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Persée tenant la tête de Méduse

1554

Persée tenant la tête de Méduse
Benvenuto Cellini, 1554
Bronze, (avec le piédestal) 519 cm
Florence, Piazza della Signoria.

En 1545, Cellini quitte la cour de François Ier pour retourner à Florence. Le duc Cosme Ier de Toscane le prend à son service et lui commande une statue à ajouter aux chefs-d’œuvre, dont le David de Michel-Ange, qui ornent déjà la Piazza della Signoria. Le sujet choisi est le mythe de Persée. Ce mythe est riche en thèmes (les exploits d’un héros, le destin inévitable, la malédiction, le triomphe sur la monstruosité, etc.) que Cosme Ier, désireux de laisser une forte empreinte à Florence, désire exploiter. Le héros Persée, en effet, ne craint aucun adversaire et triomphe de toutes les épreuves. Cosme Ier demande que la tête de Méduse soit brandie dans les airs par Persée, illustration du triomphe du bien sur le mal et symbole de la victoire des Médicis sur les républicains de Florence qui les avaient expulsés de la ville en 1494.

En raison des éléments trop fragiles (ailes des sandales et du casque, sabre à la lame recourbée, bras tendu tenant la tête de Méduse, etc.) pour les sculpter dans le marbre, Cellini décide de recourir au bronze d'art, en dépit de la hauteur projetée de six mètres. Pour faciliter la réalisation, ainsi que pour des raisons esthétiques (les proportions d’une statue de six mètres auraient semblé trop démesurées), il coupe en deux la hauteur totale de la statue. Du pied droit de Persée à la tête de Méduse, la hauteur retenue est de 3,20 mètres, le reste étant dédié à un socle de 3 mètres pour la sculpture. Cellini s’impose également le défi très ambitieux de couler la statue en un seul bloc, malgré sa taille considérable, pour éviter les écueils rencontrés par Donatello avec sa sculpture de Judith et Holopherne. Les onze sections coulées séparément et soudées ensuite laissent effectivement apparaître des défauts (couleur non uniforme des alliages, soudures apparentes, épaisseur variable du bronze d’une section à l’autre, etc.) que Cellini jugeait inacceptables pour son projet. De plus, comme la statue devait être placée sous une arcade, et non dos à un mur, il devait s’assurer que la statue soit harmonieuse de tous les points de vue possibles. Enfin, il désirait enrichir le thème de Persée en apposant sur le socle des bas-reliefs rappelant différents aspects du mythe.