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Partie 1 : Etude sur les représentations des démons et des sorcières dans les cultures primitives et médiévales : "Plongeons dans l'histoire du mysticisme et tentons d'expliquer le mystérieux chapitre historique de la sorcellerie : la croyance en la sorcellerie et en l'envoûtement est probablement aussi ancienne que l'humanité. L'homme primitif, si souvent confronté à l'incompréhensible donne régulièrement la sorcellerie et la magie pour explications. En Perse, les créatures imaginaires dépeintes étaient censées être la cause des maladies.
Le scientifique anglais Rawlinson et le français Maspero nous montrent des images d'esprits diaboliques, censés avoir hanté les plus anciennes civilisations.
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La croyance en ces esprits et en la possession démoniaque est la naïve réponse aux énigmes de l'univers. Selon Maspero voici comment les égyptiens concevaient la forme de l'univers: de hautes montagnes embrassaient la terre et la mer. le ciel était fait de métal et soutenu par de puissantes colonnes plantées sur ces hautes montagnes. Les étoiles, commes des lampes, pendant du ciel à des cordes. Selon les croyances d'autres civilisations anciennes, le ciel était suspendu et la terre établie en terrasses.
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Les esprits malins des temps anciens se changèrent, au Moyen-âge, en diables rôdants, furetants, tentateurs. Le démon vivait dans le coeur de la terre.
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Dans la dernière partie du Moyen âge, la terre était considérée comme une sphère immobile au milieu de l'Univers. Au-dessus de la Terre et de ses eaux (les hommes du Moyen-âge avaient d'abord imaginé une couche d'éther) venait une couche de feu, au-delà de laquelle se mouvaient planètes, étoiles et corps célestes. Chaque planète étant attachée à sa sphère transparente et mobile. A l'extérieur de ces enveloppes planétaires étaient fixées les étoiles.
Au-dessus de tout cela, dans la dixième sphère de cristal siégeait le Tout-Puissant entouré de neufs choeurs d'anges... garant du rigoureux cycle des sphères. Très profondément dans le noyau de la Terre, l'Enfer des mensonges, là où les âmes tentées par le Démon souffrent éternellement. Dans la partie supérieure de l'image suivante (selon l'historien français Lacroix) les démons cuisinent les âmes dans de vastes marmites. Un pécheur est directement jeté dans les flammes qui brûlent sous un des chaudrons. Un démon verse du soufre enflamé dans la gorge d'un damné. Deux monstres tourmentent des damnés de leurs pointes acérées. J'ai trouvé une étrange représentation mécanique de l'Enfer, qui offre une bonne compréhension des croyances du Moyen-âge. Observez l'ardeur avec laquelle les diables attisent le feu sous les chaudrons !
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Durant toute cette période, diables et Enfer étaient tenus pour incontestables et extrêment présents. On pensait que les sorcières avaient signé un pacte diabolique avec le Démon ; c'est pourquoi on les condamnait au bûcher. La figure flottante est un démon emportant ici une sorcière à travers les airs. Cette image d'un démon, comme la suivante, est extraite de "German Life in the Past in Pictures." Dans cette image une sorcière trait un manche de hache. Dans la suivante, une sorcière a ensorcelé une chaussure. Les sorcières se réunissent en conseils. Après le rassemblement elles pourraient, par exemple, s'introduire dans une grange et enchanter une vache. Le petit symbole anguleux que l'on remarque sous le dessin était usuellement tracé dans les granges pour les protéger des sorcières. Dans ce dessin naïf, un sorcier et une sorcière par des formules magiques, enflamment un village. Les sorcières dispensent maladies et fléaux Avec l'aide de potions magiques, de philtres. Notez que le malade est couché nu, ce qui était l'habitude à l'époque. On croyait généralement que les sorcières,la nuit, au cours du Sabbat, dansaient nues avec les démons. Les femmes qui voulaient participer à un Sabbat rejoignaient le sorcier à l'extérieur du village... où elles pouvaient se faire enduire le dos d'onguent enchanté. Les psalmodies et l'onguent devaient leur donner le pouvoir de voler dans les airs. Les docteurs français Bourneville et Teinturier m'ont confié ces images du Sabbat: un rite satanique secret auquel des centaines de femmes affirment avoir participé. Au Sabbat, sorcières et sorciers commencent par profaner la Sainte Croix. Satan donne à chacun son nom démoniaque. Et un banquet de cérémonie s'ouvre. La nourriture du Sabbat est souvent faite de cadavres de pendus. Toutes les sorcières montrent leur dévotion au diable en lui embrassant le cul.Après une danse folle avec le démon, les sorcières volent chez elles au premier chant du coq. Ces scènes sont souvent représentées sur les images des sabbats, du Moyen-âge à la Renaissance. À suivre...
Partie 2
Une série de saynètes qui mettent en scène de manière théâtrale les superstitions et les croyances médiévales relatives à la sorcellerie :
1488 :
Dans une chaumière Karna et ses aides préparent une mixture à base de doigt de pendu mis en decoction avec des crapauds et des serpents Karna. Une femme vient demander de lui préparer une potion d'amour, qui aurait le pouvoir de faire succomber un prètre. Satan tentant une femme endormie hors du lit de son mari, terrorisant un groupe de moines, puis assassinant une autre femme dans son lit en l'étranglant. On y voit également une femme acheter un philtre d'amour à une prétendue sorcière nommée Karna afin de séduire un moine, et une autre prétendue sorcière, Apelone, rêver de se réveiller dans un château où Satan lui présente des pièces qu'elle ne peut retenir et des festivités auxquelles elle ne peut participer.
