Freddy Buache, passeur du 7e art
2007

Freddy Buache se présente. Né en 1924 d'un père paysan venu tenir un bar dans une petite ville où il fait venir des cinémas ambulants, le jeune Freddy va très tôt au cinéma et aime particulièrement Jean Grémillon. Un jour, il voit une affiche annonçant une exposition sur le cinéma à Lausanne. Il y rencontre Henri Langlois dont il ignore l'identité et qui le prend en sympathie. Freddy Buache sera le directeur de la cinémathèque suisse de 1950 à 1996, sauvant infatigablement les films sans la moindre subvention durant de nombreuses années.

Pour Michel Van Zèle, si Henri Langlois est, d'après le mot de Cocteau "le dragon qui veille sur nos trésors", Freddy Buache est "le minotaure qui nous guide dans le labyrinthe du cinéma". Freddy Buache se dit plus modestement "un passeur"...

La création de la Cinémathèque Suisse a été une épopée, à l’instar de celle de la Cinémathèque Française. Des cinéphiles du monde entier, inquiets de la disparition des chefs-d’œuvre du muet, créent des musées du cinéma, autrement dit des cinémathèques, pour tenter de conserver une partie de ces trésors ayant une valeur artistique ou du moins historique.

C'est moins cette épopée que met en scène Michel Van Zèle au travers d'archives en noir en blanc, que la profonde humanité de Freddy Buache qui se livre avec confiance et un plaisir évident à l'exercice souvent trop froid de la biographie.

Jean-Luc Lacuve le 09/03/2012

Notes :

La première cinémathèque est fondée à Stockholm en 1933. Suivent Berlin (1934), Londres, New York, Rome (1935), Paris (1936). Peter Bächlin, président du ciné-club "Le Bon Film", crée à Bâle les premières "Archives Cinématographiques Suisses" et sollicite très tôt les conseils d’Henri Langlois, le directeur de la Cinémathèque Française. En 1943, ces Archives sont inaugurées au cinéma "Palermo ". Claude Emery et René Favre, animateurs du Ciné-club de Lausanne, en proposent le transfert dans leur ville francophone.

L’association "Cinémathèque suisse", est constituée à Lausanne en 1948 et Claude Emery en devient le premier directeur. Freddy Buache lui succède en 1951 jusqu'en 1996. Avec le look et l’état d’esprit frondeur et chaleureux d’un Brassens, il montre les films dans le cadre d’un ciné-club local, crée le festival du film de Locarno, publie chez L’Âge d’Homme nombre d’ouvrages consacrés au cinéma, défend les films d’auteur (Godard, Straub/Huillet, Garrel, Duras, etc.) mais aussi l’expérimental (cf. son remarquable ouvrage sur le colloque du cinéma indépendant de La Sarraz, en 1929). Il soutient l’émergence d’un cinéma suisse, celui d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Daniel Schmid, Jacqueline Veuve, Fredi Murer...

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Avec : Freddy Buache, Michel Contat, Alain Tanner, Pietro Sarto, Jean-Luc Godard, Jacques Chessex et Henri Langlois (archives), Jean Rouch (archives). 0h53.