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Le triptyque marocain

1913

Le triptyque marocain
Henri Matisse,1912-1913
La vue de la fenêtre, Tanger, 115 x 80 cm
Zorah sur la terrasse, Tanger, 115,0 × 100,0 cm
La porte de la Casbah, Tanger,116 x 80 cm
Musée d’État des beaux-arts Pouchkine, Moscou

Ces toiles forment ce que Henri Matisse nomme le triptyque marocain. Réalisé en 1912, il répond à une commande passée un an plus tôt par Ivan Morozov. Alors qu'il peine à trouver l'inspiration en France, Matisse effectue deux longs séjours au Maroc entre 1912 et 1913 en quête de nouvelles sensations. Il le dira lui-même : "J'ai toujours beaucoup aimé l'Orient vers lequel je suis sans cesse attiré". A Tanger, il se promène dans les ruelles étroites de la médina sans jamais trop s'éloigner de son hôtel.

Reprenant l'un de ses thèmes favoris, la vue de la fenêtre dévoile ainsi la rue tangeroise vue depuis l'atelier qu'il a aménagé dans sa chambre. Les trois scènes présentent un aspect presque irréel par leur forme simplifiée et leurs couleurs pures. Les tonalités de bleu dominent, oscillant entre l'outremer et le turquoise. Dans le monde arabe ces tonalités correspondent aux sensations de fraîcheur et de repos désignant le jardin céleste dans le Coran. Cette sérénité est particulièrement sensible dans la toile centrale sur laquelle figure Zora, une jeune femme qui devient le modele privilégié de matisse lors de son second voyage. Agenouillée sur un tapis dans le coin ombragé d'une terrasse, elle semble flotter. Le léger halo qui l'entoure, conjugué à sa posture en prière inspire un sentiment de spiritualité. Le bocal de poissons rouges près d'elle apparaît comme un indice de son attitude méditative car il constitue dans les cafés arabes un objet de contemplation et de rêverie.

L'ordre des toiles était fautif chez Morozov, car si c'est bien celui du matin au soir, l'accrochage doit se faire de la droite vers la gauche, selon le sens de lecture arabe.

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