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Il y a deux types de torsions elliptiques ou ellipses torsadées, la simple et la double ; cette dernière est formée de deux torsions simples, l’une dans l’autre. Depuis l’extérieur, on n’observe aucune ligne verticale dans toute la hauteur. Lorsqu’on marche à l’intérieur, les parois s’inclinent parfois vers l’intérieur, parfois vers l’extérieur, dans un jeu de rapprochement et d’éloignement. Les plaques d’acier se plient jusqu’à atteindre une tension extrême et former une peau qui enveloppe l’espace elliptique. C’est une forme géométrique qui n’existait pas avant, ni en architecture ni en sculpture. Cette forme innovante donne à l’acier une apparence de matériau extrêmement flexible et dynamique. Les Torsions elliptiques comme les Spirales semblent être en mouvement perpétuel et entraînent le spectateur dans leur mouvement. Ce mouvement consiste en une rotation sur leur propre axe, dans laquelle la pièce tourne du bas vers le haut sans que son rayon ne change. « Ce sont des formes torses dans lesquelles il faut entrer et bouger pour comprendre leur torsion, et lorsque nous bougeons, elles aussi bougent, de sorte qu’on est toujours en train d’essayer de les attraper »
Ce type de pièces représente une évolution par rapport aux œuvres précédentes comme Serpent (Snake, 1994–97), où la section conique est la seule unité constructive principale.Snake, œuvre créée pour l'inauguration du musée Guggenheim de Bilbao, se compose de trois immenses rubans serpentins d'acier laminé à chaud, installés de façon permanente dans la galerie « Poissons » du musée. Bien qu'elle pèse environ 180 tonnes, cette œuvre colossale se perçoit à travers ses espaces négatifs. Les deux passages inclinés et sinueux créent une rare impression de mouvement et d'instabilité.
Snake et Torqued Ellipses semblent défier la gravité et la logique, rendant le métal massif aussi malléable que du toucher. Se transformant de façon inattendue au gré des déplacements des visiteurs, ces sculptures offrent des expériences surprenantes d'espace et d'équilibre, et provoquent une sensation vertigineuse d'acier et d'espace en mouvement.
Richard Serra est depuis longtemps reconnu pour son œuvre audacieuse et novatrice, qui met l'accent sur le processus de fabrication, les caractéristiques des matériaux et l'interaction avec le spectateur et le lieu. Au début des années 1960, Serra et les artistes minimalistes de sa génération se sont tournés vers des matériaux industriels non conventionnels et ont commencé à accentuer les propriétés physiques de leurs œuvres. Dépouillée de son rôle symbolique, affranchie du piédestal traditionnel et introduite dans l'espace réel du spectateur, la sculpture a instauré une nouvelle relation avec ce dernier, dont l'expérience phénoménologique de l'objet est devenue essentielle à sa signification. Les spectateurs étaient invités à se déplacer autour des œuvres – et parfois même dessus, à l'intérieur ou à travers elles –, dont beaucoup ne peuvent être pleinement comprises sans un examen itinérant. Au fil des ans, Serra a élargi son approche spatiale et temporelle de la sculpture et s'est principalement concentré sur des œuvres monumentales, in situ, qui créent un dialogue avec un contexte architectural, urbain ou paysager particulier.