Le roman d'un tricheur

1936

Avec : Sacha Guitry (le tricheur), Serge Grave (le tricheur à 12 ans), Pierre Assy (le tricheur, jeune homme), Marguerite Moreno (La comtesse), Jacqueline Delubac (Henriette), Rosine Deréan, Pauline Carton, Fréhel, Elmire Vauthier. 1h25.

La France sous la Restauration. Au théâtre des Funambules, Boulevard du Temple, la grande vedette est le mime Deburau. Il joue Pierrot lunaire à la perfection. La presse le porte aux nues. Il ne manque pas d'admiratrices, mais lorsque l'une d'elles tente de le séduire, il extrait de son gousset un médaillon représentant le portrait de sa femme. Il a aussi un fils, Charles. La famille est toute sa vie. Un jour, pourtant, survient une femme qui va lui faire oublier ses devoirs : c'est Marie Duplessis, la dame aux camélias. Il va vivre quelques semaines de bonheur intense avec elle, jusqu'à ce qu'il se voie supplanté par un rival plus jeune, Armand Duval. Entre-temps, sa femme l'a quitté. Désespéré, aigri, il ne lui reste que son fils, auquel il va se consacrer tout entier. Il tente de dissuader ce dernier de se lancer dans le théâtre. Mais, constatant qu'il a le feu sacré, il lui transmet le flambeau de son art. La lignée des Deburau continue.

Pour avoir volé huit sous dans le tiroir-caisse de ses parents, un petit garçon est puni : il est privé des champignons du déjeuner. Les onze membres de la famille à table meurent empoisonnés.

Chasseur dans un restaurant puis groom dans un hôtel de la Côte d'Azur, le jeune homme se fait le serment d'être riche un jour. Naturalisé monégasque, il devient croupier. Puis tricheur professionnel. Un honnête homme fait de lui un joueur : notre héros perd en jouant honnêtement, tout ce qu'il avait gagné en trichant.

 

En 1935, Sacha Guitry venait d'écrire Mémoires d'un tricheur. Au lieu de découper son livre en scènes dialoguées, il eut l'idée de se servir du texte, écrit à la première personne, comme d'un commentaire d'images de films qui viendraient simplement à l'appui des mots.

Une seule fois, le cinéaste interrompt son récit pour une scène dialoguée : l'occasion d'un sketch humouristique pour Marguerite Moreno en comtesse excentrique à la terrasse d'un café.

Confiant dans la puissance du cinéma, Guitry inventait ainsi le roman filmé comme il avait amorcé le théâtre filmé avec Pasteur. Il continuera de travailler simultanément théâtre et cinéma tout au long de sa prestigieuse carrière.