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(1686-1755)
Rococo

Jean-Baptiste Oudry, né à Paris le 17 mars 1686 et mort à Beauvais le 30 avril 1755, est un peintre et graveur français. Il est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques.

Henri Camille, Chevalier de Beringhen 1722 Washington, National Gallery of Art
Clara le rhinocéros à Paris en 1749 1749 Schwerin, Staatliches Museum

Né le 17 mars 1686 à Paris, fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le pont Notre-Dame, et de sa femme Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudie tout d'abord à l'école de l'Académie de Saint-Luc, dont son père était directeur, en plus d'être membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Il est placé à partir de 1705 en apprentissage chez Nicolas de Largillierre, dont il devient bientôt l'ami.

En 1708, à l'âge de vingt-deux ans, il est reçu en même temps que ses deux frères comme membre de l'Académie de Saint-Luc. Il fait pour morceau de réception un Saint Jérôme en buste, tenant d'une main un livre et ayant l'autre appuyée sur une tête de mort.

Durant les premières années de sa carrière, dans les années 1710, Oudry s'adonne d'abord au genre du portrait. L'influence de son maître, Nicolas de Largilliere, se distingue dans le traitement de certaines figures, ainsi que dans les fonds de paysages. Oudry reprend également certaines poses élaborées au XVIIe siècle par Antoine van Dyck. L'artiste exécute ses portraits aussi bien sous la forme de peintures que de dessins. Il travaille généralement d'après nature pour le visage, qu'il place ensuite sur un buste dont il invente librement la pose. Parmi ses portraits, il est possible de citer ceux de ses fils, celui de M. d'Argenson, lieutenant de police, ou encore le Portrait du tsar Pierre Ier.

Dans ses portraits, il introduit rapidement des figures animales, notamment des chiens de chasse et du gibier, comme dans le Portrait d'Octave-Alexandre de Nédonchel en chasseur (vers 1713) conservé au Musée des Arts décoratifs de Paris. Placé devant un fond de verdure, le modèle est armé de son fusil et accompagné d'un chien blanc moucheté. Ces représentations sont courantes au début du XVIIIe siècle, la pratique de la chasse étant très appréciée. D'autres peintres avant Oudry se sont adonnés à ce type de portraits, comme Alexandre-François Desportes et son Autoportrait en chasseur (1699) conservé au Musée du Louvre. Il a pu influencer Oudry au début de sa carrière.

Il fait aussi des buffets, dont deux sont exposés aux Salons de 1737 et de 1743. Pour gagner sa vie, il compose des tableaux d'histoire en reprenant des sujets religieux, entre autres une Nativité et un Saint Gilles pour l'église Saint-Leu de Paris, et une Adoration des mages pour le chapitre de Saint-Martin-des-Champs.

En 1709, il épouse Marie-Marguerite Froissé, fille d'un miroitier, à laquelle il donne des leçons de peinture. Leur fils Jacques-Charles Oudry devient aussi peintre, leur fille Marie épouse le peintre Antoine Boizot. Oudry est nommé professeur adjoint à la maîtrise en 1714 et professeur en 1717. Il est agréé à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1717 et titulaire en tant que peintre d'Histoire en 1719 avec L'Abondance avec ses attributs.

Recommandé à l'intendant des Finances, Louis Fagon (1680-1744), fils de Guy-Crescent Fagon, il réalise la décoration en arabesques mêlées de fleurs et d'oiseaux du salon de sa propriété de Voré et de sa maison de plaisance de Fontenay-aux-Roses. Louis Fagon le charge de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Il en est nommé directeur artistique et financier associé à Nicolas Besnier, qui ne se serait, paraît-il, occupé que de la comptabilité. Ils reçoivent en 1734 les lettres patentes leur donnant la concession du privilège de la manufacture pendant vingt ans. Oudry s'adjoint François Boucher et Charles-Joseph Natoire pour exécuter la copie des tableaux.

Peintre ordinaire de la vénerie royale, Oudry suit les chasses royales et fait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne. Il réalise des cartons pour la série de tapisserie Les Chasses royales, exécutées à partir de 1733 à la Manufacture des Gobelins, dont il devient directeur en 1736.

Il devient professeur adjoint à l'Académie royale en 1739 et professeur en 1743. Grâce à son ami le miniaturiste Jean-Baptiste Massé, il fait connaissance du premier écuyer du roi, le marquis Henri-Camille de Beringhen dont il peint le portrait. Outre de nombreux ouvrages qui lui sont commandés pour le roi, il obtient un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Louvre. Il forme un cabinet renommé. « Il n'y admettait, dit son biographe l'abbé Gougenot, que ses propres tableaux. » Aussi est-il accusé d'avoir vendu des copies, afin de conserver les originaux.

Quoique très travailleur, il est d'un caractère jovial. Il improvise chez Louis Fagon des pièces de théâtre dans les bosquets et joue volontiers le rôle de Pierrot en s'accompagnant de la guitare. Le successeur de Fagon supprime quelques-uns des privilèges d'Oudry, ne lui laissant que la direction de la manufacture de Beauvais. Cette mesure le chagrine.

Il meurt d'une attaque d'apoplexie le 30 avril 1755 et est enterré dans l'église Saint-Étienne de Beauvais. On y trouve l'épitaphe suivante : « Ici repose Me Jean-Baptiste Oudry, peintre ordinaire du roy, professeur en son académie royale de peinture et sculpture, pensionnaire du roy, directeur général de la manufacture royale des tapisseries de Beauvais, marguillier et bienfaiteur de cette paroisse, décédé le premier mai 1755 [sic], âgé de 69 ans. Priez pour son âme ».

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