension artérielle pulmonaire, des médecins du CHU de Brest soupçonnent un lien avec la prise d'un médicament, le Mediator, commercialisé par les laboratoires Servier depuis 30 ans. La pneumologue Irène Frachon, aidée d'un chercheur, le professeur Antoine Le Bihan, s'improvise lanceuse d'alerte. Ces provinciaux candides ne cherchent qu'à sauver des vies. Mais, à Paris, ils découvrent un univers bien peu préoccupé d'intérêt général. L'argent règne en maître où les laboratoires pharmaceutiques arrivent à prendre le contrôle des autorités de santé .  Universitaires arrogants et brutaux, commissions d'experts dévoyées par les conflits d'intérêts, Irène Frachon et Antoine le Bihan ont la sensation d’avoir en face d’eux un bloc uni où il est impossible de discerner les experts des agences sanitaires des experts des Laboratoires Servier.

Ils découvrent une multiplication délibérée des groupes d’experts. Cet enchevêtrement d’organisations leur semble servir à ce que tout le monde s’occupe de tout et ne soit responsable de rien, comme si ce système était délibérément conçu pour permettre la dilution des responsabilités. Antoine Le Bihan, en tant que chercheur, est vite neutralisé. On l'accable de mépris, on lui coupe les crédits et il n'a plus qu'à s'exiler au Canada. Mais, dans ce cloaque, Irène Frachon trouve aussi des alliés inattendus qui l'encouragent à poursuivre le combat : l'étudiante en pharmacie qui cite le nombre de victimes brestoises dans sa thèse, l'épidémiologiste Catherine Hill, un éditeur tenace, une journaliste du Figaro, le « Père Noël » de la Cnam qui détient dans son ordinateur le nombre des morts au niveau national, mais ne peut le divulguer que sur demande de sa hiérarchie…

 

D'après le livre d'Irène Frachon, Mediator 150 mg : combien de morts ? paru en 2010 chez l'éditeur brestois Dialogues. La pneumologue du film est un peu plus bouillante que dans la réalité notamment à l'Afssaps. Ce jour-là Irène Frachon, terrorisée, jouait profil bas. Mais cet exposé virulent est indispensable à Emmanuelle Bercot à ce moment précis pour que le spectateur prenne conscience des enjeux, pour qu'il sache qu'il existe un antécédent chez Servier avec un autre médicament, l'Isoméride.

La seule entorse à la réalité est la composition du personnage d'Antoine Le Bihan. Il est inspiré du professeur Grégoire Le Gal, à présent chercheur au Canada. Tout au long de la lutte, il y a toujours eu entente sereine entre Grégoire Le Gal et Irène Frachon. Cela ne fait pas l'affaire des scénaristes : « Ça ne colle pas pour nous. Les Bisounours, cela ne fait pas un récit de cinéma. » Les scénaristes façonnent donc un chercheur angoissé, fragile, un être complètement différent du professeur Le Gal — avec l'accord de ce dernier —, et ils inventent une opposition entre lui et le docteur Frachon. Les paroles vives que les deux médecins échangent dans le film, Irène Frachon les a bien échangées, mais avec d'autres personnes.

Le seul regret d'Irène Frachon en voyant le film est que Xavier Bertrand ne soit pas évoqué, alors qu'il l'a contactée dès le déclenchement de l'affaire, et qu'il a demandé un rapport à l'Igas (Inspection générale des affaires sociales).

Pendant les trois années d'écriture du scénario6, Emmanuelle Bercot se demande en vain quelle actrice française pourrait incarner Irène Frachon. Elle songe même à abandonner le projet. C'est Catherine Deneuve qui lui suggère de recourir à Sidse Babett Knudsen, l'actrice de la série télévisée danoise Borgen, une femme au pouvoir. Pour justifier son léger accent, la pneumologue est présentée dans le film comme d'origine danoise, ce qui n'est pas le cas dans la réalité. La véritable Irène Frachon fait une brève apparition de type caméo dans le film : le personnage joué par Sidse Babett Knudsen la croise dans un couloir du CHU (Irène Frachon sort des toilettes, suit l’actrice ; on la voit principalement de dos) et les deux femmes se saluent (vers 33’).

Source : Wikipedia