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La Présentation de Jésus au Temple est un événement de la vie de Jésus relaté dans l'Évangile selon Luc (2:21-40). Accomplissant une prescription de la loi juive : "Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Ex 13,2,11-13)". Les parents de Jésus accomplissent ainsi le rite religieux juif du rachat du premier-né selon lequel les garçons premiers-nés devaient être « rachetés », à l'âge d'un mois car ils étaient considérés comme appartenant à Dieu (Ex 13,2-12). Ce fut d'abord par un sacrifice animal puis par une somme d'argent. Quant au sacrifice offert (deux colombes), il était celui de la purification de Marie (Lévitique 12,1-8).
Luc 2,21-40 :
« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple ».
Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. — Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. — Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre ».
Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »
La fête chrétienne qui est associée à la présentation de Jésus au temple est célébrée quarante jours après Noël, c'est-à-dire le 2 février dans le calendrier grégorien. Selon l’Evangile de Luc, ce jour-là, un vieillard nommé Syméon, averti par l'Esprit saint, rencontre l'enfant Jésus et annonce voir en lui la « lumière pour éclairer les nations »
Pour l’historienne Nadine Cretin (Fêtes de la table et traditions alimentaires, Le Pérégrinateur, 2015), la Chandeleur s’inspire de cet épisode et devient une fête centrée sur la lumière, à un moment de l’année où les jours rallongent et l’hiver bascule vers le printemps. Célébrée par les chrétiens de Jérusalem dès le IVe siècle, elle s’étend peu à peu en Syrie, puis à Constantinople au VIe siècle, où elle prend le nom d’Hypapante (« Rencontre » en grec, une allusion à la rencontre avec Syméon). « Puis elle fut célébrée à Rome au VIIe siècle sous le pape Sergius Ier, Syrien d’origine, qui instaura la procession des cierges entre le Forum et l’église Sainte-Marie-Majeure ». C'est probablement de là, du nom du latin candelarum, « chandelles » que la fête tire son nom.
En Occident, la fête va gagner de l’importance au Moyen Age, où elle devient l’une des plus importantes avec Pâques et Noël. La figure de la Vierge y est alors centrale : sa fertilité miraculeuse et sa purification au temple, quarante jours après son accouchement, y sont célébrées. « Il s’agit d’une fête de promesse : promesse de salut pour les chrétiens par la reconnaissance de l’Enfant-Jésus, promesse de la lumière qui revient après l’hiver et promesse de fécondité, en ce temps où la nature se réveille, au seuil d’une nouvelle année agraire », résume l’historienne Catherine Vincent, autrice d’Eglise et société en Occident, XIIIe-XVe siècles (Armand Colin, 2009). "Purification" était le nom de la fête du 2 février dans l'Église latine jusqu'au concile Vatican II.
Après le concile Vatican II (1962-1965), la figure de Marie s’efface et celle du Christ revient au centre des célébrations dans la liturgie catholique, en même temps que la fête perd peu à peu en importance dans la société.
La crêpe avec sa forme circulaire et sa teinte dorée renvoit symboliquement au disque solaire et au retour lent et progressif du printemps. Elle n'est pas, dans de nombreuses régions d’Europe, le seul plat mis à l’honneur lors de la Chandeleur. Tous ces aliments ont en commun de ne pas nécessiter d’ingrédients trop coûteux (œufs, farine, lait essentiellement), permettant de faire la fête malgré des mois de disette hivernale et avant l’entrée dans la période du Carême, temps de pénitence et de jeûne.
Source: Gaétan Supertino, Pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur ? Le Monde des religions, le 1er février 2026