Parties 3 à 5
Se déroulant au Moyen Âge, ce récit illustre le traitement réservé aux personnes soupçonnées de sorcellerie par les autorités religieuses de l'époque. Un imprimeur nommé Jesper meurt dans son lit, et sa famille accuse une vieille femme, Maria la tisseuse, d'être responsable de sa mort par sorcellerie. L'épouse de Jesper, Anna, se rend chez des juges itinérants de l'Inquisition et, désespérée, s'accroche à l'un d'eux par le bras, les suppliant de juger Maria pour sorcellerie.
Maria est arrêtée et, après avoir été torturée par les inquisiteurs, elle avoue sa participation à des actes de sorcellerie. Elle décrit avoir donné naissance à des enfants conçus par Satan, avoir été enduite d'onguent de sorcière et avoir assisté à un sabbat de sorcières, où, selon elle, sorcières et sorciers ont profané une croix, festoyé avec des démons et embrassé les fesses de Satan. Elle « nomme » d'autres personnes accusées de sorcellerie, dont deux femmes de la maison de Jesper. Finalement, Anna est arrêtée pour sorcellerie lorsque l'inquisiteur, dont elle a saisi le bras, l'accuse de l'avoir ensorcelé. Elle est piégée et obtient ce qui est perçu comme des aveux ; elle est alors condamnée au bûcher. Des intertitres affirment que plus de huit millions de femmes, d'hommes et d'enfants ont été brûlés comme sorciers.
Parties 6 et 7
Les derniers segments du film cherchent à démontrer comment les superstitions d'antan sont mieux comprises aujourd'hui. Christensen évoque la menace des méthodes de torture médiévales pour expliquer pourquoi de nombreux prétendus hérétiques ont avoué pratiquer la sorcellerie. Bien qu'il ne nie pas l'existence du Diable, Christensen affirme que les personnes accusées de sorcellerie souffraient peut-être de troubles mentaux ou neurologiques, tels qu'on les reconnaît aujourd'hui. Une religieuse nommée Sœur Cécilia est présentée comme étant contrainte par Satan de profaner une hostie consacrée et de voler une statue de l'Enfant Jésus. Ses actes sont ensuite mis en parallèle avec des scènes concernant un somnambule, un pyromane et un kleptomane. Il est suggéré que de tels comportements auraient été perçus comme d'origine démoniaque au Moyen Âge, tandis que les sociétés modernes les reconnaissent comme des troubles psychologiques (appelés hystérie dans le film). Le film s'achève sur le contraste entre l'internement d'une femme dans un hôpital psychiatrique et la scène où des personnes accusées de sorcellerie brûlent sur le bûcher.
Mêlant récit documentaire et séquences dramatisées, le film prétend retracer les racines historiques et les superstitions entourant la sorcellerie, du Moyen Âge au XXe siècle. S'appuyant en partie sur l'étude du Malleus Maleficarum, guide allemand du XVe siècle destiné aux inquisiteurs,et des études récentes, Häxan suggère que ces chasses aux sorcières pourraient avoir pour origine une mauvaise compréhension des troubles mentaux ou neurologiques, déclenchant une hystérie collective.
Le film suggère une intersection entre le genre et la classe sociale : les sorcières ne sont pas seulement des femmes, ce sont des femmes pauvres. La pauvreté des “sorcières” était mentionnée dans les accusations, car il était dit que le Diable venait à elles dans les moments difficiles et leur promettait qu’à partir de ce moment, “elles ne manqueraient de rien” .
Christensen obtint un financement de la grande société de production suédoise Svensk Filmindustri, qu’il préférait aux studios danois locaux, afin de conserver une totale liberté artistique. Il utilisa cet argent pour acheter et rénover le studio Astra à Hellerup, au Danemark. Le tournage se déroula de février à octobre 1921. Christensen et le directeur de la photographie Johan Ankerstjerne ne filmèrent que de nuit ou dans un décor fermé afin de préserver l’atmosphère sombre du film. L’historien du cinéma Casper Tybjerg décrit comment « Christensen travaillait à son propre rythme, souvent la nuit, et des rumeurs scandaleuses circulaient sur ce qui se passait une fois les portes du studio fermées ». La post-production nécessita une année supplémentaire avant la première du film fin 1922. Le coût total pour Svensk Film, incluant la rénovation des studios Astra, atteignit entre 1,5 et 2 millions de couronnes, faisant de Häxan le film muet scandinave le plus cher de l'histoire.
Bien qu'il ait reçu un accueil plutôt positif au Danemark et en Suède, la censure en Allemagne, en France et aux États-Unis s'est opposée à ce qui était considéré comme des représentations explicites de torture, de nudité et de perversion sexuelle, ainsi qu'à l'anticléricalisme.
En 1968, Metro Pictures Corporation a remonté et ressorti Häxan aux États-Unis sous le titre La sorcellerie à travers les âges. Cette version inclut une narration en anglais par William S. Burroughs. La version originale en langue suédoise de Häxan a subi trois restaurations par l'Institut suédois du film, réalisées en 1976, 2007 et 2016