(1941-2010)

Pop art

Post-moderne

Bunnies 1966 Wahington, Hirshorn Museum and sculpture garden
Jeux d'enfants 1988 Paris, MNAM
Cloud paintings 1992 Paris, Fondation Vuitton

Né en en 1941 à Oels en Silésie, une province allemande devenue polonaise après la Seconde Guerre mondiale, Sigmar Polke s'installe en République Fédérale Allemande;avec sa famille en 1953. Après un bref apprentissage chez un maître verrier, il suit au début des années 60 les cours de l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf, dominée alors par la personnalité charismatique de Joseph Beuys. C'est là qu'il rencontre Gerhard Richter et Konrad Lueg avec qui il fonde le Réalisme capitaliste qui se veut une réponse germanique au Pop-Art américain. L’intégration de la trame photomécanique dans sa peinture à partir de 1963 sous-tend ses premières manipulations sur les images.

A la fin des années 70, à la différence des Américains qui continuent de puiser dans la vie contemporaine, Polke ouvre le champ de ses ressources à tout type d'images graphiques, anciennes ou modernes. Ce refus de l'art comme progrès historique aussi bien que le rejet d'une modernité emblématique font de Polke le précurseur du post-modernisme. Il réalise des œuvres où se superposent motifs iconographiques et motifs abstraits. Sans cesser de diversifier la nature de ses supports (imprimés ou transparents), il expérimente aussi des pigments et des matériaux rares : laques, solvants, résines artificielles, oxydes d’argent ou arsenic. Ces expérimentations sans cesse renouvelées, la transparence des supports, l’utilisation de tissus imprimés aux motifs courants, l’emprunt d’images préexistantes constituent sa peinture comme un territoire hétérogène, hybride et foisonnant. En convoquant une iconographie liée aux événements traumatiques de l’histoire (la Terreur, les camps de concentration) ou en citant des artistes célèbres (Goya, Dürer), Sigmar Polke invite le spectateur à s’interroger sur le pouvoir de la représentation. Ouvert à la contradiction, il propose, parallèlement à cette lecture critique de l’image, une expérience hallucinée de son apparition, comme le suggère métaphoriquement l’une de ses œuvres intitulée La Lanterne magique.