Accueil Partie beaux-arts Histoire de l'art Les peintres Les musées Les expositions Thèmes picturaux
Saint Jean à Patmos
Jérôme Bosch, 1495
Le martyre de saint Jean
Giulia Lama, 1720

Son nom n'apparaît pas dans l'Evangile de Jean mais il est généralement identifié avec un disciple non nommé, et désigné par l'expression le Disciple que Jésus aimait. Dans la tradition chrétienne, cet évangile lui est attribué, ainsi que trois épîtres, et l'Apocalypse. Saint Jean l'Évangéliste est fêté par les catholiques le 27 décembre.

Jean apparaît dans les premiers de la liste des douze apôtres (Mc 3. 16-19, Mt 10. 2-5 et Lc 6. 13-16), avec son frère Jacques le Majeur. Ce sont les fils de Zébédée et de Marie Salomé, des pêcheurs du lac de Tibériade originaires de la ville de Bethsaïde, en Galilée. Comme Simon-Pierre et son frère André, ils abandonnent leurs filets pour suivre Jésus

Jean est considéré comme l'apôtre préféré du Christ. De nombreuses représentations de la Cène nous le montrent au côté de Jésus, écoutant attentivement les paroles du Seigneur, les yeux quelquefois fermés pour mieux écouter

Après la Résurrection, il semble que Jean soit allé en Samarie prêcher avec Pierre, où il montre beaucoup d'ardeur à organiser la jeune Église de Palestine. Fuyant les persécutions des Romains, il quitta la Palestine, et se réfugie à Éphèse ou il réalise des miracles et baptise de nombreuses personnes.

Amené à Rome pour être présenté à l'empereur Domitien qui l'avait envoyé quérir, il lui montra que sa foi en Jésus-Christ était plus forte que toutes les puissances terrestres. Tertullien nous dit qu'il aurait subi à Rome, à la porte latine (Porta Latina), le supplice de l'huile bouillante, dont sa virginité lui aurait permis de sortir indemne. Ayant été fouetté juste avant, ses blessures auraient même disparu malgré le contact de l'huile brûlante sur sa peau.

L'empereur l'envoie en exil sur l'île de Patmos, où il aurait écrit l'Apocalypse. À Patmos, île montagneuse, qui était luxuriante à l'époque, Jean reçoit une vision du Christ de l'Apocalypse, majestueux d'apparence, vêtu de blanc, le glaive de la Parole dans la bouche. Jean s'agenouille et il est béni par l'apparition qui lui dit : « Écris donc ce que tu as vu, le présent et ce qui doit arriver plus tard » . Puis il lui aurait révélé en de grandioses visions ce qui doit arriver à la fin des temps : l'accroissement de l'iniquité, la venue de l'Antéchrist, son combat contre les fidèles et sa lutte ultime qui le jettera finalement pour toujours en Enfer avec le diable et ses anges maléfiques. Il contempla aussi les bouleversements du Monde, la consommation de toute chose sous le feu divin, et, enfin le triomphe du Fils de l'homme, la résurrection de tous et le jugement dernier, et enfin la descente sur terre de la Jérusalem céleste, cité sainte et éternelle, où Dieu demeurera pour toujours avec les hommes.

Après la mort de Domitien en l'an 96, l'empereur Nerva permit à Jean de revenir à Éphèse, au grand regret des habitants de Patmos qu'il avait convertis en très grand nombre.

Puis la tradition le fait vivre pendant de longues années à Éphèse, ville où il compose ses trois Épîtres et le quatrième Évangile ou Évangile selon Jean (dont la plus ancienne trace est le Papyrus P52), en l'an 97.

Il serait mort à Éphèse en l'an 101, à l'âge de 98 ans. Il serait enterré à Selçuk, près d'Éphèse, où il existait une basilique Saint-Jean aujourd'hui en ruine.

Saint Jean peut être représenté avec une chaudière remplie d’huile bouillante en référence au supplice éprouvé du temps de Dioclécien. Plusieurs représentations de Jean nous le montrent tenant à la main un calice d'où émerge la tête d'un serpent, en référence au thème johannique du serpent (Saint-Jean 3,14 : Jésus déclare à Nicodème "Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle ".

L'aigle est le symbole attribué à saint Jean. Dans son Apocalyspe, il avait écrit que quatre êtres vivants entourent le trône de Dieu “Le premier animal ressemblait à un lion, le deuxième à un jeune taureau, le troisième avait comme une face humaine, et le quatrième semblait un aigle en plein vol". Peut être se rappellet-il de la vision du prophète Ezéchiel: "Je regardai : un vent de tempête venait du nord, une grande nuée et un feu fulgurant et, autour, une clarté ; en son milieu, comme un étincellement de vermeil au milieu du feu. En son milieu, la ressemblance de quatre êtres vivants... chacun avait quatre visages, et chacun d'eux avait quatre ailes... Ils scintillaient comme étincelle l'airain poli... Leurs visages ressemblaient à un visage d'homme ; tous les quatre avaient à droite une face de lion à gauche une face de taureau, et tous les quatre avaient une face d'aigle".

Saint Jérôme (348-420) donnera l'explication de ce choix : l'homme a été attribué à Matthieu parce qu'il commence son évangile par une généalogie humaine de Jésus (Mt 1,1-17), le lion à Marc parce que dès les premières lignes de son récit il évoque "la voix qui crie dans le désert" qui ne peut être que le rugissement du lion (Mc 1,3), le taureau, animal sacrificiel par excellence, à Luc à cause du récit du sacrifice offert au temple de Jérusalem par Zacharie placé au début de cet évangile (Lc 1,5), l'aigle à Jean parce que cet évangéliste atteint les sommets de la doctrine comme l'aigle atteint les sommets des montagnes.

Controverse:

Si Jean est l’une des figures les plus populaires des Douze, c’est parce qu’elle confond plusieurs personnages qui, combinés, forment un « super apôtre ».

Il y a d’abord le fils de Zébédée frère de Jacques, qui semble avoir fait partie – avec son frère et Pierre – d’un cercle encore plus restreint que les Douze, puisqu’on voit plusieurs fois Jésus les prendre à part (notamment lors de la Transfiguration). Jean était une figure importante de la communauté de Jérusalem, puisque les Actes des apôtres expliquent qu’il fonctionne en duo avec Pierre, et que Paul, dans son Epître aux Galates, parle de lui comme d’une « colonne » de l’Eglise.

Ce Jean a souvent été confondu avec le « Disciple que Jésus aimait », alors que le texte du quatrième Evangile (le seul à présenter cette figure de disciple) distingue bien les deux, en nommant Jean parmi les Douze, au contraire du « disciple bien-aimé » qui n’est jamais cité comme étant l’un d’eux.

Le « disciple bien-aimé » a été proche de Jésus lors de son ultime séjour à Jérusalem et accueillera Marie chez lui. Il est à l’origine del’Evangile de Jean. A l’origine seulement : il est à peu près assuré qu’il n’a pas rédigé la version finale du texte, car celui-ci met explicitement en scène une communauté, un « nous » attestant de la vérité des souvenirs du disciple (Jn 21, 24), et aussi parce que sa composition témoigne d’une longue histoire d’écriture.

Quant au voyant de l’Apocalypse, il ne peut être confondu ni avec le disciple, ni avec l’apôtre. Non seulement il intervient dans un contexte bien distinct (les années 95 en Asie Mineure) et rédige son texte dans un grec très différent de celui de l’Evangile, mais il se présente comme « frère et compagnon dans l’épreuve » des communautés d’Asie.

Retour