Odalisque, harmonie en rouge

1927
Odalisque, Harmony in Red
Henri Matisse, 1926–27
Huile sur toile, 38,4 x 54,9 cm
New York, The Metropolitan Museum

Les odalisques sont le sujet le plus travaillé de la période niçoise de Matisse, dans les années vingt. Elles apparaissent dans diverses poses sur d'innombrables toiles : allongés, allongés, assis ou debout, fréquemment avec les bras levés ou repliés derrière la tête. Habillés ou semi-habillés de vêtements exotiques, elles sont placées sur un fond décoratif composé de tissus à motifs riches et de tapis orientaux et entourés de motifs orientaux. Le modèle principal de Matisse pour ces représentations, entre 1920 et 1927, est Henriette Darricarrière (née en 1901), une jeune femme virtuose dans les arts du ballet, du piano, du violon et de la peinture et qui vivait près de l'atelier de Matisse.

Dans son appartement situé au troisième étage, au 1, place Charles-Félix, Matisse aménagea une alcôve "orientale" équipée d'un canapé bas, de miroirs et de tentures murales aux motifs décoratifs abondants, créant ainsi une atmosphère de rêverie et d'exotisme rappelant celle des Maures et les intérieurs qu'il avait vus au Maroc.

Le corps sculptural du modèle, qui s’étend langoureusement sur le canapé, respire la sensualité et le charnisme, rehaussé par le jeu de couleurs rouges, chaudes. L’ambiance "luxe, calme et volupté" est clairement palpable. Pourtant, en contemplant l'œuvre, on a l'impression que l'artiste s'est quelque peu éloigné du contenu érotique de l'image tout en laissant l'excitation de la reconnaissance au spectateur. Malgré leur tentative d'authenticité, les peintures apparaissent soigneusement mises en scène et théâtrales.

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