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C’est la plus petite des « Compositions » de Kandinsky. Par ce vocable, il désigne une catégorie exceptionnelle d’œuvres, qui résulte « d’expressions se formant de la même manière (mais toujours particulièrement lentement) en moi, que je reprends longuement, et d’une manière presque pédante, après les premières ébauches. J’appelle ce genre d’images Compositions. Ici, la raison, le conscient, l’intentionnel, l’efficacité jouent un rôle prédominant ; simplement, ce n’est pas le calcul, mais le sentiment qui l’emporte toujours. » ( Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier [1912], trad. française 1954, op. cit. , p. 210).
On peut s’interroger sur les raisons qui ont incité Kandinsky à baptiser cette peinture Composition , de préférence à une autre œuvre peinte la même année, Courbe dominante , d’un format supérieur et, de l’avis du peintre lui-même, plus aboutie. Les grandes diagonales qui découpent le fond de Composition IX (cat. rais. n° 1064) sont exceptionnelles dans le travail de Kandinsky, même en 1936. Les formes, semblables à des décalcomanies qui flottent à la surface, contrastent avec cette affirmation hardie des diagonales colorées. Ce sont des cartouches en surcharge, des détails raffinés. Ce tableau difficile, sinon ingrat, est acquis par l’État français en 1939. L’artiste l’a déposé au Musée du Jeu de Paume et, sur une demande de 100 000 francs, n’en obtient que 5000.
Christian Derouet : Collection art moderne - La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne , sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007