Saint François recevant les stigmates

1432
Saint Francis of Assisi Receiving the Stigmata
Jan Van Eyck, 1430-1432
huile sur parchemin sur panneau, 12.7 × 14.6 cm
Philadelphie, Museum of Art,
Stigmate di San Francesco
Jan Van Eyck, vers 1435
huile sur sur bois 29,2 x 33,4 cm
Turin, Galerie Sabauda - premier étage

Ce tableau possède deux versions. La plus petite (12,7 × 14,6 cm, huile sur parchemin sur panneau, 1430-1432) est conservée au musée de Philadelphie. La plus grande (29,2 x 33,4 cm, huile sur bois, vers 1435)  est conservée  à la Galerie Sabauda de Turin. Il est probable que les deux tableaux ont été commandés par un marchand de Bruges d'origine génoise, Anselm Adornes, qu'il a légué à ses deux filles, toutes deux religieuses, en 1470, avant son voyage à Jérusalem.

Le 14 septembre 1224, après quarante jours de jeûne, François d’Assise reçoit des stigmates du Christ au mont Verna, qui lui apparaît sous la forme d’un séraphin crucifié sur les paumes des mains et les plantes des pieds. La plaie au côté est cependant encore invisible. En avant du saint, à sa gauche, son condisciple Léo s'est endormi, la main droite sur la joue, assis devant une source figurée dans l'angle inférieur droit du panneau.

Le  paysage à l'arrière plan, un microcosme peuplé de petites figures, exécutées au bout du pinceau  possède un charme extraordinaire : des pèlerins à pied et à cheval, se rendent vers une ville fortifiée au bord d'un lac. Il s'agit d'une version imaginée de Jérusalem, sur laquelle se déploie un ciel bleu avec quelques de nuages et sillonné d'oiseaux en vol.

Un tel traitement de cet épisode de la vie de François est tout à fait exceptionnel dans l'art de la Renaissance du Nord, et constitue même vraisemblablement le premier du genre. La popularité de la composition de van Eyck est attestée par les copies et emprunts que l'on a relevés : il existe notamment une version plus tardive, vers 1500, conservée au Musée du Prado à Madrid, présentant des différences significatives dans le format, les couleurs et le dessin, et attribuée au maître de Hoogstraten, ou encore une version ibérique du maître de Porciúncula datée vers 1470.

Les arguments attribuant les deux œuvres à van Eyck restent circonstantiels et s'appuient essentiellement sur le style et la qualité d'exécution des panneaux. Du XIXe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, la plupart des spécialistes les attribuaient soit à un élève, soit à un suiveur de l'atelier de van Eyck d'après un dessin préparatoire du maître.

Entre 1983 et 1989, les peintures ont subi des examens techniques et ont été entièrement restaurées et nettoyées. Les analyses techniques sur le tableau de Philadelphie ont prouvé que le panneau de bois provenait du même arbre que pour celui qui avait servi de support aux Portrait de Baudoin de Lannoy et Portrait de Giovanni Arnolfini, si bien que les deux ont été définitivement attribuées à van Eyck, ou du moins à son atelier.

Les deux peintures ont été réunies en 1998 lors qu'une exposition au Philadelphia Museum of Art, ce qui a permis un relatif consensus autour du fait qu'ils aient été peints de la même main.

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